La CAN 2025 adopte une liste élargie
Le comité local d’organisation et la Confédération africaine de football ont entériné, lors d’une visioconférence avec les 24 fédérations qualifiées, l’autorisation pour chaque sélection d’emmener 28 joueurs au Maroc entre le 21 décembre et le 18 janvier.
La décision s’appuie sur une pré-liste élargie à 55 noms, que les staffs devront communiquer plusieurs semaines avant la compétition. L’objectif est d’offrir une marge de manœuvre supplémentaire face à d’éventuelles blessures ou tests médicaux défavorables de dernière minute.
« Nous pourrons adapter nos choix jusqu’au bout, c’est un vrai avantage stratégique », se réjouit Paul Put, conseiller technique de plusieurs sélections africaines, joint par nos soins. Selon lui, cette évolution rapproche le tournoi des standards des grandes compétitions intercontinentales.
Une aubaine tactique pour les coachs
Avec 28 éléments sur la feuille, les sélectionneurs gagnent en profondeur de banc. Ils pourront, par exemple, convoquer trois gardiens et doubler chaque poste sans sacrifier de profils offensifs. La gestion des suspensions, très fréquentes pendant la CAN, s’en trouve facilitée.
Valdo, coordinateur des Diables Rouges, voit déjà les bénéfices : « Nous suivons une quarantaine de joueurs évoluant en Europe et en Afrique. Cette marge rendra la concurrence plus saine ». La Fédération congolaise de football épluche actuellement les états de forme avant d’arrêter sa pré-liste.
Le contingent hors-terrain est, lui, plafonné à 17 membres, soit un chiffre identique à l’édition précédente. Préparateurs athlétiques, médecins, analystes vidéo et responsables administratifs devront donc être choisis avec soin pour maintenir un équilibre entre expertise sportive et organisation quotidienne.
Accueil au Maroc : acclimatation express
Les délégations auront la possibilité de poser leurs valises jusqu’à cinq jours avant le match d’ouverture. Cette fenêtre doit favoriser l’adaptation aux conditions climatiques hivernales du royaume chérifien ainsi qu’aux pelouses, souvent jugées plus denses que celles d’Afrique centrale.
Un système de répartition automatisé des hôtels et stades d’entraînement, testé pendant le dernier Mondial des clubs, sera remis au goût du jour. Il doit éviter les longs trajets en bus et garantir un temps de récupération homogène entre les sélections.
Le comité local assure que l’émission des visas se fera sous 72 heures grâce à une plateforme numérique dédiée. Les fédérations renseigneront les données biométriques de leurs délégations, ce qui réduira le passage aux postes frontières et fluidifiera l’arrivée simultanée des équipes.
Ultimatum FIFA du 8 décembre
La Fédération Internationale de Football Association rappelle que les clubs doivent libérer leurs internationaux au plus tard le 8 décembre. Cette date, calée treize jours avant le tournoi, s’impose aux championnats européens encore en activité et aux compétitions interclubs africaines.
Plusieurs entraîneurs de Ligue 1 française ont déjà signalé qu’ils adapteraient leur préparation hivernale. « Nous anticiperons les départs pour limiter les risques musculaires », confie Régis Le Bris, coach de Lorient, dont trois éléments susceptibles d’être appelés par la RD Congo.
Pour atténuer la pression, la CAF travaille à des chartes de bonnes pratiques avec les ligues professionnelles. Des vols groupés subventionnés permettraient, par exemple, aux joueurs basés en Europe de rejoindre directement leur camp de base marocain sans passer par leur pays.
Les ambitions congolaises se précisent
Sous la houlette de l’entraîneur Isaac Ngata, le Congo-Brazzaville vise une qualification historique pour les quarts de finale. Le patron du banc rouge et bleu espère profiter des listes élargies pour intégrer plusieurs jeunes révélés lors du dernier championnat national.
Le milieu défensif Bersyl Obassi, actuellement au FC Saint-Éloi Lupopo, figure parmi les rookies suivis. S’ajoute l’attaquant Prestige Mboungou, très en vue à l’AS Otohô. Leur présence dans la pré-liste renforcerait un effectif parfois jugé dépendant de ses cadres européens.
Du côté des supporters, l’enthousiasme monte. Les clubs de fans s’organisent déjà pour les déplacements, profitant des packages proposés par les agences de tourisme sportif. « C’est peut-être notre année », espère Grâce Massamba, abonnée régulière du stade Alphonse-Massamba-Débat.
Feuille de route avant le coup d’envoi
D’ici mars, la CAF publiera la grille définitive des stades retenus, ainsi que le calendrier complet des matches amicaux officiels. Les fédérations auront ensuite jusqu’au 4 décembre pour déposer leur liste élargie, avant de la réduire à 28 noms le 14.
Parallèlement, un protocole médical renforcé sera diffusé. Tests PCR à l’arrivée, contrôles antidopage inopinés et cellules psychologiques figurent parmi les mesures évoquées. L’instance souhaite garantir un tournoi sûr, fidèle à la réputation d’excellence que le Maroc cultive sur la scène sportive.
Il reste treize mois avant le coup d’envoi, mais la mécanique se met déjà en place. Entre listes élargies, exigences FIFA et logistique huilée, la CAN 2025 s’annonce comme l’édition la plus organisée de l’histoire, au grand bénéfice du spectacle africain.
Les diffuseurs, eux, se mettent aussi à l’heure marocaine. Un appel d’offres pour la production UHD vient d’être lancé, promesse de retransmissions plus nettes et de ralentis multipliés sur les chaînes partenaires.
Dans chaque pays, les supporters comptent déjà les jours : l’hiver 2025 s’annonce brûlant sous les couleurs du continent.
