Victoire éclatante d’AS Otohô à Brazzaville
Le représentant congolais a offert un festival offensif samedi 29 novembre 2025 au Stade Président-Alphonse-Massamba-Débat. En pulvérisant 4-1 le CR Belouizdad, l’AS Otohô efface sa courte défaite inaugurale en Afrique du Sud et se relance pleinement dans le groupe C de la Coupe de la Confédération.
Dès le coup de sifflet final, les quelque 20 000 supporters ont applaudi longuement leurs protégés. « On voulait leur rendre la confiance qu’ils nous donnent chaque semaine », confie l’attaquant Geordy Ndecket, premier buteur de la partie, tout sourire en zone mixte.
Un démarrage sous haute tension
Les dix premières minutes ont laissé craindre une soirée compliquée. Le club algérien a menacé sur un centre repris de la tête à la neuvième minute, repoussé par le gardien Christopher Maboulou. « Ce sauvetage a sonné le réveil de tout le bloc », note l’entraîneur Brice Ondongo.
Otohô a alors repris son pressing agressif, réduisant l’adversaire à de longues relances. Les milieux Bandiougou Diallo et Ravelli Obembi ont quadrillé l’entrejeu, coupant les transmissions vers l’avant-centre algérien, pourtant réputé pour son jeu dos au but.
Trois buts en un quart d’heure, la démonstration
Le premier coup de tonnerre intervient à la douzième minute. Sur un corner frappé tendu par Wilfried Nkaya, Ndecket s’élève plus haut que tout le monde et catapulte le ballon sous la barre. Le stade explose : 1-0, la dynamique change de camp.
Quatorze minutes plus tard, Diallo double la mise d’une frappe sèche après une remise subtile de Nkaya. A peine le public a-t-il le temps de reprendre son souffle que Gosim Elenga arme une lourde frappe des trente mètres, logée dans la lucarne pour le 3-0.
Gestion et réalisme en seconde période
Au retour des vestiaires, les Congolais ne se désunissent pas. Soucieux de préserver leurs forces, ils font circuler le ballon, poussant Belouizdad à courir après des ombres. À la 65ᵉ, Obembi profite d’un ballon mal renvoyé pour inscrire le quatrième but d’un tir placé.
Seul bémol, un penalty concédé à la 88ᵉ minute, transformé par Abderrahmane Meziane pour l’honneur. « Nous aurions préféré garder notre cage inviolée, mais l’essentiel reste les trois points », relativise le capitaine Ngouabi Mabiala, déjà tourné vers le prochain rendez-vous.
La patte tactique du staff congolais
Le staff avait insisté toute la semaine sur la verticalité et la variété des appels de balle. « Nous savions que la défense algérienne pouvait être prise dans son dos si le ballon sortait rapidement des pieds de nos relayeurs », détaille le coach adjoint Alain Makita.
Ce plan a été appliqué à la lettre, avec un bloc haut, des latéraux projetés et des transmissions rapides vers les trois offensifs. La mobilisation collective a limité les temps faibles, illustrant la progression tactique d’un groupe désormais habitué aux joutes africaines.
Le rôle des cadres et des jeunes talents
Nkaya, double passeur, confirme son statut de métronome tandis que Ndecket, 23 ans, s’impose comme la nouvelle arme offensive d’Otohô. « On voulait marquer les esprits, c’est fait », glisse l’avant-centre, formé à Owando avant de percer à Brazzaville.
En défense, le vétéran Césaire Louamba a guidé la charnière, rassurant les plus jeunes lors des rares incursions adverses. Ce mélange d’expérience et de fraîcheur constitue l’un des points forts revendiqués par la direction sportive depuis deux saisons.
Un public conquis au Stade Massamba-Débat
La présence des familles venues des quartiers voisins, drapeaux bleu-blanc-rouge du club à la main, a offert une atmosphère de kermesse. Des vendeurs ambulants racontent avoir épuisé leurs stocks de beignets bien avant la pause, signe de l’enthousiasme populaire.
« Le football congolais vit peut-être une trêve domestique, mais le pouls bat encore plus fort grâce aux compétitions africaines », sourit Mireille, étudiante à l’Université Marien-Ngouabi, fière de brandir son ticket comme un trophée après le match.
Un résultat qui dépasse le seul club
Avec quatre points en deux journées, Otohô se hisse provisoirement à la deuxième place du groupe, derrière Stellenbosch. La victoire envoie également un signal positif aux autres formations nationales engagées dans les tournois continentaux, souvent jugées trop timides hors de leurs bases.
Le sélectionneur intérimaire des Diables Rouges, Valdo Nsimba, présent dans les tribunes, salue « la rigueur et la créativité démontrées par nos représentants ». Pour lui, cette performance nourrit la confiance avant les prochaines échéances de l’équipe nationale.
Cap sur la Tanzanie, un déplacement piégeux
La troisième journée conduira les Congolais le 25 janvier 2026 à Singida, au cœur d’un stade réputé hostile. Le staff technique a déjà prévu un mini-stage à Oyo pour s’acclimater à l’altitude et peaufiner le pressing qui a fait sa force.
« Nous n’avons encore rien gagné, mais nous savons désormais que notre destin est entre nos mains », conclut le président Maixent Raoul Ominga. En attendant, Brazzaville savoure ce succès et rêve d’écrire une nouvelle page lumineuse de son histoire footballistique.
