Un documentaire célébrant l’audace jeunesse congolaise
Samedi 13 décembre 2025, le Mémorial Pierre Savorgnan, à Brazzaville, accueillait l’avant-première capitale de «Jeunes 242. Une génération, un combat». Pendant soixante minutes, la caméra de Dan Scott dévoile une jeunesse congolaise créative, résiliente et décidée à écrire son avenir.
Déjà projeté à Pointe-Noire, le documentaire suit de jeunes agriculteurs, menuisiers, chefs cuisiniers ou startuppeurs qui ont choisi de bâtir ici. Témoignages et plans de Pointe-Noire, Brazzaville, Dolisie, Paris, Dakar et Shanghai opposaient réussite locale et mirage d’un hypothétique eldorado.
Une avant-première sous haut patronage
La séance s’est tenue sous le haut patronage du Premier ministre Anatole Collinet Makosso, entouré d’Irène Marie Cécile Mboukou Kimbatsa, ministre des Affaires sociales, du ministre Émile Ouosso et de nombreux invités du monde économique, culturel et associatif ainsi que de plusieurs personnalités venues également de la diaspora.
Dans l’amphithéâtre comble, des applaudissements nourris ont ponctué chaque témoignage à l’écran. «La jeunesse incarne notre future croissance», a salué le chef du gouvernement, promettant de poursuivre l’accompagnement des initiatives citoyennes qui s’adressent, comme ce film, aux espoirs congolais.
Des parcours exemplaires d’agri à start-up
Sur la toile, le jeune agriculteur de Djiri exhibe fièrement ses serres de tomate hors-sol, tandis qu’une menuisière de Talangaï transforme le bois local en mobilier contemporain. Un pâtissier passé par Dakar révèle ses secrets de cacao de Loudima, devenu signature gourmande 100 % congolaise.
Tous racontent la même équation : formation, travail et réseaux. «Nous partons parfois chercher une compétence, jamais pour fuir», confie Stéphane, entrepreneur numérique revenu de Shanghai. Son application de gestion de stocks équipe déjà cinq marchés municipaux et illustre la rentabilité du retour au pays.
Katia Mounthault Tatu : «une force à accompagner»
À l’origine du projet, Katia Mounthault Tatu, présidente de la Fondation Horizon, porté depuis deux ans par une conviction simple : la jeunesse n’est pas un problème. «Notre rôle est d’ouvrir les portes et de rendre visibles les talents», explique-t-elle, souriante, lors du débat.
Pour la productrice, l’image a valeur de plaidoyer. Chaque plan contient, dit-elle, «un appel à l’action, pas à la compassion». Son équipe prévoit de diffuser gratuitement le film dans les maisons de jeunes, bibliothèques et émissions télé afin d’élargir l’audience au-delà des salles obscures.
Un outil pédagogique pour collèges et lycées
Le ministère de l’Éducation nationale s’est déjà montré intéressé par l’usage du documentaire comme support de sensibilisation. Des fiches pédagogiques sont en cours d’élaboration pour aider les enseignants à animer des séances sur l’auto-emploi, l’orientation et la citoyenneté économique.
Selon un conseiller technique, ces projections pourront démarrer dès le premier trimestre 2026 dans les collèges de Brazzaville et Pointe-Noire, avant d’atteindre progressivement les établissements ruraux. L’objectif est de «montrer des rôles modèles de proximité», loin des clichés de chômage et d’assistance.
Entre mobilité et enracinement : le message 242
Le film n’oppose pas radicalement départ et enracinement. Sa ligne narrative évoque plutôt une circulation des compétences, illustrée par ces jeunes partis se former à Dakar ou Paris, puis revenus implanter leurs savoir-faire. «Partir pour apprendre, revenir pour bâtir», résume la voix off.
Cette approche résonne avec les discours officiels encourageant la diaspora à investir dans le pays. Plusieurs incubateurs partenaires, tels DuCongoLab et BBS Start, envisagent d’utiliser «Jeunes 242» lors de leurs rencontres virtuelles avec des Congolais de l’étranger en quête d’occasions d’affaires locales.
Prochaines étapes et perspectives
Après Brazzaville, la Fondation Horizon prévoit une tournée provinciale qui passera par Dolisie, Owando, Oyo et Impfondo. Chaque projection sera couplée à un forum d’échanges entre étudiants, élus locaux et chambres consulaires pour identifier des besoins concrets de financement et de mentorat.
Dan Scott, satisfait de l’accueil, envisage déjà un second volet centré sur l’industrie culturelle. «Musique, mode, design, nos villes bouillonnent de talents», confie-t-il. Ce futur chapitre prolongera l’intention initiale : montrer des réussites ancrées dans la réalité congolaise et ouvertes au monde.
Entre images léchées et témoignages intimes, «Jeunes 242» refuse le ton misérabiliste. Au contraire, il célèbre la débrouillardise, l’inventivité et la solidarité comme ressorts d’une croissance inclusive. Cette optique rejoint les priorités gouvernementales de diversification économique et de valorisation du capital humain.
À l’issue de la projection, un jeune spectateur résumait l’esprit du film : «On peut réussir ici si on se serre les coudes». C’est précisément cet optimisme pragmatique que la production souhaite disséminer, afin que l’expression «Jeunes 242» devienne synonyme d’opportunité et de fierté.
Les organisateurs tablent aussi sur la puissance des réseaux sociaux pour amplifier la portée du message. Des capsules vidéo extraites du documentaire seront publiées sur TikTok, Instagram et Facebook, avec des appels à participer à des concours d’idées soutenus par des partenaires bancaires.
À moyen terme, la Fondation Horizon souhaite lancer un observatoire des initiatives de jeunes afin de documenter les réussites, cartographier les besoins et orienter les décideurs vers des mesures ciblées. Le film serait alors la première brique d’un écosystème d’information sur l’entrepreneuriat national.
