Un rassemblement attendu
Du 20 au 22 novembre 2025, la capitale a vibré au rythme du 2e congrès ordinaire de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale. Plus de 1 200 militants et sympathisants, venus des douze départements, ont convergé vers Brazzaville pour ce rendez-vous qualifié d’historique.
Le dernier rassemblement d’une telle ampleur remontait à 2007, année où le parti avait clos une période de recomposition interne engagée après la disparition de son fondateur, le professeur Pascal Lissouba. Depuis, les conjonctures politiques avaient reporté tout congrès national.
L’ouverture des travaux a été marquée par un chant patriotique repris en chœur, avant l’appel nominal des 1 225 délégués. L’ambiance, à la fois studieuse et fraternelle, annonçait la volonté de tourner une page pour en écrire une nouvelle.
Des textes remis à jour
Les commissions se sont rapidement attelées à l’examen des statuts et du règlement intérieur. Les militants ont proposé près de cinquante amendements destinés à clarifier la répartition des responsabilités et à ajuster le calendrier de rotation des instances.
Parmi les changements les plus commentés figure l’abandon du titre de Premier secrétaire, remplacé par celui de secrétaire général afin de mieux coller, selon les congressistes, aux standards des formations social-démocrates du continent.
Les textes révisés mettent également l’accent sur la parité et la représentativité des jeunes, un point salué par plusieurs déléguées qui voient dans cette disposition une reconnaissance de leur poids électoral grandissant en zones urbaines et périurbaines.
Nouvelle équipe dirigeante
Point culminant du congrès, l’élection de Pascal Tsaty Mabiala à la présidence du Conseil national a été entérinée à l’unanimité, moins trois abstentions. Figure historique du parti, l’ancien député de la Cuvette-Ouest hérite ainsi du gouvernail organisationnel.
Dans la foulée, la proposition de sonner une nouvelle ère avec Jérémy Lissouba au poste de secrétaire général a recueilli un large assentiment. Ce choix, perçu comme un pont entre mémoire fondatrice et avenir, restructure profondément la hiérarchie.
Les deux responsables ont présenté une feuille de route axée sur la formation des cadres, l’animation des bases et le renouvellement des alliances. « Le navire a un capitaine, mais chaque marin compte », a insisté Pascal Tsaty Mabiala sous les applaudissements.
Les grands chantiers internes
Au-delà des changements de visages, le congrès a confirmé plusieurs chantiers structurants. Le premier concerne la digitalisation de la carte de membre, destinée à moderniser la collecte des cotisations et à disposer de statistiques fiables sur la démographie militante.
Un second axe se focalise sur l’implantation locale. Chaque fédération devra d’ici fin 2026 tenir des permanences hebdomadaires, organiser au moins deux forums citoyens et publier un bulletin trimestriel relatant les préoccupations spécifiques des quartiers.
Enfin, la discipline a été réaffirmée comme socle. Tout élu ou responsable sera tenu de rendre compte semestriellement devant une commission éthique, mécanisme censé éviter les incompréhensions qui avaient émaillé la précédente mandature, selon plusieurs intervenants.
Enjeux électoraux à l’horizon
Le calendrier politique s’annonce dense, avec les élections locales de 2027 puis la présidentielle de 2029. Les congressistes ont insisté sur la nécessité pour l’UPADS de présenter des listes rajeunies, équilibrées et ancrées dans les problématiques de pouvoir d’achat et d’emploi.
Selon un membre de la commission stratégie, une cellule data va analyser les résultats bureau par bureau des scrutins précédents afin d’identifier les zones de progression. L’objectif affiché est de regagner du terrain dans les arrondissements périphériques de Brazzaville et Pointe-Noire.
D’ici là, une campagne nationale d’adhésion sera lancée au premier trimestre 2026. Les fédérations recevront des kits de communication, et un bus aux couleurs du parti parcourra les grands axes routiers pour aller à la rencontre des électeurs indécis.
Un paysage politique en mouvement
Au sortir des assises, observateurs et journalistes ont souligné la tonalité constructive des débats. Certains y voient le signe d’une social-démocratie qui, sans renoncer à ses valeurs, s’adapte prudemment à l’évolution du système partisan congolais.
Pour l’analyste politique Jean-Claude Maboungou, présent dans la salle, « la compétition ne se limite plus à la tribune, elle se joue aussi dans l’innovation organisationnelle ». Il estime que la démarche de l’UPADS pourrait inspirer d’autres formations.
En clôturant les travaux, Pascal Tsaty Mabiala a remercié les autorités qui ont facilité la tenue logistique du congrès et salué « l’esprit de responsabilité partagée qui anime la République ». Une manière, dit-il, de réaffirmer la contribution citoyenne du parti à la stabilité.
Prochain rendez-vous
La session inaugurale du nouveau Conseil national est annoncée pour février 2026. Elle devra finaliser la composition du bureau politique, consacrer la création d’un secrétariat chargé des questions climatiques et adopter un code de bonne conduite pour les campagnes numériques.
Les observateurs estiment que cette seconde étape scellera définitivement l’architecture issue du congrès. Pour l’heure, les militants repartent vers leurs départements avec le sentiment, souvent exprimé dans les couloirs, « d’avoir ressoudé la famille autour d’un projet clair et partagé ».
