Un partenariat célébré à Brazzaville
Réunis à Brazzaville pour marquer les 36 ans de la Convention relative aux droits de l’enfant, les responsables du Fonds des Nations unies pour l’enfance ont réaffirmé leur détermination à « bâtir, avec les autorités, un avenir où chaque fillette et chaque garçon compte ».
Le communiqué, transmis à notre rédaction, dresse un bilan encourageant des politiques publiques menées depuis la signature du texte international par le Congo-Brazzaville, et souligne que ces progrès sont le fruit d’un partenariat constant entre l’État, l’Unicef et les communautés locales.
Scolarisation et parité en forte hausse
Entre 2010 et 2024, le taux de scolarisation au primaire a bondi de 85,9 % à 96 %, chiffre qui place désormais le pays parmi les meilleurs élèves en Afrique centrale, selon les données compilées par les ministères de l’Éducation et soutenues par le bureau onusien.
Cette progression remarquable s’accompagne d’une quasi-parité filles-garçons, résultat des campagnes de sensibilisation menées dans les quartiers périphériques de Brazzaville et Pointe-Noire, où des volontaires insistent sur l’importance d’envoyer chaque enfant, sans distinction de sexe, au moins jusqu’en fin de cycle primaire.
Santé infantile : des progrès mesurables
La santé suit la même courbe : la mortalité infantile est passée de 74 à près de 50 décès pour mille naissances, grâce à une meilleure couverture vaccinale, à la distribution des moustiquaires imprégnées et à la formation du personnel des centres de santé intégrés.
Cadre légal renforcé pour protéger
Pour consolider ces acquis, la ministre des Affaires sociales, Irène Marie Cécile Mboukou-Kimbatsa, rappelle la publication, le 30 avril 2025, de deux textes d’application de la loi sur la protection de l’enfant, établissant un système d’alerte rapide et un observatoire dédié aux enfants en danger.
« Notre pays n’a ménagé aucun effort pour honorer les engagements pris envers la jeunesse », a-t-elle insisté, soulignant que ces dispositifs doivent rendre les signalements plus rapides, fiabiliser les données et orienter, en temps réel, les interventions des travailleurs sociaux et des forces de sécurité.
Planification budgétaire centrée sur l’enfant
L’Unicef, de son côté, accompagne le gouvernement dans l’intégration systématique des besoins de l’enfant dans la planification budgétaire ; une cartographie détaillée des écoles, structures sanitaires et espaces de loisirs est en cours d’élaboration afin d’aider les décideurs à répartir plus équitablement les ressources.
Des ateliers conjoints ministère-Unicef, organisés chaque trimestre, évaluent les progrès et mettent à jour une plateforme de suivi alimentée par les préfets, les chefs d’arrondissement et les ONG partenaires, de manière à ancrer la culture du résultat, chère aux institutions nationales.
La voix des enfants gagne en influence
La parole des premiers concernés prend également de l’ampleur. La présidente du Parlement des enfants, Geliana Lucia Bouenitelamio, assure que « les jeunes sont prêts à proposer des solutions concrètes, du tri des déchets à l’inclusion des camarades porteurs de handicap ».
Ce désir de participation a trouvé un écho régional lors du Forum des filles d’Afrique centrale et de l’Ouest, en octobre 2025, où la délégation congolaise a remis la Déclaration de Dakar aux ministres chargés de la jeunesse, célébrée par la représentante de l’Unicef, Mariavittoria Ballotta.
Priorités locales et innovations numériques
Les priorités identifiées restent l’amélioration des infrastructures scolaires, la disponibilité d’enseignants formés, la prévention du paludisme, ainsi que la création d’espaces sûrs permettant aux adolescents de pratiquer le sport et la culture, facteurs jugés essentiels dans la lutte contre la délinquance et l’oisiveté.
Pour les experts en protection de l’enfance, les innovations numériques jouent désormais un rôle clé : un prototype d’application mobile devrait faciliter la remontée des cas d’abus depuis les villages isolés vers le système d’alerte central, réduisant considérablement le délai de prise en charge.
Les autorités locales, notamment à Dolisie et Owando, expérimentent aussi des clubs parents-écoles pour encourager le dialogue entre enseignants et familles, prévenir les violences domestiques et repérer tôt les décrochages. Les premiers retours signalent une hausse de fréquentation et un climat scolaire plus apaisé.
Investissements publics et impact économique
Le secteur privé est invité à rejoindre la dynamique, via des partenariats pour équiper les salles de classe en panneaux solaires, soutenir les cantines ou financer des bourses d’apprentissage, autant d’initiatives qui, selon l’Unicef, renforcent la résilience des ménages face à la vie chère.
À l’heure où les défis climatiques et économiques se complexifient, le cap demeure clair : investir dans l’enfance, c’est investir dans la stabilité du Congo de demain. Ce message, porté d’une même voix par l’État, l’Unicef et la société civile, résonne désormais jusqu’aux hameaux les plus reculés.
Le budget national consacré aux services sociaux de base a ainsi progressé de 14 % en quatre ans, renseignent les chiffres officiels. Cette enveloppe supplémentaire a servi, entre autres, à réhabiliter 120 salles de classe, à renforcer la chaîne d’approvisionnement en vaccins et à former 500 sages-femmes.
Pour l’économiste Florent Makaya, « placer les droits de l’enfant au cœur des dépenses publiques crée un cercle vertueux : un élève en bonne santé et bien instruit deviendra un adulte productif, capable de soutenir la croissance non pétrolière que le pays ambitionne ».
