Réunion stratégique autour du comité de gestion
Le 13 novembre 2025, la salle des mariages de la mairie de Bacongo s’est muée en salle de crise sanitaire. Trente membres du comité de gestion de l’Hôpital de référence de Bacongo y ont planché sur les six premiers mois d’activité de l’année en cours.
Aux côtés de l’administrateur-maire Bernard Batantou, le directeur de l’hôpital, le Dr Tanguy Fouémina, a déroulé un rapport dense. Devant eux, des représentants de la direction départementale des soins, de l’OMS-Congo et du district sanitaire ont souligné « l’importance d’un pilotage collégial en période de contraintes ».
Un bilan semestriel riche en chiffres
Entre janvier et juin, 10 916 patients ont poussé la porte des consultations externes, soit une moyenne de près de soixante visites par jour ouvré. Les services d’hospitalisation ont, eux, enregistré 5 467 admissions pour quarante décès, fixant le taux de mortalité à 0,73 %.
La maternité reste un pôle stratégique. Sur 1 080 naissances, 282 césariennes ont été pratiquées, tandis que dix accouchements à domicile ont été recensés, preuve, selon le Dr Fouémina, « que la sensibilisation doit encore s’intensifier ».
Des finances maîtrisées malgré l’absence de subvention
Sans subvention directe de l’État, l’établissement a engrangé 193,5 millions de F CFA de recettes pour 195,2 millions de dépenses. Le léger déficit a été résorbé grâce à un report positif de l’exercice précédent, laissant un solde créditeur d’un peu plus de 514 000 F CFA.
« Nous avons su faire beaucoup avec peu », a salué Bernard Batantou, soulignant la vigilance des services économiques depuis l’arrivée d’un nouveau chef de service, cité comme « vecteur de bonne gouvernance ».
Nouvelle grille tarifaire : transparence et accessibilité
La décision la plus attendue concernait le portefeuille des actes. La nouvelle grille n’alourdit pas les tarifs existants, mais ajoute des spécialités comme la consultation de gériatrie, la dialyse de suivi et l’écho-doppler vasculaire, longtemps demandés par les usagers.
Un dispositif particulier est créé pour les patients affiliés à un régime d’assurance, qui régleront désormais leurs prestations au guichet unique avant remboursement de leurs mutuelles. Les membres du comité ont insisté sur « un affichage clair dans chaque service » afin d’éviter toute incompréhension.
La charte du patient, gage de confiance réciproque
Parallèlement, la charte du patient a été entérinée. Le document détaille les droits – information, consentement, confidentialité – mais aussi les devoirs, notamment le respect du personnel et des délais de paiement. « C’est un contrat moral qui responsabilise chaque partie », a résumé un représentant de l’OMS.
Le service social évaluera les situations de précarité pour garantir la gratuité aux malades démunis référencés par la circonscription sociale de Bacongo, tandis que les programmes contre le paludisme, la tuberculose et le VIH demeurent exemptés de frais.
Ressources humaines : fidéliser et valoriser les équipes
L’hôpital repose sur 295 fonctionnaires, 55 contractuels et 141 stagiaires. Pour réduire l’absentéisme et la fuite de compétences, le directeur propose des « contrats de fidélité » assortis de primes de performance. Le comité a validé l’idée, considérant qu’elle luttera contre les anti-valeurs.
Le semestre a aussi vu la relance de la Commission médico-technique, devenue espace d’échanges entre médecins et paramédicaux autour des protocoles de soins, un point « capital pour la qualité », selon la présidente de ladite commission.
Travaux et partenariats pour moderniser les soins
Les chantiers ne manquent pas. Le bloc obstétrical poursuit son lifting, tandis qu’une convention signée avec la société Globaline doit remettre à neuf le circuit d’eau potable, crucial pour la prévention des infections nosocomiales.
Plus tôt dans l’année, une campagne gratuite de dépistage visuel a permis d’examiner 618 riverains ; trente cataractes et plusieurs cas de glaucome ont été détectés, orientant les patients vers une prise en charge rapide. « Une action de proximité qui doit être pérennisée », a salué le district sanitaire.
Perspectives pour la fin d’année 2025
Le comité s’est donné pour tâche de consolider les acquis avant la prochaine évaluation prévue en mai 2026. Priorités : la digitalisation du dossier patient, la sécurisation du plateau technique et le renforcement des liens avec les mutuelles professionnelles.
« Nous devons continuer à innover pour répondre à la confiance des habitants de Brazzaville », a conclu le Dr Fouémina. Les participants ont quitté la mairie convaincus qu’une gestion rigoureuse et des décisions concertées restent la meilleure prescription pour un hôpital public performant.
