Une tribune locale aux accents nationaux
Dans la salle comble d’un hôtel de Dolisie, chef-lieu du Niari, le président national du parti Le Congo en marche, Jean Valère Mbani, a solennellement déclaré : « Nous invitons le chef de l’État, Denis Sassou Nguesso, à déposer sa candidature pour la présidentielle de mars 2026 ».
L’énoncé, prononcé le 29 novembre, a immédiatement résonné au-delà des murs, tant l’échéance électorale de 2026 polarise déjà l’attention des Congolais. Le choix de Dolisie, troisième ville du pays, renforce la portée d’un message voulu rassembleur et ancré dans les réalités de terrain.
Ce coup de projecteur sur le Niari reflète la stratégie de proximité revendiquée par le Lcem depuis sa création. Fondé voici six ans, le mouvement considère la parole des régions comme un baromètre privilégié de l’humeur nationale.
Six ans de militantisme revendiqué
La célébration du sixième anniversaire du Lcem a servi de fil rouge à la journée. Jean Valère Mbani a salué « l’engagement acharné » de ses militants et sympathisants, rappelant que la dynamique interne alimente la crédibilité du parti sur l’échiquier politique.
Depuis 2017, la formation se veut force de propositions. Ses responsables affirment avoir parcouru localités et quartiers pour recenser besoins et attentes, un travail que Mbani qualifie de « patient et méthodique ».
À Dolisie, les délégations venues des départements voisins ont détaillé la même volonté d’enracinement : multiplier les cellules de base, former des relais communautaires et promouvoir un discours axé sur l’intérêt général.
Un plaidoyer pour les infrastructures
Jean Valère Mbani a profité de la tribune pour louer les efforts accomplis par le Président de la République dans la construction des infrastructures de base. « Routes, écoles, hôpitaux : ces chantiers structurants changent la vie quotidienne », a-t-il martelé sous les applaudissements.
Selon lui, ces réalisations constituent l’argument majeur justifiant la demande de candidature. « Poursuivre l’œuvre engagée », a-t-il insisté, estimant que la continuité demeure le gage d’un développement harmonieux sur l’ensemble du territoire.
Les militants présents ont abondé en ce sens, soulignant que l’accès facilité aux soins ou à l’éducation demeure une préoccupation forte dans les localités rurales du Niari.
Le siège national, vitrine et outil de formation
Moment fort de la journée : l’inauguration du siège national du parti, implanté dans un quartier en pleine expansion de Dolisie. Le ruban coupé, Jean Valère Mbani a décrit le bâtiment comme « un lieu de réflexion et d’apprentissage ».
À l’intérieur sera installée l’école du parti. Objectif déclaré : former militants et cadres « à la gestion politique de la cité ». Le président du Lcem insiste sur la nécessité de « maîtriser les dossiers techniques » pour accompagner les collectivités et parler d’égal à égal avec les administrations.
Cette ambitieuse école entend également transmettre des valeurs de loyauté et de discipline. « Nous voulons des femmes et des hommes capables d’écouter, d’argumenter et d’agir », résume un membre du bureau politique, convaincu que la formation consolide la légitimité du parti.
Jeunes et sages, la même ferveur
Au premier rang, la jeunesse du Lcem a pris la parole pour demander au bureau politique de « maintenir la flamme ». Leur porte-parole a évoqué un rêve partagé : que chaque nouvelle route ou nouvelle école devienne un tremplin pour les talents locaux.
Les sages, figures respectées des comités de base, ont, eux aussi, réitéré leur confiance dans la direction nationale. « Nous transmettons aux plus jeunes le sens du service », a résumé l’un d’eux, invitant à conjuguer expérience et énergie pour bâtir « un lendemain meilleur ».
Dans un même élan, l’assemblée a entonné des chants d’unité, rappelant que la cohésion interne reste un préalable à toute ambition électorale. Les engagements de fidélité au parti ont été répétés avec solennité.
Cap sur mars 2026
L’appel à la candidature du Président Denis Sassou Nguesso constitue, pour le Lcem, la pièce maîtresse d’une feuille de route tournée vers 2026. Le parti entend multiplier les rencontres locales afin d’expliquer sa démarche et de mobiliser l’électorat.
Pour Jean Valère Mbani, le calendrier est clair : « Chaque mois doit être utilisé pour convaincre, débattre et rassembler ». Il mise sur l’argument des infrastructures pour illustrer les progrès déjà engrangés et les perspectives encore ouvertes.
Au terme de la journée, les participants ont quitté Dolisie galvanisés, conscients que leur appel adressé au chef de l’État les engage désormais. « Nous avons lancé un message d’espérance », souligne une militante. Reste, pour le parti, à entretenir cette dynamique jusqu’à l’ouverture officielle de la campagne.
