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    Brazzaville sort le grand jeu : chœurs solennels, karaoké déluré et salle obscure font vibrer le week-end

    Par Yves Mabiala26 juin 20255 Mins de Lecture
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    Un vendredi au diapason du Chœur Crédo

    Il est 18 h 30, l’éclairage tamisé de l’Institut français du Congo dessine un halo doré sur les pupitres. Les choristes du Chœur Crédo, formation fondée il y a dix ans par d’anciens élèves du conservatoire de la ville, s’apprêtent à livrer un programme mêlant Fauré et des harmonisations de chants kongo. « Nous voulons prouver que la rigueur du classique peut dialoguer avec la pulsation bantoue », confie la cheffe de chœur, Clarisse Banzila, vêtue d’une robe aux motifs wax subtilement discrets. À 5 000 FCFA pour les étudiants et 10 000 FCFA pour le grand public, le pari est de remplir la grande salle sans sacrifier la qualité acoustique. Le Centre culturel, qui a récemment investi dans un pupitre numérique capable de calibrer les réverbérations, entend montrer que le classicisme n’est plus l’apanage d’une élite francophone mais un langage partagé que Brazzaville s’approprie.

    Le « Miam » : laboratoire participatif d’un karaoké métissé

    À quelques rues de là, le restaurant Miam aiguise déjà les cordes vocales des amateurs de tubes planétaires. Installé dans une concession réhabilitée, l’établissement mise sur une scène modulaire permettant aux clients de se transformer, le temps d’une chanson, en véritables performers. Gratuité oblige, le public afflue en masse dès 19 h 30. « Le karaoké est notre façon de démocratiser la scène », explique l’animateur Guy-Alain Mounga, pointant du doigt la playlist truffée de rumba congolaise, de K-pop et même d’airs d’opéra. La diversité stylistique épouse la sociologie d’une jeunesse connectée, friande de tendances globales mais fière de ses racines. L’espace culinaire se fait alors agora, et les applaudissements compensent le souffle approximatif de certaines interprétations endiablées.

    Les Ateliers Sahm, épicentre d’un théâtre féministe en plein essor

    Samedi, 15 h 30. Sous la frondaison des manguiers, les Ateliers Sahm accueillent la pièce « Femme, qui es-tu ? Que veux-tu ? », texte coup de poing de la dramaturge Yvette Nganga. À travers un dispositif scénique dépouillé, quatre comédiennes interrogent les injonctions patriarcales avec une ironie mordante. « La scène est l’endroit exact où nos contradicteurs doivent nous entendre », martèle la metteuse en scène devant une trentaine de jeunes lycéennes invitées. Le prix d’entrée symbolique de 1 000 FCFA traduit la volonté de faire primer le message sur la rentabilité. Jean-Félix Ibala, coordinateur du lieu, insiste : « Le théâtre devient un service public de la pensée critique lorsque les portes restent ouvertes au plus grand nombre. »

    Canal Olympia Poto-Poto : le cinéma sous la basilique

    En diagonale de la basilique Sainte-Anne, le complexe Canal Olympia déroule son tapis rouge sur un parvis fraîchement dallé. Au programme, deux séances quotidiennes de « Fi », drame intimiste du réalisateur sénégalais Moussa Bissiri, auréolé du Prix spécial du jury à Ouagadougou en mars dernier. Les projections de 19 h 45 et 22 h réunissent un public mêlé, familles endimanchées et cinéphiles aguerris, dont certains restent débattre jusque tard dans la nuit autour d’un café Touba. Le tarif de 5 000 FCFA alimente un modèle économique qui réinvestit une partie des recettes dans des ateliers de formation à la prise de vue numérique. « Le but est de faire émerger la relève locale sans l’exiler vers des écoles hors de prix », rappelle la directrice, Nadège Kemba.

    Des prix modulés pour une accessibilité effective

    Au-delà de la simple juxtaposition d’événements, ce week-end se distingue par un équilibre tarifaire soigneusement calibré. Les programmateurs semblent avoir retenu la leçon des années où la fréquentation s’effritait faute de pouvoir d’achat. Entre la gratuité festive du karaoké, le ticket modulé du Chœur Crédo et l’obole symbolique des Ateliers Sahm, la stratégie consiste à élargir le spectre sociologique des publics. Selon une étude interne de la Direction départementale de la Culture, la dépense culturelle moyenne par habitant à Brazzaville plafonne à 3 200 FCFA par mois, un chiffre modeste mais en progression de 7 % depuis 2022. Les organisateurs prennent acte de cette réalité et misent sur la fidélisation plutôt que sur la maximisation immédiate des recettes.

    Une synergie d’acteurs pour un rayonnement régional

    Cette offre effervescente est le fruit d’un partenariat croisé entre institutions, entrepreneurs privés et collectifs citoyens. L’Institut français apporte la logistique et l’expertise technique, les Ateliers Sahm injectent un souffle militant, tandis que Canal Olympia capitalise sur un réseau panafricain de diffusion. Le ministère de la Culture, présent en coulisses, assure que des subventions ponctuelles permettent d’alléger les charges de sécurité et d’électricité, très fluctuantes. « Le défi est d’installer la réputation de Brazzaville comme hub créatif d’Afrique centrale », souligne le conseiller culturel Martin Obambé. Les retombées attendues dépassent la seule fréquentation : elles visent à consolider un tissu d’emplois, du machiniste au régisseur, en passant par les techniciens lumière et les chargés de communication.

    Perspectives et responsabilité citoyenne

    L’essor culturel du week-end posera inévitablement la question de la régularité. Les spectateurs interrogés évoquent le besoin d’une programmation lisible à long terme, capable d’anticiper les saisons des pluies et les aléas énergétiques. Certains craignent que l’afflux ponctuel masque des fragilités structurelles ; d’autres y voient au contraire une rampe de lancement vers une scène professionnelle diversifiée. Reste la responsabilité collective : soutenir les artistes en achetant des billets, partager l’information au-delà des cercles initiés et militer pour l’amélioration des transports nocturnes. C’est à ce prix que s’écrira la chronique d’un week-end brazzavillois devenu tradition, et non parenthèse.

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