Brazzaville découvre le combat rapproché
Le 20 décembre, le gymnase du lycée de la Révolution a fait salle comble. Dans une ambiance électrique, Brazzaville accueillait la toute première compétition de combat rapproché de son histoire, placée sous la bannière de la Fédération internationale des Arts martiaux mixtes et soutenue par l’Association GlobUs.
Discipline hybride héritée des forces spéciales, le combat rapproché marie des techniques de judo, de sambo et de boxe. Longtemps cantonné aux dojos militaires, il séduit désormais un public civil à la recherche d’un sport complet, autant physique que mental, capable de canaliser énergie et esprit de décision.
Dans les gradins, Hugues, étudiant à Talangaï, confie rêver de rejoindre la prochaine édition. « Les règles sont claires et l’adrénaline incroyable. On apprend à se défendre sans chercher la violence », glisse-t-il, le regard encore rivé sur le tatami central où se succèdent les démonstrations spectaculaires.
Une coopération sportive Congo-Russie saluée
Symbole de la coopération bilatérale, l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de Russie, Ilyas Iskandarov, a présidé la cérémonie d’ouverture. Devant officiels et supporters, le diplomate a salué « l’amitié sincère et le partenariat solide » qui unissent Moscou et Brazzaville autour du développement de la jeunesse.
« Le combat rapproché n’est pas qu’un sport, c’est une école de caractère : responsabilité, maîtrise de soi, respect de l’adversaire », a-t-il détaillé, insistant sur l’importance de disposer d’outils pour se défendre, protéger ses proches et, au besoin, défendre la patrie.
Le ministre de l’Assainissement urbain, du Développement local et de l’Entretien routier, Juste Désiré Mondelé, a renchéri. Pour lui, éducation, formation professionnelle et sport bâtissent un même socle civique. « Discipline et éthique font la fierté des familles et du pays », a-t-il affirmé sous les applaudissements.
Plus de 90 athlètes sur le tatami
Sur le tatami, la diversité était de mise : plus de quatre-vingt-dix athlètes, hommes et femmes confondus, issus des neuf arrondissements de Brazzaville, se sont affrontés tout au long de la journée. Vingt catégories récompensaient puissance, technique ou endurance, offrant aux spectateurs un kaléidoscope de styles.
Les combats ont été arbitrés par un collège mixte : juges congolais et entraîneurs russes veillaient à l’impartialité, sous l’œil expérimenté de Sergueï Machuline, coach principal de l’équipe nationale russe. Chaque décision, expliquée au micro, nourrissait la pédagogie voulue par les organisateurs.
« Nous voyons des jeunes qui savent ce qu’ils veulent et façonnent leur avenir », a souligné Yulia Berg, fondatrice de GlobUs. La responsable a souhaité « bonne chance à tous », rappelant que l’association encourageait autant la pratique sportive que l’accès à la formation numérique.
Les vertus éducatives mises en avant
Au-delà de la performance physique, les autorités insistent sur les vertus éducatives. Le combat rapproché impose rigueur quotidienne, gestion du stress et respect absolu des règles, des qualités transposables dans la vie scolaire comme dans l’entrepreneuriat, secteurs clés pour l’émergence du pays.
Juste Désiré Mondelé a redit vouloir multiplier ce type d’initiatives dans les chefs-lieux départementaux. Selon lui, « chaque dojo ouvert, c’est une salle de classe supplémentaire pour l’apprentissage citoyen ». Il espère voir naître de futures ligues scolaires capables de nourrir la haute performance nationale.
GlobUs rappelle de son côté que la première école congolaise de combat rapproché, installée à Brazzaville avec le concours russe, « a ouvert ses portes en septembre 2025 ». Les premiers diplômés de l’École des médias, également créée par l’ONG, ont été distingués en marge du tournoi.
Un tremplin vers de futures passions
Sur les vingt lauréats, plusieurs devraient représenter la capitale lors d’un prochain championnat sous-régional évoqué par la fédération. Des contacts sont déjà noués avec Pointe-Noire et Oyo pour élargir le circuit et offrir plus d’opportunités de rencontres aux combattants débutants comme confirmés.
L’événement a également mobilisé vendeurs de boissons, taxis-motos et hébergeurs, preuve du potentiel économique de ces rendez-vous sportifs. « Chaque compétition attire des familles et des curieux, ce qui profite directement au petit commerce local », observe Béatrice Mbemba, présidente d’une coopérative de restauratrices.
Avec cette première édition couronnée de succès, Brazzaville confirme son ambition de devenir un pôle majeur des sports de contact en Afrique centrale. Entre diplomatie sportive, formation des jeunes et retombées économiques, le combat rapproché semble avoir trouvé un terrain fertile dans la capitale congolaise.
Selon la Fédération internationale des Arts martiaux mixtes, une session de formation pour arbitres nationaux est programmée au premier trimestre. L’objectif affiché : doter rapidement le Congo d’un vivier de techniciens aguerris, capables d’encadrer des tournois réguliers sans recourir systématiquement à l’expertise étrangère, déjà très sollicitée à chaque grande compétition.
La Fédération congolaise espère enfin wp-signup.php le combat rapproché aux prochains Jeux africains. Une délégation se rendra bientôt à Addis-Abeba pour présenter un dossier technique et médical, mettant en avant la sécurité des protocoles et la dimension inclusive d’un sport ouvert aux femmes comme aux personnes en situation de handicap.
