Ouverture du centre Qi-Huang à Mfilou
Le 3 décembre, le quartier Mfilou, dans le 7e arrondissement de Brazzaville, a vécu un moment inédit avec l’inauguration du centre de santé Qi-Huang, dédié à la médecine traditionnelle chinoise, au sein de l’Hôpital de l’Amitié sino-congolaise.
Aux côtés du corps médical, le directeur de cabinet du ministre de la Santé et de la Population, Donatien Mokassa, a coupé le ruban, saluant un pas supplémentaire dans la diversification de l’offre de soins pour les Congolais.
Le nouveau service se veut un lien tangible entre science moderne et savoirs ancestraux, dans le droit fil de la coopération sanitaire active entretenue depuis plus de dix ans entre Brazzaville et Pékin.
Ambition d’un modèle régional
Devant les invités, Donatien Mokassa a confié espérer faire de Qi-Huang un centre d’excellence attirant chercheurs, étudiants et patients d’Afrique centrale, afin que Brazzaville devienne une référence en matière de médecine intégrée.
Pour matérialiser cette ambition, plusieurs salles de consultation, un espace de phytothérapie et des box d’acupuncture ont été aménagés, avec du matériel expédié directement de Chine, selon l’administration hospitalière.
« Nous voulons qu’ici, les patients ressentent le même niveau de sécurité qu’en médecine conventionnelle, tout en bénéficiant d’approches holistiques », a souligné le directeur de l’hôpital, Roger Oyéré, appelant ses équipes à l’exigence.
Transfert de compétences congolais-chinois
La directrice de la Commission nationale de la santé chinoise, Zhang Janjun, a confirmé l’arrivée de spécialistes envoyés pour former des praticiens congolais à l’acupuncture, à la moxibustion et à la préparation de décoctions selon les standards de Pékin.
Dans un premier temps, une dizaine d’infirmiers et de médecins suivront un cursus intensif de six mois, alternant théorie et pratique, avant de pouvoir partager à leur tour ces techniques dans les districts sanitaires.
Zhang Janjun a insisté sur l’échange mutuel : « Nos experts apprendront aussi des usages phytothérapeutiques congolais, car la biodiversité locale est une mine de connaissances encore méconnue hors du pays ».
Un geste fort de la diplomatie sanitaire
L’ambassadeur de Chine, An Qing, a rappelé que l’Hôpital de l’Amitié symbolise la coopération bilatérale depuis 2013, marquant « un partenariat tourné vers le bien-être des populations et non uniquement vers les infrastructures ».
Présente, l’administrateur-maire de Mfilou-Ngamaba, Bibiane Itoua, a salué une initiative favorisant l’accès aux soins de proximité pour les habitants d’un arrondissement en pleine expansion démographique.
Les partenaires chinois et congolais ont planté un arbre de nanchin traditionnel dans la cour, geste symbolique de croissance partagée et clin d’œil aux thérapies par les plantes.
Vers une médecine intégrée pour tous
Roger Oyéré rappelle que Qi-Huang n’entend pas remplacer le service de médecine interne existant ; il travaillera plutôt main dans la main avec lui pour offrir des protocoles conjoints, notamment dans la prise en charge de la douleur chronique et des troubles digestifs.
Les patients seront orientés par le médecin traitant vers l’acupuncture ou les massages tuina quand les indications le justifient, puis réévalués après quelques séances, assurant un suivi rigoureux conforme aux standards nationaux.
À terme, l’hôpital souhaite étendre ces services aux pathologies respiratoires et aux soins de réhabilitation, dans la continuité des orientations du ministère de la Santé visant à rapprocher l’offre de soins des réalités culturelles.
En sortant de la cérémonie, plusieurs habitants de Mfilou, ravis, ont déclaré voir dans Qi-Huang une chance supplémentaire de se soigner à moindre coût, symbolisant l’alliance féconde entre traditions et progrès, chère au partenariat sino-congolais.
Regards croisés sur la coopération sino-congolaise
Durant la cérémonie, plusieurs orateurs ont insisté sur la constance du partenariat sino-congolais, né des premiers échanges médicaux et renforcé par la construction de l’Hôpital de l’Amitié ; pour eux, Qi-Huang en est le prolongement naturel et visible.
Les discours ont tous rappelé que la santé constitue un vecteur privilégié de rapprochement entre peuples, car le soin parle un langage universel et suscite une confiance immédiate auprès des communautés locales.
En écho, Zhang Janjun a cité un proverbe chinois proclamant que « la bienveillance est la première des médecines », recevant de chaleureux applaudissements de la part des soignants présents dans la salle polyvalente décorée aux couleurs des deux nations.
Pour Donatien Mokassa, cet esprit d’entraide illustre l’engagement du ministère de la Santé à multiplier les partenariats gagnant-gagnant, capables d’apporter rapidement des résultats concrets sur le terrain sans attendre de lourds investissements supplémentaires.
L’ambassadeur An Qing a, pour sa part, souligné que la coopération médicale restera une priorité des trois prochaines années, signe que le centre Qi-Huang pourrait bientôt servir de modèle exportable vers d’autres hôpitaux du pays.
Autour de la directrice chinoise et du directeur de l’hôpital, on remarquait la présence de nombreux partenaires techniques, du personnel soignant en tenue blanche ainsi que de personnalités du secteur de la santé venues soutenir cette étape importante pour l’arrondissement et la capitale.
Tous ont conclu la cérémonie par une photo de famille devant la façade bleue récemment rénovée de l’Hôpital de l’Amitié.
