Un geste qui tombe à pic pour Pointe-Noire
Au dépôt municipal de Pointe-Noire, les moteurs ronronnent déjà. Le 12 décembre, la mairie a officiellement reçu des engins flambant neufs offerts par le gouvernement japonais. Chargeurs, compacteurs et niveleuses complètent désormais un parc longtemps jugé insuffisant.
Cette remise s’est déroulée en présence du ministre de l’Assainissement urbain, du Développement local et de l’Entretien routier, Juste Désiré Mondelé, et du chargé d’affaires ad interim de l’ambassade nippone, Maekawa Hidenobu, témoignant d’une coopération technique solide.
Estimé à près de 180 millions de yens, soit plus de 800 millions de francs CFA, ce don prend racine dans un échange de notes signé le 17 novembre 2022 à Brazzaville. Son objectif premier reste l’amélioration des services sociaux à travers des voiries meilleures.
Coopération Japon-Congo en action
La remise d’équipements illustre la ligne directrice de la TICAD, le sommet nippo-africain centré sur un développement partagé. Maekawa Hidenobu rappelle que le Japon soutient la République du Congo dans la promotion d’infrastructures aptes à dynamiser les échanges régionaux.
Lors de son déplacement à Tokyo en juin, le ministre Juste Désiré Mondelé avait visité les usines Komatsu et Sakai Industry afin de préciser les besoins locaux. Selon son entourage, ces contacts directs ont accéléré la fabrication et la livraison des machines.
« Nous voyons dans ce projet une composante stratégique pour le corridor Pointe-Noire-Libreville », commente un conseiller du ministère des Transports. En effet, la ville océanique constitue la porte d’entrée du Congo-Brazzaville, d’où l’importance d’accéder à des engins lourds adaptés au climat équatorial.
Le Japon finance également des sessions de formation pour les mécaniciens municipaux. Selon la mairie, quinze techniciens rejoindront bientôt l’Institut national de l’équipement à Yokohama pour apprendre la maintenance préventive, indispensable à la longévité de ces matériels coûteux.
Des engins taillés pour les défis routiers
Les chargeurs frontaux Komatsu WA380, capables de lever cinq tonnes, serviront à dégager les axes encombrés par les sables côtiers. Les niveleuses GD705, dotées d’un GPS embarqué, promettent un profilage plus précis des chaussées déformées par les pluies.
Le compacteur Sakai SW884 est, lui, particulièrement attendu pour les travaux d’enrobé. Son double tambour vibratoire assure une densité optimale, limitant les fissures précoces. Un opérateur peut couvrir jusqu’à quatre kilomètres par jour, un gain de temps appréciable.
Au-delà de la technologie, ces engins arrivent avec un lot de pièces de rechange suffisantes pour deux ans. « Nous voulons éviter les arrêts prolongés », explique le directeur du service technique municipal, soulignant que l’ancienne flotte souffrait d’un manque chronique de pneumatiques.
Le ministère envisage de centraliser la gestion des stocks. Un logiciel, encore en phase pilote, permettra de tracer chaque pièce en temps réel. Cette approche s’aligne sur la stratégie nationale de digitalisation des services publics engagée depuis plusieurs années.
Pointe-Noire vise des voiries exemplaires
La maire Evelyne Tchitchelle y voit une promesse de fluidité pour 1,2 million d’habitants. Elle rappelle que les trajets peuvent coûter 30 % de plus pendant les pluies faute de routes praticables.
Selon la Chambre de commerce, les entreprises locales perdent jusqu’à deux heures par jour dans les embouteillages. Les nouveaux engins devraient donc abaisser les délais de livraison, un atout pour la compétitivité des PME installées dans la zone portuaire.
Des routes bien compactées diminuent la consommation de carburant et donc les émissions de CO₂. Le ministère accompagnera les travaux d’une sensibilisation sur l’entretien des caniveaux.
Juste Désiré Mondelé rappelle que l’assainissement englobe la voirie, les eaux pluviales et les déchets. « Il nous faut une action intégrée », martèle-t-il. Il sollicite la participation citoyenne, notamment lors des fermetures temporaires d’artères pour les travaux de nuit.
Une dynamique à wp-signup.php dans la durée
Le gouvernement prévoit d’étendre l’opération aux capitales départementales en 2025. Des discussions avancent avec la Banque mondiale pour financer des engins dédiés aux nids-de-poule et aux revêtements drainants.
Un fonds d’entretien routier, alimenté par une fraction des taxes portuaires, est à l’étude afin de financer filtres, huiles et pneus sans dépendre uniquement des bailleurs.
Le doyen des conducteurs municipaux, Marcel Bemba, 62 ans, se souvient des pistes sableuses des années 1980. « On crevait tous les dix kilomètres, raconte-t-il. Aujourd’hui, je forme les jeunes sur des machines que je n’aurais jamais imaginées conduire ».
Cette transmission des savoirs s’inscrit dans la volonté municipale de pérenniser les acquis. Un centre d’excellence mécanique pourrait voir le jour près du lycée industriel de Mpita, afin de capitaliser les compétences et séduire davantage de jeunes vers les métiers techniques.
À court terme, les premières opérations de reprofilage sont programmées sur l’avenue Charles-de-Gaulle dès janvier. Les habitants guettent déjà les feux verts. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #VoiriePN explose, signe de l’enthousiasme autour de ce partenariat Japon-Congo.
