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    Économie

    Congo-Brazzaville : pétrole, rumba et fins de mois difficiles, la recette paradoxale

    Par Jean Durand26 juin 20256 Mins de Lecture
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    Héritage colonial et trajectoires institutionnelles post-1960

    Le Congo-Brazzaville naît, le 15 août 1960, d’un éclatement longuement préparé de l’Afrique-Équatoriale française. Quatre décennies d’administration coloniale ont laissé un appareil administratif centralisé le long du fleuve, un français véhiculaire partagé et une capitale taillée pour l’exportation de matières premières. « L’indépendance a donné le drapeau, pas encore la pleine souveraineté économique », rappelle l’historien Pascal Kouvaka, évoquant la persistance d’une économie d’enclave. Les premières années, marquées par la présidence de l’abbé Fulbert Youlou puis par le Conseil national de la révolution de Marien Ngouabi, oscillent entre socialisme affiché et pragmatisme pétrolier. La Constitution de 2002, toujours en vigueur, consacre un régime présidentialiste qui, selon l’ONG International Crisis Group, renforce « le primat de l’exécutif sur les contre-pouvoirs ».

    Cet héritage explique une gouvernance à la fois centralisée et vulnérable aux chocs externes, dont le plus spectaculaire fut la baisse des cours du brut en 2014. Bien que Brazzaville ait retrouvé une stabilité apparente après les violences de la fin des années 1990, la mémoire des affrontements reste vive dans les quartiers sud de la capitale. Les observateurs y voient l’un des moteurs d’une société civile encore prudente mais de plus en plus audible.

    Brazzaville, laboratoire démographique et vitrine urbaine

    Réparti sur une superficie similaire à celle de l’ex-metropole parisienne, Brazzaville concentre plus de 40 % des quelque cinq millions d’habitants du pays, selon le recensement de 2022. Le trop-plein démographique se lit dans les ruelles sablonneuses de Talangaï comme dans l’expansion fulgurante de Mfilou-Ngamaba. Les autorités municipales défendent un plan d’urbanisme visant « zéro bidonville à l’horizon 2035 », mais les géographes de l’université Marien-Ngouabi diagnostiquent un déficit annuel de 20 000 logements. Faute d’alternative, nombre de jeunes diplômés s’improvisent conducteurs de mototaxi ou créateurs de micro-entreprises numériques, alimentant un informel que la Banque mondiale estime à plus de 60 % du PIB urbain.

    Les infrastructures publiques tentent pourtant de suivre. Le pont route-rail sur le fleuve Congo, inauguré en 2022, incarne l’ambition d’un corridor logistique reliant Brazzaville à Kinshasa. La desserte en électricité demeure inégale ; seuls les quartiers du centre bénéficient d’une alimentation quasi constante, tandis que la périphérie jongle avec les groupes électrogènes. « Le défi est moins technique que financier », confie un cadre de la Société nationale d’électricité, pointant le poids des arriérés d’État et l’absence d’une véritable régulation tarifaire.

    Une économie prisonnière de l’or noir malgré les discours de diversification

    Le pétrole représente encore plus de 80 % des recettes d’exportation. Les champs offshore, opérés par TotalEnergies, Eni et la SNPC, constituent la manne principale mais exposent le budget national aux caprices du baril. À chaque chute des cours, la dette souveraine, évaluée à 95 % du PIB en 2020, réapparaît comme un spectre. L’accord conclu avec le Fonds monétaire international en janvier 2022 prévoit une réduction du déficit primaire non pétrolier à 5 % du PIB, objectif accueilli avec scepticisme par la société civile tant le financement des services sociaux demeure fragile.

    En parallèle, le gouvernement promeut l’agriculture de rente, la transformation du bois et un ambitieux projet d’économie verte dans la Cuvette. Les analystes d’African Development Dynamics notent cependant que « la chaîne logistique reste entravée par la rareté des routes bitumées et l’insuffisance du crédit bancaire ». L’espoir d’un hub de services à Brazzaville se heurte aussi à la faible pénétration de l’internet haut débit, plafonnée à 20 % des ménages selon l’Autorité de régulation des postes et des communications électroniques.

    Jeunesse connectée, éducation à la croisée des chemins

    Plus de 60 % de la population a moins de 25 ans, un bonus démographique souvent invoqué lors des forums internationaux. Sur le terrain, les lycées surpeuplés comptent régulièrement cinquante élèves par classe. Le ministre de l’Enseignement général reconnaît « un déficit criant de manuels et d’enseignants qualifiés ». L’université publique, unique institution universitaire jusqu’en 2006, peine à absorber la demande, tandis que plusieurs établissements privés se multiplient sans toujours garantir la qualité des programmes.

    Cette jeunesse contourne cependant les pesanteurs institutionnelles en exploitant la fibre entrepreneuriale. Les hackathons organisés à l’espace BantuHub témoignent d’une montée en compétences numériques. Chiffre parlant : plus d’un milliard de francs CFA de transactions mobile money ont été enregistrés en 2021, d’après la Banque centrale des États de l’Afrique centrale. Nombre de start-ups restent toutefois dépendantes de financements extérieurs rarement pérennes.

    Rumba congolaise, sape et diplomatie culturelle

    Inscrite en 2021 au patrimoine immatériel de l’UNESCO, la rumba congolaise irrigue les « ngandas » de Poto-Poto et les studios d’enregistrement de Ouenzé. Les mélodies de Ray Lema ou de l’Orchestre Sinza Kotoko servent de bande-son à une diplomatie culturelle que le ministère des Arts cherche à institutionnaliser. La Sape, cet art vestimentaire né à Bacongo, alimente quant à elle un imaginaire global allant des podiums parisiens aux clips de rap francophone.

    Cette effervescence contraste avec le maigre budget public alloué à la culture : 0,4 % du budget 2023. Les artistes financent souvent leurs tournées grâce aux revenus des plateformes de streaming ou à des mécènes privés. « Nous exportons la rumba, mais nous importons toujours nos instruments », plaisante le guitariste Roga-Roga pour souligner l’asymétrie commerciale.

    Climat, gouvernance et intégration régionale : les pistes d’un avenir durable

    Avec sa forêt équatoriale absorbant 10 % des émissions mondiales de carbone, le pays se positionne en protagoniste des négociations climatiques. Le Sommet des trois bassins forestiers, prévu à Brazzaville en 2024, pourrait renforcer ce rôle, à condition qu’une gestion transparente des crédits carbone soit mise en place. Les ONG locales réclament un fonds souverain vert contrôlé par le Parlement pour éviter les dérives constatées dans la redistribution de la rente pétrolière.

    Parallèlement, le Congo multiplie les chantiers diplomatiques : fait marquant, l’adhésion au projet de monnaie unique de la CEMAC a été réaffirmée en mars 2023, malgré les réticences de certaines entreprises craignant des pertes de compétitivité. Selon l’économiste Mireille Banzouzi, « l’intégration régionale est la seule voie d’accès à un marché suffisant pour industrialiser. Reste à aligner les réformes nationales sur cet horizon ». L’équation future se jouera donc autant dans la capacité à valoriser les atouts naturels que dans la volonté politique de partager les dividendes de la croissance de manière plus équitable.

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