Un message présidentiel très attendu
Au palais des congrès de Brazzaville, le 28 novembre, le chef de l’État Denis Sassou Nguesso a présenté son message annuel sur l’état de la nation devant députés et sénateurs réunis en congrès, date coïncidant avec le 67e anniversaire de la Proclamation de la République.
Parmi les élus, la députée Suzanne Kaba-Velé Mpan, qui représente la première circonscription de Loandjili à Pointe-Noire, a suivi l’allocution avec attention, consciente des attentes de ses administrés sur les questions de sécurité et d’emploi.
À l’issue du discours, l’élue du Parti congolais du travail s’est dite particulièrement sensible à deux volets martelés par le président : la consolidation d’une paix tangible et l’essor d’un entrepreneuriat capable d’absorber les ambitions de la jeunesse.
Paix durable: un horizon réaffirmé
« Félicitations au chef de l’État pour la paix », a déclaré à chaud Suzanne Kaba-Velé Mpan, rappelant que la tranquillité est la première attente des ménages, qu’ils résident dans les quartiers périphériques de Pointe-Noire ou dans les villages du Kouilou.
Le président a rappelé que la paix ne se réduit pas à l’absence de conflit ; elle implique aussi d’enrayer le grand banditisme qui trouble la vie nocturne des marchés où nombre de commerçantes travaillent de l’aube au soir.
À Pointe-Noire, la récente série de braquages avait inquiété transporteurs et tenanciers ; l’annonce d’une riposte coordonnée par la Force publique a donc reçu un large soutien des élus, tous bords confondus.
La députée observe toutefois que la prévention restera déterminante : un éclairage public fiable, des patrouilles de proximité et un dialogue permanent avec les chefs de quartier constituent, selon elle, « le terreau d’une paix vécue, pas seulement proclamée ».
Entrepreneuriat, cœur de la stratégie jeunesse
Le second temps fort du message présidentiel concerne l’emploi des jeunes, sujet central dans une nation dont plus de la moitié de la population a moins de trente ans, rappelle l’élue de Loandjili.
Denis Sassou Nguesso a mis en avant le Fonds national d’appui à l’employabilité et à l’apprentissage et le Fonds d’impulsion, de garantie et d’accompagnement, deux instruments qui financent formations, micro-crédits et mentorat pour transformer des idées en petites entreprises pérennes.
« L’avenir n’est plus dans la seule fonction publique », a rappelé le chef de l’État, appel que Suzanne Kaba-Velé Mpan relaie régulièrement lors de ses permanences parlementaires, où elle promeut l’alternance entre cursus scolaires classiques et stages pratiques.
À Pointe-Noire, plusieurs lauréats du programme d’incubation soutenu par le FIGA vendent déjà des solutions numériques pour la gestion de stocks ou l’agro-transformation, illustrant, selon la députée, « la capacité des jeunes à créer de la valeur localement ».
Echo à Loandjili et Pointe-Noire
Dans le quatrième arrondissement, le taux de chômage juvénile reste élevé, notamment parmi les diplômés de filières tertiaires qui peinent à trouver un premier poste stable.
La députée envisage d’organiser, début 2024, un forum local de l’entrepreneuriat rassemblant banques, chambres consulaires et porteurs de projet afin de décliner, à l’échelle du quartier, les mécanismes gouvernementaux évoqués par le président.
« Beaucoup ignorent qu’ils peuvent obtenir une garantie publique de 50 % », explique-t-elle, rappelant que l’information reste le premier carburant de l’initiative.
Les élus locaux comptent également s’appuyer sur le tissu associatif, très actif à Pointe-Noire, pour identifier les jeunes femmes intéressées par la couture, la restauration ou les services à la personne, secteurs jugés porteurs malgré un contexte économique serré.
Selon les chiffres partagés lors du dernier conseil municipal, plus de quatre-vingts micro-unités créées en 2022 fonctionnent encore aujourd’hui, un taux de survie jugé encourageant au regard des standards régionaux.
Parlement et calendrier républicain
La session conjointe des deux chambres se tenait, comme le prévoit la Constitution, vingt-quatre heures après l’ouverture du festival national marquant la Proclamation de la République, cérémonie qui a mobilisé scolaires, anciens combattants et corps constitués.
En saluant la dimension symbolique de cette coïncidence, Suzanne Kaba-Velé Mpan rappelle que chaque anniversaire offre « une occasion de mesurer le chemin parcouru et d’affiner les priorités » pour la session budgétaire à venir.
Au programme parlementaire figure déjà l’examen de textes relatifs à la protection civile et à l’artisanat, deux domaines directement liés, selon l’élue, à la sécurisation des quartiers et à la formalisation des initiatives économiques.
Elle compte défendre des amendements facilitant l’accès des groupements féminins aux marchés publics de fournitures scolaires, un créneau stable qui, selon elle, pourrait générer des centaines de micro-contrats chaque rentrée.
Perspectives partagées
Interrogée enfin sur la perception du discours par les habitants de Loandjili, la parlementaire se dit confiante : « Les familles retiennent que l’État prend leurs préoccupations à bras-le-corps ; notre devoir est de relayer le travail législatif et de rester à l’écoute ».
Elle juge que la conjonction entre offensive sécuritaire et soutien financier à l’entrepreneuriat dessine « un cercle vertueux » capable, à terme, de réduire le chômage, de renforcer la cohésion sociale et d’attirer de nouveaux investisseurs vers les corridors de Pointe-Noire.
