Un deuxième rendez-vous placé sous le signe de la solidarité
La salle, comble dès la tombée de la nuit, vibrait au rythme des applaudissements. Pour sa deuxième édition, la soirée caritative Elombé a confirmé l’engouement suscité par l’association Marcher Courir pour la Cause, plus connue sous l’acronyme MCPLC.
L’objectif affiché reste clair : mobiliser des ressources afin d’étendre les campagnes de sensibilisation et de dépistage du diabète, une maladie qualifiée d’« enjeu de santé publique » par le professeur Donatien Moukassa, directeur de cabinet du ministre de la Santé et de la Population.
Lors de la première édition, les fonds avaient financé la maison sport et santé de Poto-Poto. Cette année, les organisateurs souhaitent déployer le même concept hors de Brazzaville, tout en intensifiant les actions de prévention dans les quartiers populaires.
Des partenariats publics-privés au diapason
Devant un parterre mêlant pouvoirs publics, entreprises et ONG, Pr Donatien Moukassa a rappelé l’engagement de son ministère : « Nous sommes réunis pour amplifier la voix des milliers de personnes vivant avec le diabète. Vous pouvez compter sur notre soutien. »
Le secteur privé s’est montré tout aussi volontaire. « Ce combat ne peut être mené seul », a martelé Maixent Raoul Ominga, directeur général de la Société nationale des pétroles du Congo. Il a convié les sociétés encore hésitantes à rejoindre la coalition.
Michel Djombo, président d’Unicongo, a renchéri : « Que chacun reparte avec la conviction que la santé se construit au quotidien. Nous avons tous le pouvoir, mais surtout le devoir, d’agir ensemble. »
Un terrain offert pour une maison sport et santé à Madingou
Le premier geste concret est venu de Rodrique Dinga Mbomi, président du conseil municipal de Madingou. Il a remis un titre foncier de 800 m², en plein centre-ville, pour ériger la prochaine maison sport et santé.
« Par ce don, nous avons l’obligation de résultats », a-t-il déclaré sous les applaudissements. Le terrain figure désormais au cœur du dispositif qui vise à rapprocher la prévention des populations de l’intérieur du pays.
Le concept de maison sport et santé associe séances d’activité physique, ateliers nutritionnels et dépistage gratuit. MCPLC veut en faire un relais permanent, capable de suivre les patients et d’accompagner les familles.
L’OMS veut chiffrer l’ampleur du diabète
Si les témoignages dessinent déjà l’ampleur du problème, le pays manque de données consolidées sur la prévalence du diabète. L’Organisation mondiale de la santé compte combler cette lacune.
« Nous travaillerons avec MCPLC pour mener une enquête nationale d’évaluation. C’est l’objectif majeur de l’année », a annoncé le Dr Vincent Dossou Sodjinou, représentant de l’agence onusienne.
Les résultats attendus guideront les futures orientations du ministère, en matière de politiques alimentaires, d’activité physique et de prise en charge médicale.
Des fonds levés et des lauréats distingués
La générosité s’est exprimée à travers des enveloppes, des kits de dépistage et des engagements répétés. Le comité d’organisation n’a pas dévoilé de montant global, mais a salué une « mobilisation record » par rapport à l’édition précédente.
Plusieurs partenaires ont reçu un trophée symbolisant leur implication. Une tombola a ensuite ponctué la soirée, permettant aux participants de repartir avec des lots offerts par les sponsors.
Au-delà des récompenses, tous ont souligné l’élan collectif. « Chaque billet acheté, chaque don effectué, c’est une vie potentiellement sauvée », a résumé une bénévole de MCPLC, émue par l’enthousiasme du public.
Vers une coalition durable contre les maladies chroniques
Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’ancrer l’action dans la durée. L’ouverture de nouvelles maisons sport et santé pourrait servir de modèle pour lutter également contre l’hypertension et l’obésité, facteurs aggravants du diabète.
MCPLC plaide pour une coalition permanente réunissant ministères, collectivités et entreprises. Des ateliers sont déjà programmés afin d’élaborer un plan pluriannuel, articulé autour de programmes scolaires, de formations pour les soignants et de campagnes médiatiques.
« Nous devons passer d’événements ponctuels à des solutions structurelles. La soirée Elombé nous donne l’élan, à nous de transformer l’essai », a conclu le président de l’association devant la salle désormais acquise à la cause.
