Une rentrée sous le signe de la solidarité
Le mois d’octobre, synonyme de rentrée sur tout le territoire congolais, a vu la Fondation SNPC multiplier les actions dans le Kouilou. L’organisation, bras social de la Société nationale des pétroles du Congo, a placé l’année scolaire 2025 sous le signe d’une solidarité concrète et mesurable.
En axant sa nouvelle campagne sur l’éducation de base, la Fondation vise à réduire la fracture matérielle qui pèse encore sur les familles rurales. « Un cahier neuf change le regard qu’un enfant porte sur lui-même », souligne Juste Mbemba, chef de projet à la section éducation.
Une tournée de six jours dans le Kouilou
Pendant six jours, une délégation de logisticiens, éducateurs et bénévoles a sillonné pistes sableuses et routes nationales, de Mboubissi Tangoufouana à Hinda. Chaque étape a été préparée avec les autorités administratives afin de garantir sécurité, ponctualité et mobilisation des communautés autour des écoles concernées.
Les camions aux couleurs de la Fondation transportaient quelque vingt tonnes de matériel, réparties en lots identifiés pour 35 établissements primaires et secondaires. Grâce à une coordination fine, aucun sac, crayon ou rapporteur n’a été égaré malgré la densité du parcours.
9000 élèves, 35 écoles, un même sourire
Au total, 9 000 élèves ont reçu un kit complet : cahiers lignés ou petits formats, blocs-notes, stylos, crayons, gommes, matériel géométrique et sac résistant. Les directeurs mentionnent un taux de couverture inédit, près de cent pour cent des inscrits dans certaines classes charnières.
« Ces fournitures vont durer tout le trimestre, peut-être plus », se félicite Jeannette Ngueza, directrice de l’école de Tchissoko. Selon elle, la qualité du sac, doublé et cousu sur trois points, « évitera le sempiternel rapiéçage avant Noël ».
Témoignages d’enseignants et de parents
Les parents, souvent pêcheurs ou cultivateurs, rappellent que le prix moyen d’un ensemble de fournitures dépasse 8 000 francs CFA. « Ce don enlève un poids à nos ménages », confie Paul Ndinga, représentant d’association, avant d’applaudir « la constance du partenaire SNPC ».
Du côté des enseignants, l’initiative est saluée pour son effet sur la discipline. Lorsque chaque élève dispose du même compas, la tentation d’emprunter ou de se lever en classe disparaît. Les surveillants constatent déjà une baisse des retards enregistrés au lever du drapeau.
Lutte contre les inégalités scolaires
La démarche s’inscrit dans la politique nationale visant à atteindre l’éducation primaire universelle et équitable. En renforçant l’axe matériel, la Fondation complète les actions gouvernementales portant sur l’amélioration des infrastructures scolaires récemment réhabilitées dans la région, de Nyanga à Hinda Poste.
Le partenariat public-privé ainsi constitué illustre un modèle apprécié des organisations internationales. Pour la Banque mondiale, la mise à disposition de ressources non budgétaires optimise l’impact sur la qualité de l’apprentissage, notamment dans les zones à faible densité d’écoles secondaires.
Un engagement ancré dans la durée
Depuis sa création en 2007, la Fondation SNPC revendique plus de cent vingt actions éducatives, allant de la réhabilitation de bibliothèques à la mise en place de classes numériques. Elle affirme avoir directement touché 150 000 bénéficiaires, essentiellement dans les départements côtiers.
En 2023, l’organisation avait déjà équipé les écoles du district de Loango en panneaux solaires, facilitant les cours du soir. Ces précédents succès expliquent la confiance actuelle des communautés, qui voient dans le geste d’octobre la continuité d’un engagement éprouvé.
Perspectives pour 2025 et au-delà
Pour 2025, des ateliers de tutorat numérique, un concours de lecture bilingue et la création d’un fonds de micro-bourses sont annoncés. « Nous voulons accompagner l’enfant jusqu’à l’examen d’entrée au collège », affirme Prisca Bouya, responsable planification au sein de la Fondation.
Un dispositif de suivi statistique, réalisé avec la direction départementale de l’éducation, permettra d’évaluer l’impact du don sur les notes et le taux de présence. Les premiers indicateurs, attendus en janvier, guideront les prochains axes d’intervention sur le terrain.
Le Kouilou laboratoire de l’égalité des chances
Pour le Kouilou, ces six journées ont aussi eu valeur de symbole. Le département, riche en pétrole mais confronté à une dispersion de ses villages, démontre qu’un maillage patient peut faire tomber les barrières logistiques et rapprocher le centre de décision de l’élève isolé.
En refermant le dernier carton à Hinda, les équipes de la Fondation SNPC ont réaffirmé que « l’avenir énergétique du Congo passe aussi par l’intelligence de sa jeunesse ». Une formule qui résume l’esprit d’octobre : transformer la richesse nationale en réussite scolaire partagée.
Réactions institutionnelles
Présent à la cérémonie de lancement, le préfet du Kouilou, Alexandre Honoré Paka, a salué « une contribution qui complète l’effort de l’État et stimule la cohésion ». Il a rappelé que le Plan national de développement mise sur un partenariat élargi avec les entreprises citoyennes.
De son côté, la direction générale de la SNPC précise que la Fondation est entièrement financée par un prélèvement sur le chiffre d’affaires de la compagnie. « C’est notre manière de réinvestir la rente pétrolière au bénéfice des populations », note François Ossélé, secrétaire général.
Un dernier chant d’espoir
Les élèves, en rang pour recevoir leur kit, ont entonné l’hymne national avant d’exhiber leurs cahiers neufs, symbole d’une rentrée pleine d’espoir.
