Une étape majeure pour la santé publique
Sous un soleil de mi-décembre, ruban tricolore coupé et applaudissements nourris ont marqué l’inauguration du nouveau siège du Programme national de lutte contre le VIH/SIDA, au cœur du quartier Plateau des Quinze-Ans, à Brazzaville.
Au-delà de son architecture sobre et fonctionnelle, le bâtiment symbolise surtout un engagement renouvelé de l’État congolais pour faire reculer l’épidémie, en s’appuyant sur des infrastructures robustes et une coordination renforcée des acteurs de terrain.
Un financement qui renforce la gouvernance sanitaire
Le chantier, financé à hauteur de 384 416 000 FCFA par le Fonds mondial, s’inscrit dans la politique gouvernementale de modernisation des structures sanitaires portée par le ministre de la Santé, le Pr Jean Rosaire Ibara, fidèle à la feuille de route présidentielle.
Pour le ministre, « investir dans la santé revient à investir durablement dans le développement », rappelant que la qualité des soins et la disponibilité des traitements demeurent au cœur des priorités publiques afin de répondre aux attentes légitimes des familles congolaises.
Un bâtiment pensé pour l’efficacité et la durabilité
Édifié sur 400 m², le siège offre 23 pièces, parmi lesquelles des bureaux lumineux, deux salles de réunion équipées et des espaces techniques destinés au stockage sécurisé des données épidémiologiques, indispensables pour décider rapidement des campagnes de sensibilisation ou de dépistage.
Une attention particulière a été portée à la performance énergétique : isolation renforcée, éclairage LED à faible consommation et climatisation optimisée réduisent la facture d’électricité, tout en assurant des conditions de travail confortables aux médecins, statisticiens et personnels administratifs.
Des chiffres encourageants sur le terrain
À l’échelle nationale, les résultats du PNLS confirment la pertinence de l’investissement : plus de 48 000 personnes, dont 3 000 enfants, bénéficient déjà d’une thérapie antirétrovirale, pendant que 172 000 citoyens profitent régulièrement d’actions de prévention adaptées à leur milieu.
Parallèlement, 143 744 femmes enceintes ont été dépistées afin de prévenir la transmission mère-enfant, démontrant la capacité des équipes à toucher les communautés même dans les zones rurales difficiles d’accès grâce aux caravanes sanitaires et aux réseaux associatifs.
Un partenariat multisectoriel soudé
La représentante résidente du PNUD, Adama-Dian Barry, salue un projet « exemplaire », né d’un dialogue constant entre gouvernement, bailleurs et société civile, preuve que la solidarité internationale reste un moteur puissant pour atteindre l’objectif d’éradication du VIH d’ici 2030.
Elle rappelle que vingt entrepôts de districts sont déjà réhabilités ou en construction pour rapprocher les médicaments des patients, réduire les ruptures de stock et améliorer la chaîne du froid indispensable aux antirétroviraux sensibles aux variations climatiques.
Vers l’objectif d’éradication à l’horizon 2030
Dans son allocution, la Dr Laure Cécile Roth Mapapa, coordinatrice nationale du PNLS, insiste sur « l’environnement de travail propice à l’innovation » qu’offre le nouveau siège ; un facteur, selon elle, décisif pour intensifier la recherche opérationnelle et le suivi des indicateurs.
Pour les experts, disposer d’une base de données centralisée, sécurisée sur serveurs locaux, facilitera l’élaboration de modèles prédictifs capables d’identifier rapidement toute résurgence de l’infection et d’orienter les campagnes vers les groupes les plus exposés.
Brazzaville, laboratoire de la riposte nationale
L’emplacement du siège, à deux pas du CHU de Brazzaville et des grands axes routiers, devrait également fluidifier les échanges entre cliniciens, associations de patients et décideurs, transformant la capitale en véritable hub de la riposte contre le virus.
« Cette proximité institutionnelle va réduire les délais de décision », explique le Dr Richard Mabiala, épidémiologiste, qui souligne que chaque jour gagné dans la gestion logistique se traduit par des vies sauvées et des transmissions évitées.
Des répercussions positives dans les départements
Dans les départements, l’effet multiplicateur est attendu : les nouveaux entrepôts dotés de panneaux solaires garantiront une conservation optimale des traitements, tandis que les antennes mobiles du PNLS assureront la distribution jusque dans les villages entourés de forêts ou de rivières capricieuses.
À Pointe-Noire, les équipes pilotes testent déjà une application de suivi des stocks sur tablette, financée par la Banque mondiale, qui envoie des alertes en temps réel aux pharmaciens départementaux et au siège pour ajuster leur répartition des lots.
Une dynamique à poursuivre
Si la construction est achevée en cinq mois seulement, c’est grâce à des entreprises locales dont le savoir-faire sera mobilisé sur d’autres chantiers hospitaliers inscrits dans le Plan national de développement sanitaire 2022-2026.
Les responsables se disent déterminés à consolider cette dynamique : audits réguliers, maintenance programmée et renforcement continu des compétences des 500 agents formés garantiront que le bâtiment reste, dans la durée, le centre névralgique d’une riposte nationale unifiée et performante.
Cap sur la prévention communautaire
Au cœur du dispositif, les associations de jeunes jouent un rôle moteur ; elles animent des ateliers dans les lycées, diffusent des vidéos courtes sur les réseaux sociaux et relaient le message des autorités : se faire dépister gratuitement est un acte citoyen, simple et confidentiel.
Le nouveau siège prévoit d’accueillir un studio multimédia afin de produire localement ces contenus pédagogiques, mais aussi d’organiser des formations pour influenceurs, journalistes et leaders religieux, conscients de leur capacité à changer les perceptions et à réduire la stigmatisation.
