Une marche juvénile sous une pluie battante
Dimanche 7 décembre 2025, plus de 3 000 jeunes Congolais ont répondu à l’appel du Brazzaville International Leadership Youth Forum, BILYF, pour une marche à la fois sportive et environnementale à travers la capitale.
Co-organisée par le coordinateur Précieux Massouemé et le directeur général de l’assainissement, Yvon Kaba, l’initiative voulait injecter « le sens et l’amour de l’assainissement » dans une jeunesse déjà sensible aux questions climatiques.
Les participants sont partis de la gare du CFCO avant de franchir avenues et ronds-points emblématiques, rappelant aux habitants que chaque quartier est concerné par la propreté et la santé.
Sous une pluie drue, les sourires restaient intacts ; l’eau soulignait la détermination commune : protéger l’environnement ne dépend pas du ciel bleu.
Avant le départ, à six heures, les bénévoles distribuaient ponchos et brassards numérotés sous le auvent de la gare ; un stand médical de la Croix-Rouge vérifiait la tension et l’hydratation de chaque marcheur pour éviter tout incident.
Un itinéraire symbole de cohésion urbaine
Les 5,3 kilomètres ont relié Poto-Poto, Moungali, le pont du Centenaire et le boulevard Alfred-Raoul avant une arrivée célébrée sur l’esplanade du stade Alphonse-Massamba-Débat.
Chaque tronçon racontait une page de la ville, mêlant quartiers populaires et zones administratives, preuve que la propreté reste une responsabilité commune des commerçants, élèves, fonctionnaires ou artisans.
« C’est une marche faite par les jeunes, pour les jeunes et avec les jeunes », a martelé Précieux Massouemé pendant que des lycéens criaient des slogans en lingala et en français.
Les forces de l’ordre encadraient le cortège, gérant la circulation sans effacer l’ambiance festive, illustration d’une belle coordination entre institutions et société civile.
Tout le long, les sapeurs-pompiers ouvraient la marche avec leur sirène feutrée, tandis que des percussionnistes improvisaient des rythmes, transformant les grandes artères de la capitale en rue de carnaval écologique.
Sport, santé et ramassage des déchets
À chaque pause, des animateurs lançaient des séries d’aérobic dynamiques, maintenant la chaleur corporelle et rappelant que l’activité physique soutient directement la santé publique.
Parallèlement, des équipes gantées remplissaient des sacs biodégradables de sachets, bouteilles et papiers collectés le long du trajet ; à l’arrivée, plusieurs conteneurs de plastique attendaient le tri.
« Voir 3 000 jeunes braver les éléments pour ramasser les ordures, c’est un message puissant », s’est réjoui Yvon Kaba, convaincu que le geste pèse autant qu’une campagne médiatique.
Des riverains, intrigués, demandaient où se procurer gants et sacs, preuve que l’opération agit comme un catalyseur de nouveaux engagements citoyens.
Les déchets collectés seront acheminés vers l’usine pilote de valorisation installée à Kintélé, où ils serviront à produire pavés plastiques et carburant alternatif, preuve qu’un simple ramassage peut nourrir une filière économique locale.
Une pédagogie de l’engagement citoyen
Créé en 2023, BILYF mise sur l’exemple : ramasser un déchet, c’est déjà exercer un leadership tangible, rappellent les bénévoles.
L’organisation s’appuie sur écoles, clubs sportifs et paroisses pour mobiliser rapidement, offrant à chaque volontaire un rôle précis, du ravitaillement en eau à l’animation musicale.
Dès l’aube, le mot-dièse #JeNettoieMaVille inondait les réseaux brazzavillois ; photos et vidéos en direct ont décuplé la portée de l’événement bien au-delà du parcours physique.
Entreprises locales et start-up vertes ont fourni T-shirts, gants et sacs, heureuses d’associer leur image aux objectifs nationaux de réduction des pollutions plastiques.
Les coachs de BILYF insistent aussi sur la formation à la prise de parole ; chaque session débute par un échange où les jeunes apprennent à expliquer, chiffres à l’appui, l’impact des déchets sur la santé et le budget municipal.
D’après un rapport interne, l’organisation aurait déjà touché plus de 12 000 élèves en deux ans, un chiffre appelé à croître avec l’appui des enseignants qui incluent désormais l’éducation environnementale dans leurs devoirs.
Pointe-Noire déjà dans le viseur
Sur le podium final, Précieux Massouemé a confirmé que Pointe-Noire accueillera la prochaine édition : « La cité océane possède la même énergie juvénile pour relever le défi ».
Les autorités départementales, déjà consultées, envisagent un appui logistique, convaincues qu’une telle marche renforce à la fois la cohésion et l’attractivité urbaine.
D’ici là, BILYF planifie ateliers de tri, concours sur la réduction des déchets et formations d’ambassadeurs environnementaux chargés de porter le message dans chaque quartier.
Les organisateurs espèrent attirer des partenaires industriels pour financer des stations de tri mobiles, capables d’accompagner la marche et d’offrir des ateliers pratiques directement sur les places publiques.
Un calendrier provisoire, déjà partagé sur les réseaux sociaux, prévoit une tournée dans les lycées de Pointe-Noire dès février 2026, avec démonstrations de recyclage, tournois de football propres et collecte de vieux manuels scolaires à recycler.
Un concert mêlant rappeurs locaux et fanfare scolaire a clos la matinée, rappelant que sport, culture et écologie peuvent parler d’une seule voix enthousiaste.
En redonnant aux rues leur éclat, la jeunesse brazzavilloise dessine une vision d’avenir où la capitale conjugue dynamisme économique et respect de la nature, une ambition placée au cœur des priorités nationales.
