AGL Congo mise sur la prévention du VIH
Le 1er décembre 2025, date retenue mondialement pour rappeler la lutte contre le VIH, les couloirs des sites administratif et portuaire d’Africa Global Logistics Congo se sont transformés en postes d’information. L’entreprise y a déployé 24 pairs éducateurs pour rencontrer plus de 600 salariés.
Affiches, discussions individuelles et distributions de préservatifs ont rythmé cette journée, pensée pour conjuguer prévention, dépistage et rappel des traitements disponibles. Les équipes encadrantes se sont également soumises à l’exercice, montrant ainsi que l’engagement part du sommet et s’étend à chaque maillon de la chaîne.
Des pairs éducateurs au cœur du dispositif
AGL Congo forme depuis plusieurs années des salariés volontaires capables de parler librement du VIH avec leurs collègues. Ces « pairs éducateurs » connaissent le fonctionnement de l’entreprise, la sensibilité de leurs interlocuteurs et la nécessité de combattre les idées reçues sans culpabiliser personne.
Selon le service RH, ces volontaires consacrent en moyenne deux heures par semaine à la préparation de messages, appuyés par des médecins conseils. Leur présence quotidienne constitue, pour les travailleurs éloignés des structures de santé, une première porte d’entrée vers une information fiable.
La parole d’experts pour lever les tabous
Présent lors de la campagne, le docteur Eléazar Céleste Massamba a rappelé que « la lutte contre le sida implique des efforts globaux pour prévenir la transmission, traiter les personnes infectées et sensibiliser le public ». Un message soulignant l’importance de l’action concertée entre acteurs publics et privés.
Le médecin a insisté sur le dépistage volontaire. Dans les stands installés près des ateliers, les salariés pouvaient recevoir des informations sur la confidentialité du test et l’accès gratuit aux antirétroviraux dans les centres agréés. Plusieurs collaborateurs ont pris rendez-vous directement pour une séance dans la semaine.
La stratégie sociale d’AGL Congo saluée
Pour Paris Bidjang, directeur des ressources humaines, « nos collaborateurs sont la première richesse de notre entreprise ; leur santé et leur sécurité sont prioritaires ». Il souligne que des sessions analogues existent aussi pour l’hypertension, le diabète et les maladies tropicales, afin de renforcer la prévention globale.
L’entreprise actualise chaque année son plan de santé au travail, en lien avec les orientations du ministère de la Santé. Les indicateurs internes démontrent une baisse sensible des arrêts maladie liés aux infections opportunistes parmi le personnel depuis le lancement du programme VIH en 2018.
Un pont entre l’entreprise et les lycées
AGL Congo ne limite pas son action à ses murs. En partenariat avec plusieurs ONG locales, le groupe soutient des séances de dépistage anonyme dans des collèges et lycées publics de Brazzaville et Pointe-Noire. Les pairs éducateurs interviennent alors comme grands frères proches des préoccupations des adolescents.
Cette démarche complète les campagnes nationales pilotées par le Conseil national de lutte contre le sida. Les responsables d’établissement témoignent d’une meilleure compréhension des modes de transmission depuis l’arrivée des volontaires d’AGL, jugés plus accessibles que des intervenants exclusivement médicaux.
Le contexte national du VIH
Selon les données publiées par le Programme commun des Nations unies sur le VIH, la République du Congo a réduit de près d’un tiers les nouvelles infections depuis 2010. Les autorités misent sur la décentralisation des services de dépistage et l’implication des entreprises pour poursuivre cet élan.
A Brazzaville, le centre national de référence indique qu’environ 70 % des personnes vivant avec le VIH reçoivent aujourd’hui un traitement adapté. Les spécialistes estiment que le soutien logistique de groupes comme AGL facilite l’acheminement régulier des antirétroviraux jusque dans les localités riveraines.
Des retombées sociales et économiques positives
Réduire l’incidence du VIH en milieu professionnel signifie moins d’absentéisme, davantage de productivité et une meilleure cohésion, rappellent les économistes du travail. Le capital humain préservé représente un atout pour la compétitivité, particulièrement dans la logistique où la continuité d’activité est cruciale.
AGL Congo note également une montée de la confiance interne. Les salariés osent solliciter des conseils sur d’autres problématiques de santé : alimentation, stress ou addictions. Ce climat d’ouverture, né autour de la journée mondiale du sida, irrigue désormais la culture d’entreprise au quotidien.
Plusieurs salariés disent avoir évoqué pour la première fois la séropositivité d’un proche grâce aux discussions.
Cap sur 2026 : renforcer et étendre
Les responsables prévoient d’élargir le réseau de pairs éducateurs pour atteindre une trentaine de volontaires. Une formation axée sur la santé mentale viendra compléter le module VIH. L’objectif affiché est de proposer, chaque trimestre, une animation santé dédiée à l’ensemble des filiales congolaises.
AGL envisage également de mutualiser ses outils pédagogiques avec d’autres entreprises du secteur portuaire, afin de créer une synergie et d’accroître l’impact. Les autorités locales voient d’un bon œil cette coopération qui s’inscrit dans la dynamique nationale de promotion du bien-être au travail.
En misant sur ses propres pairs éducateurs, AGL Congo montre qu’une entreprise peut devenir un maillon essentiel de la lutte contre le VIH. L’initiative, applaudie par les experts, illustre la convergence des efforts publics et privés pour placer la santé des citoyens au cœur du développement.
