Une initiative sportive porteuse d’unité
Du 12 au 22 décembre 2025, Brazzaville vit au tempo des dribbles et des tirs à sept mètres. Sous la bannière Dynamique Le Réveil du handball congolais, le général de brigade Serge Oboa orchestre un tournoi national masculin et féminin réservé aux seniors.
Prônant la fraternité et le vivre-ensemble, l’événement vient prolonger l’élan amorcé trois mois plus tôt à Madingou, où Serge Oboa avait soutenu le tournoi « J’aime la Bouenza ». À Brazzaville, il veut franchir un cap en réunissant clubs urbains et provinciaux.
Le projet bénéficie du soutien technique de la Fédération congolaise de handball et de partenaires institutionnels soucieux de promouvoir une discipline longtemps en manque de compétitions structurées. Pour le public, c’est l’occasion de voir évoluer l’élite et de découvrir de jeunes talents.
La coordination a été confiée au colonel Christelle Colombe Bouaka, appuyée par Avicenne Nzikou, président de la Ligue départementale de Brazzaville. Tous deux soulignent qu’au-delà des résultats, la priorité reste de renforcer la cohésion nationale à travers le sport.
Une mobilisation record de 43 équipes
Pas moins de 43 formations se sont engagées, issues de Brazzaville et de huit départements, sans oublier quatre équipes invitées de Kinshasa, deux chez les hommes et deux chez les dames. Une affluence inédite qui illustre l’ampleur de la relance entreprise.
La formule adoptée repose sur des poules géographiques, afin de limiter les coûts logistiques pour les clubs de l’intérieur et de garantir un temps de jeu équitable. Chaque équipe dispute au minimum trois rencontres avant les phases à élimination directe.
Les responsables techniques saluent l’implication des entraîneurs bénévoles, souvent issus du milieu scolaire ou militaire, qui assurent la préparation tactique dans des conditions parfois rudimentaires. « La passion compense le manque de moyens », confie le coach de Tsiaki, Barthélémy Nkouka.
Côté joueuses, plusieurs internationales reviennent fouler le parquet, attirées par la promesse d’une compétition régulière. La capitaine de DGSP, Mireille Mambouanga, estime que « ce tournoi rappelle aux jeunes filles que le handball peut ouvrir des portes, y compris vers l’emploi ».
Ouverture festive au rythme des fanfares
Le 12 décembre, un carnaval motorisé a traversé la capitale avant de converger vers le stade Michel-d’Ornano, futur épicentre du tournoi.
Dans les tribunes, la marraine du tournoi, la journaliste Aline France Etokabéka, a reçu une ovation nourrie. Engagée dans l’entrepreneuriat social avec le Forum Horizon Initiative et Créativité, elle incarne la passerelle entre sport, médias et initiatives citoyennes.
Flanquée du député Jean-Claude Ibovi et de Prince Michrist Kaba-Mboko, la marraine a symboliquement donné le coup d’envoi au gymnase Colonel Michel-d’Ornano. Les tambours de la fanfare d’Alino ont immédiatement enflammé l’ambiance, rappelant l’âme festive des compétitions africaines.
Le premier match, opposant chez les dames DGSP à Inter-Club, s’est conclu sur un net 23-8 en faveur des militaires. Pour les spectateurs, cette entrée en matière a confirmé la réputation de solidité défensive de la DGSP, véritable vitrine du handball national.
Trois sites pour un marathon de dix jours
Afin de répondre à l’afflux des équipes, les organisateurs ont réparti les rencontres sur trois enceintes : la plateforme de l’IPES de Makélékélé, celle de l’INJS et le gymnase Colonel Michel-d’Ornano. Ce dispositif favorise la proximité avec les quartiers populaires.
Chaque site a été doté d’un dispositif sanitaire et sécuritaire conforme aux recommandations fédérales. Des points d’hydratation, des équipes de secouristes et un contrôle continu de l’éclairage ont été prévus, signe de l’attention portée par la direction générale de la sécurité présidentielle.
Au-delà du sportif, les sites proposent des stands d’artisans, des animations culturelles et un espace emploi tenu par l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi. Le tournoi se veut ainsi plateforme d’opportunités pour la jeunesse brazzavilloise et celle des départements.
Un nouveau souffle pour le handball congolais
Pris par ses obligations, le général Oboa est venu saluer les joueurs dès le 14 décembre, encourageant chacun à « jouer pour le drapeau, mais surtout pour l’amitié ». Sa présence éclair a conforté les bénévoles dans leur sentiment de participer à un projet national.
Selon les premières estimations de la coordination, plus de 6 000 spectateurs ont déjà assisté aux différentes affiches, un chiffre supérieur aux moyennes observées lors des championnats précédents. L’enthousiasme populaire conforte l’idée d’wp-signup.php le tournoi dans la durée.
La finale du 22 décembre désignera les champions 2025, mais pour les acteurs du handball, l’essentiel est ailleurs : prouver que la République du Congo dispose du potentiel humain et matériel pour redevenir une place forte de ce sport sur le continent.
« Nous voulons que chaque enfant puisse trouver un club près de chez lui », résume la coordonnatrice Christelle Colombe Bouaka. Si l’objectif est atteint, le handball pourrait, à moyen terme, renforcer la diplomatie sportive congolaise et offrir d’autres occasions de fraternité régionale.
