Close Menu
    Articles les plus lus

    Nouvelle Accusation: Quand la Diplomatie Flirte avec la Controverse

    19 juin 2025

    Bangui retrouve les siens, Brazzaville orchestre

    22 juillet 2025

    Transparence extractive : Brazzaville s’organise

    27 juillet 2025
    YouTube Facebook X (Twitter) TikTok
    Brazzavillois
    YouTube Facebook X (Twitter) TikTok
    • Accueil
    • Économie
    • Politique
    • Environnement
    • Éducation
    • Santé
    • Sport
    • Culture
    Brazzavillois
    Accueil»Culture»Paris ressuscite Brazzaville: diplomatie et mémoire stratégique du Congo
    Culture

    Paris ressuscite Brazzaville: diplomatie et mémoire stratégique du Congo

    Par Yves Mabiala26 juin 20254 Mins de Lecture
    Partagez
    Facebook Twitter Pinterest Threads Bluesky Copier le Lien

    Un dîner-manifeste au cœur de Montreuil

    Il est des soirées dont la portée excède d’emblée le simple cérémonial. À l’Espace Royal, en périphérie immédiate de Paris, la Maison de la mémoire africaine et le corps consulaire de Normandie ont convié un aréopage d’une centaine de personnalités pour méditer sur le destin de Brazzaville. Le choix d’intituler ce rendez-vous « Brazzaville, la grande capitale oubliée » s’apparente moins à une provocation qu’à un miroir tendu à la conscience collective. Dans le bruissement feutré des couverts, diplomates, artistes et capitaines d’industrie ont entremêlé réminiscences historiques et perspectives d’avenir, puisant dans la gastronomie française un décor symbolique pour redonner chair à une ville que la mémoire mondiale ne cite plus que par éclairs.

    La mémoire, levier stratégique pour la capitale congolaise

    « La mémoire n’est pas un refuge du passé, mais la clef de voûte de notre futur », a lancé Marcellin Mounzeo-Ngoyo, président de la Maison de la mémoire africaine, dans un plaidoyer vibrant. En posant Brazzaville comme matrice des futurs possibles, l’orateur renverse le paradigme dominant qui confine souvent l’histoire à la nostalgie. Il rappelle que la capitale congolaise, siège de la France libre en 1940, dispose d’un capital symbolique rare sur le continent. À l’heure où les villes se livrent une compétition pour attirer talents et capitaux, réactiver cette aura historique devient un geste stratégique autant qu’un devoir culturel. Le public, composé d’universitaires, de représentants d’ONG et de jeunes cadres de la diaspora, acquiesce volontiers à cette relecture dynamique du patrimoine.

    Des voix diplomatiques plaident pour un nouveau contrat France-Congo

    Mandaté par l’ambassade du Congo en France, le premier conseiller Armand Rémy Balloud-Tawabé a salué « l’initiative qui ressoude les brèches du temps et ouvre des ponts d’intérêt commun ». Rappelant que la relation franco-congolaise oscille trop souvent entre amnésie et séquences météoritiques, il a plaidé pour une coopération structurée autour de la ville-mémoire. De son côté, Jean-Philippe Carpentier, président du corps consulaire de Normandie, voit dans Brazzaville un « laboratoire où se conjugueront diplomatie culturelle et innovation économique ». Ces déclarations convergent vers l’idée d’une diplomatie circulaire, capable d’associer collectivités locales françaises, institutions congolaises et diasporas, et d’instaurer une gouvernance fondée sur la réciprocité.

    Entrepreneuriat congolais : investir la symbolique et le concret

    La soirée n’a pas sombré dans l’abstraction. Les entrepreneurs Brian Huffret Bazebifoua et Patrick Banakissa ont successivement mis en lumière le volume encore inexploré des investissements possibles. Marché de l’énergie, économie numérique, tourisme mémoriel : autant de segments qui, selon eux, pourraient générer un effet d’entraînement si les signaux politiques se stabilisent. Emmanuel Brouiller, consul honoraire du Congo à Rouen, a renchérit en évoquant des jumelages ciblés entre villes normandes et Brazzaville pour accélérer le transfert de savoir-faire en matière d’aménagement urbain durable. L’ancien ministre Alain Akouala-Atipault a pour sa part martelé que « le narratif d’un Congo statique est une illusion défensive qui ne profite à personne », invitant ainsi publics et privés à sortir d’une posture d’attentisme.

    La création artistique comme fil rouge de la soirée

    Parce qu’aucune diplomatie mémorielle ne peut se dispenser de sensibilité, la programmation artistique a servi de réacteur émotionnel. Le baryton du Vatican, Raoul Gamez, a ponctué les débats d’arias solennelles, soulignant le caractère quasi liturgique de la démarche. Jhey Marini, Mad Pluma et le sociétaire d’Extra-Musica Kila Mbongo ont ensuite convoqué tour à tour le zouk love, le reggae engagé et le soukous urbain pour réaffirmer que Brazzaville reste un nœud de création effervescente. Cette partition musicale, loin de se réduire à l’ornement, a rappelé que les industries culturelles constituent un volet économique à part entière, susceptible de valoriser l’image internationale de la capitale et d’aimanter les touristes.

    Vers un agenda commun de renaissance urbaine

    Au terme des échanges, un consensus implicite se dessine : Brazzaville ne veut plus être étiquetée « grande oubliée », mais devenir un acteur souverain de son storytelling. Les participants envisagent déjà un forum annuel alternant Paris et la capitale congolaise, afin de suivre les projets évoqués et d’en mesurer l’impact réel. Sur la table figurent la constitution d’un fonds mixte pour la réhabilitation des bâtiments coloniaux, la programmation d’un festival international centré sur la mémoire de la France libre et la création d’un incubateur d’entreprises dans les secteurs culturels et énergétiques. Marcellin Mounzeo-Ngoyo, concluant la soirée, a exhorté les convives à « croire ensemble » en ce récit régénéré. Pour les jeunes urbains de Brazzaville, souvent à la recherche d’ancrages valorisants, cette promesse de renaissance résonne comme une invitation à investir leur propre ville, à la fois en capital économique et en capital affectif.

    Partagez Facebook Twitter Pinterest Bluesky Threads Tumblr Telegram Email

    Articles sur le même thème

    Derniers adieux à Peggy Hossie, voix de la diaspora

    4 janvier 2026

    Prix Lionel-Sanz: les jeunes voix qui bouleversent Noël

    3 janvier 2026

    Lionel Obama, du garage à la scène : l’ascension du Tigre

    30 décembre 2025
    Articles Récents

    Cardinal Biayenda: le livre choc qui ranime sa mémoire

    4 octobre 202598 Vues

    Visite à Mayoko : Sassou-N’Guesso mise sur le fer

    2 septembre 202592 Vues

    Hommage mesuré à Note Agathon, serviteur d’État

    23 juillet 202556 Vues
    Restez Connectés
    • Facebook
    • Twitter
    • YouTube
    • TikTok
    Articles les plus lus

    Présidentielle au Congo : l’appel fort à la paix de Sassou

    Par Ange Mokoko8 janvier 2026

    Grève illimitée à Brazzaville : hôpitaux au ralenti

    Par Thérèse Mavoungou8 janvier 2026

    Projets structurants au Congo : l’appel fort des forces vives

    Par Ange Mokoko8 janvier 2026

    Brazzavillois.com est votre source d’information de proximité, entièrement dédiée à la vie et l’actualité du Congo‑Brazzaville. Politique, société, culture, économie, sport : notre équipe d’journalistes et correspondants vous offre des articles fiables, engagés et ancrés dans la réalité congolaise.

    Articles populaires

    2 500 poches de sang : le grand geste d’AGL

    24 septembre 2025

    Brazzaville découvre l’IA : adieu tableau noir ?

    19 juillet 2025

    Cinéma congolais : l’audace de Djibril Miakalououa

    23 août 2025
    Sélection de la Rédaction

    25 Bacheliers décrochent une bourse express d’anglais

    30 août 2025

    Pointe-Noire : 8,5 km d’espoir contre le cancer

    1 novembre 2025

    Choléra : Mbamou tousse, Brazzaville guette

    4 août 2025
    YouTube Facebook X (Twitter) TikTok
    • Charte éditoriale
    • Politique de Confidentialité
    • Publicité
    • Contact
    Brazzavillois.com © 2026

    Renseignez vos mots-clés ci-dessus et appuyez Entrée. Appuyez Esc pour Annuler.