Un élan associatif renouvelé à Pointe-Noire
Plus de deux cents ressortissants de Kimongo et de Londelakayes se sont retrouvés, un dimanche matin, dans la salle des cérémonies de l’arrondissement Tié-Tié à Pointe-Noire. L’assemblée générale élective du Conseil national des ressortissants de Kimongo et Londelakayes (CNRKL) y battait son plein.
À la tribune, le Dr Julien Ignace Matété Mounoi, président national de la plateforme, a salué « l’esprit d’entraide qui fait la force de notre communauté ». Sa venue marquait l’étape ponténégrine d’une tournée destinée à revitaliser les structures de base partout dans le pays.
Une restructuration coordonnée au niveau national
L’initiative de restructuration découle d’un constat partagé : après plus de dix ans d’existence, certains bureaux locaux ne répondaient plus aux attentes d’une diaspora de plus en plus mobile. Le bureau national entend ainsi moderniser ses méthodes et accentuer la transparence interne.
« Nous voulons que chaque antenne locale devienne un véritable relais de projet », a détaillé Julien Ignace Matété Mounoi en marge des travaux. Selon lui, les contributions citoyennes « seront d’autant plus efficaces qu’elles s’inscriront dans le Plan national de développement 2022-2026 », élaboré par le gouvernement.
À Tié-Tié, la séance plénière a permis de revoir les statuts, d’harmoniser les quotas de représentation par âge et par genre, et d’introduire un mécanisme numérique de vote. Un code électoral simplifié garantit, selon les organisateurs, que « chaque voix ait la même valeur ».
Raymond Mboumba Mananga aux commandes
À l’issue du scrutin, Raymond Mboumba Mananga, ingénieur spécialisé dans les réseaux de transport de pétrole, a rassemblé 92 % des suffrages. Son élection au poste de président local a été suivie d’une brève cérémonie d’investiture, ponctuée d’applaudissements nourris.
Le nouveau responsable a promis de « mettre la jeunesse au cœur des programmes ». Il compte organiser, dès le premier trimestre, un forum sur l’employabilité des diplômés originaires du district, en partenariat avec la Chambre de commerce et l’université Marien-Ngouabi.
Raymond Mboumba Mananga assure également qu’il renforcera le dialogue avec la mairie de Pointe-Noire pour faciliter l’accès des membres aux guichets sociaux. Plusieurs conseillers municipaux présents dans la salle ont salué cette approche « constructive et pragmatique », dès les prochaines semaines.
Des chantiers prioritaires pour 2024
Le bureau entrant a dévoilé une feuille de route articulée autour de trois axes. D’abord, la création d’une mutuelle de santé afin de réduire les restes à charge lors des soins courants. Des négociations sont déjà avancées avec deux cliniques locales.
Le second axe vise la valorisation des cultures Kamba et Yombe par des ateliers de danse, un concours de contes et une tournée dans les écoles. « En transmettant nos traditions, nous renforçons le lien social », a expliqué la trésorière Élise Mavoungou.
Enfin, un programme baptisé « Retour aux sources » encouragera les jeunes nés à Pointe-Noire à passer des vacances citoyennes à Kimongo ou Londelakayes pour découvrir les plantations familiales et participer à des activités de reboisement soutenues par la direction départementale des forêts.
Cohésion intergénérationnelle et devoir de mémoire
Au-delà des projets, l’assemblée a observé une minute de silence en mémoire des anciens disparus. Les visages graves, les participants ont déposé une gerbe symbolique, rappelant que l’unité actuelle s’est bâtie sur l’engagement de figures pionnières parfois oubliées.
« Célébrer nos racines, c’est aussi défendre notre avenir », a insisté le docteur Matété Mounoi, avant d’inviter les jeunes à interroger leurs parents sur les récits fondateurs. Un carnet de mémoire sera édité pour recueillir témoignages, photos et chants patrimoniaux.
Kimongo et Londelakayes, territoires d’attachement
Kimongo et Londelakayes, situés dans le département du Niari, partagent un vécu frontalier avec l’Angola et le Cabinda. Cette position a longtemps favorisé les échanges commerciaux et culturels, mais elle a aussi poussé nombre d’habitants à émigrer vers les grands centres urbains.
Selon une estimation de la direction de la population, près de 12 000 ressortissants vivraient aujourd’hui à Pointe-Noire. Leur présence s’observe dans le transport urbain, la pêche, mais aussi les services pétroliers, secteurs où la main-d’œuvre qualifiée est très recherchée localement.
Pour beaucoup, le CNRKL représente un filet de sécurité. L’association délivre des attestations de prise en charge lors des enterrements, aide à la régularisation des dossiers administratifs et organise, chaque fin d’année, une foire solidaire de produits du Niari.
Un modèle de participation citoyenne
Les autorités municipales voient dans ce dynamisme un exemple de participation citoyenne. « Les organisations de ressortissants complètent utilement l’action publique », a indiqué la directrice adjointe de l’action sociale, Louisa Mbemba, rappelant la disposition du conseil départemental à accompagner toute initiative constructive.
Prochaine étape : l’ouverture d’un point-focal numérique destiné à recenser les compétences disponibles. Pour Raymond Mboumba Mananga, « nous avons les talents, il nous faut maintenant la bonne plateforme ». L’enthousiasme autour du CNRKL laisse augurer des projets durables au service du vivre-ensemble.
Avant de quitter la salle, les participants ont scanné un QR code affiché sur écran géant. Celui-ci renvoie vers une plateforme bêta où chaque adhérent pourra suivre l’avancement des projets, voter en ligne et proposer des idées, une première dans la vie associative locale.
