Close Menu
    Articles les plus lus

    Le droit administratif se paie une nouvelle toge

    19 juillet 2025

    Deux Congos face à face : petit précis ironique d’une grande fracture coloniale

    25 juin 2025

    Bourses Algérie-Congo : des cadres de sécu sociale formés

    10 décembre 2025
    YouTube Facebook X (Twitter) TikTok
    Brazzavillois
    YouTube Facebook X (Twitter) TikTok
    • Accueil
    • Économie
    • Politique
    • Environnement
    • Éducation
    • Santé
    • Sport
    • Culture
    Brazzavillois
    Accueil»Environnement»Inondations à Brazzaville : l’avenue UA sous l’œil
    Environnement

    Inondations à Brazzaville : l’avenue UA sous l’œil

    Par Dieudonné Massamba25 septembre 20255 Mins de Lecture
    Partagez
    Facebook Twitter Pinterest Threads Bluesky Copier le Lien

    La saison humide s’annonce

    Chaque année, la capitale retient son souffle à l’approche des premières pluies. Dans le septième arrondissement de Brazzaville, l’avenue de l’Union africaine, qui longe le collecteur naturel de la Tsiémé, concentre toutes les appréhensions des riverains.

    Depuis plusieurs saisons, ce tronçon essentiel pour rejoindre le centre-ville se transforme en bras de rivière sitôt la pluie installée, ralentissant voitures, bus et motos, et compliquant la marche des habitants de Kombo-Matari et des étudiants gagnant les campus voisins.

    Les premiers nuages d’octobre suffisent à réveiller les souvenirs : chaussées fissurées, flots brunâtres, embouteillages interminables et alarmes de téléphones saturés de messages « on ne passe plus ». Autant de signaux que la période de vigilance est de retour.

    Un tronçon clé sous l’eau

    Sur environ deux cents mètres, la chaussée épouse un creux naturel qui capte le ruissellement de plusieurs quartiers en amont. Selon l’ingénieur Emmanuel M., rencontré sur place, le gabarit du canal de la Tsiémé « n’est plus dimensionné pour la densité actuelle de l’urbanisation ».

    Lorsque la pluie persiste, l’eau franchit la bordure, ronge l’asphalte puis s’étale sur les deux voies. Les automobilistes créent des détours improvisés qui endommagent les accotements, accentuant la fragilité du site à chaque nouvelle averse.

    Les services municipaux passent régulièrement pour combler les nids-de-poule avec du gravier, « mais dès la semaine suivante, il suffit d’une ondée et tout repart », soupire Florent, conducteur de taxi-bus numéro 504, habitué du trajet Mfilou-Centre-ville.

    Traverser devient une expédition

    À défaut de voitures, les habitants ont développé des solutions maison. Les plus pressés grimpent sur des pousse-pousse, planches posées sur bidons, que de jeunes débrouillards manœuvrent d’une rive à l’autre pour 250 FCFA la traversée, 500 FCFA avec bagages.

    Quand le niveau monte encore, certains sortent des pirogues artisanales. Le ballet aquatique offre un spectacle insolite au milieu des immeubles, mais rappelle surtout la précarité des mobilités urbaines dans les zones sujettes aux aléas climatiques.

    « Nous faisons avec ce que nous avons », explique Mireille, vendeuse de fruits dont l’étal borde la route. « Mais cette improvisation coûte cher. Les clients hésitent, les marchandises se mouillent et la journée de recettes s’envole littéralement avec l’eau. »

    Quotidien bouleversé et santé fragilisée

    La stagnation de l’eau favorise moustiques et microbes. Au centre de santé intégré du quartier, le docteur Koffi note « une recrudescence des cas de grippe, de dermatoses et parfois de paludisme durant les semaines post-averses ». Les consultations pédiatriques doublent fréquemment.

    Les bouchons à l’arrêt de bus Capitaine, à quelques mètres du point bas, entraînent perte de temps et stress. Selon une estimation de l’association Mobilité citoyenne, « jusqu’à 2 000 heures de travail se volatilisent chaque jour de pluie sur cet axe ».

    Économiquement, le coût dépasse le seul carburant gaspillé. Les réparations fréquentes des amortisseurs, l’absentéisme scolaire lié aux chaussures trempées et la baisse d’affluence des commerces de proximité fragilisent un tissu déjà éprouvé par l’inflation.

    Les pouvoirs publics à l’œuvre

    Le ministère de l’Équipement a cependant engagé, depuis l’an dernier, un vaste programme d’entretien des voiries secondaires. Selon un communiqué publié en août, l’avenue de l’Union africaine figure dans la liste prioritaire des 42 axes à réhabiliter avant fin 2024.

    Les études de topographie sont achevées, assure la directrice départementale des travaux publics, Mme Pauline B. Les équipes se préparent à élargir le canal, poser des buses de grand diamètre et reprofiler la chaussée avec un enrobé drainant.

    Le financement, obtenu auprès de partenaires internationaux, comprend aussi un volet sensibilisation. Des sessions seront animées dans les écoles pour expliquer l’importance de ne pas jeter ordures et gravats dans les caniveaux, principal facteur d’obstruction lors des épisodes pluvieux.

    Pour l’hydrologue de l’université Marien-Ngouabi, Dr Nadège L., l’intensification des pluies observée ces dix dernières années complique les calculs. « Nous passons de 60 à parfois 100 millimètres en une nuit. La conception des ouvrages doit anticiper ces nouveaux régimes ».

    Vers une résilience de quartier

    À court terme, les habitants espèrent surtout une meilleure coordination des alertes météo. L’idée d’une application mobile municipale, testée à Ouesso, pourrait être adaptée : notifications de pluie imminente, conseils de déplacement et signalement communautaire des flaques dangereuses.

    La mairie de Mfilou envisage également de relocaliser, d’ici 2025, les marchés de fortune installés en bordure de la Tsiémé afin de libérer les berges et permettre l’élargissement futur du lit. Un premier site de substitution est déjà identifié près du lycée Thomas-Sankara.

    Sur le long terme, urbanistes et écologues prônent une stratégie de gestion intégrée des eaux pluviales. Noues végétalisées, dalles perméables et bassins de rétention offriraient autant de tampons naturels capables de réduire la pression sur le collecteur existant.

    En attendant les travaux, la communauté s’organise. Des volontaires se retrouvent chaque samedi pour curer les caniveaux, conscients que la résilience commence à l’échelle du quartier. « Nous voulons passer de la peur à la prévention », résume Jules, président du comité local.

    Archidiocèse de Brazzaville Avenue de l'Union africaine Inondations Saison des pluies Tsiémé
    Partagez Facebook Twitter Pinterest Bluesky Threads Tumblr Telegram Email

    Articles sur le même thème

    Présidentielle au Congo : l’appel fort à la paix de Sassou

    8 janvier 2026

    Grève illimitée à Brazzaville : hôpitaux au ralenti

    8 janvier 2026

    Faux recrutements LCDE : l’alerte qui circule partout

    7 janvier 2026
    Articles Récents

    Cardinal Biayenda: le livre choc qui ranime sa mémoire

    4 octobre 202598 Vues

    Visite à Mayoko : Sassou-N’Guesso mise sur le fer

    2 septembre 202592 Vues

    Hommage mesuré à Note Agathon, serviteur d’État

    23 juillet 202556 Vues
    Restez Connectés
    • Facebook
    • Twitter
    • YouTube
    • TikTok
    Articles les plus lus

    Projets structurants au Congo : l’appel fort des forces vives

    Par Ange Mokoko8 janvier 2026

    Faux recrutements LCDE : l’alerte qui circule partout

    Par Célestin Mbemba7 janvier 2026

    Présidentielle 2026 au Congo : le MCDDI pousse Sassou

    Par Paul Makosso7 janvier 2026

    Brazzavillois.com est votre source d’information de proximité, entièrement dédiée à la vie et l’actualité du Congo‑Brazzaville. Politique, société, culture, économie, sport : notre équipe d’journalistes et correspondants vous offre des articles fiables, engagés et ancrés dans la réalité congolaise.

    Articles populaires

    Élections 2024: Gamboma se mobilise pour s’inscrire

    18 septembre 2025

    Brazzaville branchée : la cybersécurité, nouveau défi des matins connectés

    1 juillet 2025

    Inondations à Brazzaville : l’avenue UA sous l’œil

    25 septembre 2025
    Sélection de la Rédaction

    Droits humains : Ce plan 2025-2028 qui veut tout changer

    22 septembre 2025

    Pont Congo : le projet qui veut rapprocher Brazzaville et Kinshasa

    14 novembre 2025

    Brazzaville : stop à la mortalité maternelle

    7 octobre 2025
    YouTube Facebook X (Twitter) TikTok
    • Charte éditoriale
    • Politique de Confidentialité
    • Publicité
    • Contact
    Brazzavillois.com © 2026

    Renseignez vos mots-clés ci-dessus et appuyez Entrée. Appuyez Esc pour Annuler.