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    Environnement

    Congo : dépoussiérer le code forestier sans couper la branche de la croissance

    Par Dieudonné Massamba26 juin 20254 Mins de Lecture
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    Brazzaville face au dilemme d’une manne forestière convoitée

    Au cœur de l’immense bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète après l’Amazonie, les forêts du pays attirent aussi bien les exploitants de bois précieux que les géants du secteur minier. La capitale, Brazzaville, observe ce ballet d’intérêts parfois divergents avec la conscience aiguë d’un héritage écologique aussi fragile que stratégique. Début juillet, ces tensions latentes ont refait surface lors d’un forum réunissant organisations non gouvernementales, représentants étatiques et chercheurs, dans le sillage du programme Forest Governance, Markets and Climate appuyé par Londres. «La trajectoire actuelle n’est pas tenable si nous voulons préserver les puits de carbone et garantir des retombées locales», résume, avec un calme inquiet, Célestine Ossa, spécialiste des politiques forestières.

    Un arsenal juridique en suspens qui interroge la gouvernance

    En dépit de l’adoption d’un nouveau Code forestier en 2020 et d’une loi ambitieuse sur les droits des peuples autochtones, plusieurs textes d’application tardent à voir le jour. Sans ces décrets, la norme reste lettre morte. «Nous ne plaidons pas pour un moratoire, mais pour des règles claires, connues de tous et opposables aux entreprises», insiste Joseph Malonga, juriste auprès de l’Observatoire congolais des droits de l’homme. Les ONG dénoncent un dispositif institutionnel émietté où se superposent, sans réelle coordination, les attributions des ministères des Forêts, des Mines et de l’Environnement. Ce vide réglementaire nourrit l’arbitraire dans l’attribution des titres de coupe, fragilise les contrôles et alimente la défiance des bailleurs internationaux engagés sur le climat.

    Société civile et communautés locales, vigies de la forêt congolaise

    L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), à laquelle le Congo adhère depuis 2012, devait ouvrir la voie à un contrôle citoyen des recettes issues du bois et du sous-sol. Or la participation des parties prenantes demeure timide. Plusieurs bassins forestiers reculés restent inaccessibles aux observateurs indépendants, faute de moyens logistiques ou de volonté politique. «Les communautés locales continuent de découvrir les limites de leurs terres après la signature des contrats», déplore Jeannette Pika, coordinatrice d’une organisation paysanne dans la Sangha. Les groupes autochtones, déjà marginalisés socialement, se voient ainsi privés d’un droit élémentaire : savoir si la concession qui entoure leur village est légale, durable et rémunératrice.

    Entre impératifs économiques et urgence climatique, l’équation minière

    Le retrait progressif de l’Union européenne de l’Accord de partenariat volontaire FLEGT, remplacé par un Partenariat forestier plus global, a rebattu les cartes diplomatiques. Pour Brazzaville, la tentation est forte de compenser la baisse des revenus pétroliers par une intensification des coupes et l’ouverture de mines à ciel ouvert. Les entreprises, elles, réclament la simplification de la procédure d’approbation des plans d’aménagement, souvent bloqués plusieurs années. «Chaque retard bureaucratique accroît le coût du capital et repousse l’emploi local escompté», argumente un cadre d’une multinationale du bois, sous couvert d’anonymat. Reste que le Congo a pris des engagements climatiques à Glasgow pour maintenir 70 % de son couvert forestier. Manquer cette cible exposerait le pays à des pénalités financières et à une image ternie sur le marché des crédits carbone.

    De la concertation à l’action : quelle feuille de route crédible ?

    Les recommandations formulées à l’issue du forum dessinent une méthodologie en trois axes. D’abord, publier sans délai les décrets d’application déjà rédigés, afin de rendre opérationnel le Code forestier et la loi sur la faune. Ensuite, créer un comité multi-acteurs permanent chargé d’arbitrer les conflits d’usage et de suivre les redevances, sur le modèle ghanéen cité en exemple. Enfin, renforcer les capacités juridiques des communautés et des élus locaux, maillon essentiel pour relayer les alertes de terrain. Le gouvernement s’est dit «ouvert à un dialogue structuré» mais ne s’est pas engagé sur un calendrier. Les bailleurs, eux, calibrent leurs financements en fonction d’indicateurs de gouvernance qui, pour l’instant, restent au rouge.

    Dans un pays où la fiscalité forestière assure jusqu’à 10 % des recettes publiques hors pétrole, repenser la norme n’est pas un luxe intellectuel, mais un impératif budgétaire et climatique. La refonte promise pourrait, si elle est menée avec cohérence, transformer la forêt congolaise en atout diplomatique majeur au sein des négociations internationales tout en garantissant des dividendes sociaux tangibles. À défaut, les arbres continueront de quitter le territoire sous forme de grumes, emmenant avec eux des promesses de développement qui n’auront jamais germé.

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