Brazzaville accueille un symposium jeunesse ambitieux
Sous la grande salle du centre culturel Jean-Baptiste Tati-Loutard, des badges colorés et des carnets s’entrechoquent. Depuis ce 4 décembre, la deuxième édition du Symposium de la jeunesse bat son plein à Brazzaville, placée sous le sceau de « jeunesse engagée au développement et proactive ».
L’événement, coordonné par l’Association Jeunesse en éveil du Congo, vise à offrir des clés pratiques aux jeunes pour se frayer un chemin vers l’emploi tout en participant activement aux objectifs de développement durable fixés dans le Plan national de développement 2022-2026.
Plus de trois cents étudiants, entrepreneurs, volontaires et représentants institutionnels remplissent les travées. La présence du Conseil consultatif de la jeunesse et du Corps des jeunes volontaires du Congo confère une portée nationale à des échanges pensés pour éclairer les parcours individuels et nourrir l’engagement collectif.
Volontariat et développement durable au cœur des échanges
Au premier panel, Paterne Loulendo, chargé d’appui au développement du volontariat au Congo et en RDC, rappelle que les Nations unies identifient le bénévolat comme un moteur de cohésion sociale et un accélérateur « pour atteindre plus vite le bien-être des populations ».
Selon lui, chaque jour d’action citoyenne représente un gain de compétences transférables à l’entreprise : gestion de projet, communication, travail d’équipe. « Le volontariat construit un CV vivant, il démontre la capacité à se relever et à innover », insiste-t-il sous des applaudissements nourris.
Leadership et lecture, leviers de proactivité
Le coach et écrivain Darcy Massengo convoque les neurosciences pour expliquer la différence entre attitude réactive et démarche proactive. Il soutient que la curiosité intellectuelle, nourrie très tôt par la lecture, façonne des leaders capables d’anticiper les besoins de leur communauté avant même qu’ils n’apparaissent.
Pour étayer son propos, il cite l’exemple d’une coopérative horticole de Makélékélé, fondée par d’anciens bénévoles, qui ravitaille aujourd’hui plusieurs cantines scolaires. « Ils ont vu la pénurie de légumes avant les commerçants », salue-t-il, invitant les familles à transformer la maison en première bibliothèque du jeune.
Insertion professionnelle : vers de nouveaux partenariats
Le président de l’AJEC, Rolph Medry Dissivouloud, ne contourne pas la difficulté : malgré un taux de scolarisation élevé, l’embauche reste délicate. À ses yeux, la solution passe par des passerelles directes entre associations, entreprises et établissements publics pour repérer plus tôt les profils prometteurs.
Il annonce l’ouverture prochaine d’un incubateur numérique piloté avec l’Agence nationale de l’informatique et du numérique, qui proposera des stages certifiants. Un protocole d’accord, présenté en marge du symposium, prévoit cinquante places dès février, priorité donnée aux participants les plus assidus aux ateliers.
De leur côté, plusieurs banques locales présentes promettent d’étudier des microcrédits spécifiques pour les jeunes porteurs de projets verts, en phase avec l’engagement national pour une économie plus résiliente et respectueuse de l’environnement.
Voix de la jeunesse : paroles de participants
Patricia Magoma, 22 ans, étudiante en géographie à l’Université Marien-Ngouabi, confie avoir trouvé des pistes concrètes. « J’ai compris que mon mémoire sur les jardins urbains peut déboucher sur une start-up si je m’entoure de volontaires compétents », souligne-t-elle, sourire franc, déjà inscrite à l’atelier sur le réseautage.
À quelques rangs, Rodrigue Ndinga, apprenti mécanicien, félicite le choix du 5 décembre pour clôturer la rencontre. « La journée internationale du volontariat nous rappelle que le temps libre peut servir de tremplin professionnel », résume-t-il, convaincu qu’une heure par semaine suffit à enrichir ses compétences.
Le sentiment d’appartenance ressort également des interventions. Un sondage flash, réalisé via l’application mobile du symposium, révèle que 78 % des inscrits souhaitent prolonger l’expérience au sein d’un réseau d’anciens, afin de partager opportunités de formation et appels à projets.
Perspectives après le 5 décembre
La clôture, prévue ce mardi, donnera lieu à la signature d’une charte d’engagement. Le document, selon les organisateurs, définira des indicateurs simples : nombre d’heures de bénévolat effectuées, projets incubés, partenariats conclus avec les collectivités locales et marge d’inclusion des jeunes issus des zones rurales.
Un comité de suivi composé d’associations de jeunesse, de représentants ministériels et d’experts universitaires remettra un rapport annuel. Cette instance, promise à une gouvernance participative, veillera à ce que les promesses ne restent pas lettre morte et que les retombées soient tangibles sur le terrain.
Il est également question d’étendre le format à Pointe-Noire et Ouesso dès 2024, afin de rapprocher les ateliers des jeunes côtiers et forestiers. Le ministère de la Jeunesse étudie la possibilité d’wp-signup.php l’événement au calendrier officiel des grands rendez-vous citoyens.
Pour Rolph Medry Dissivouloud, la dynamique observée confirme « la soif d’initiative d’une génération qui refuse la fatalité ». Il souligne que le soutien constant des pouvoirs publics et du secteur privé reste indispensable pour maintenir l’élan et faire du symposium une plateforme permanente.
Dans les couloirs, tandis que des participants échangent leurs numéros via QR code, une conviction gagne les esprits : la proactivité, loin d’être un slogan, devient l’outil par lequel la jeunesse congolaise entend pleinement contribuer au développement durable, à son insertion professionnelle et, in fine, au rayonnement du pays.
