Un meeting anniversaire très suivi
Samedi 20 décembre 2025, l’esplanade du lycée Pierre-Savorgnan-de-Brazza, à Bacongo, a vibré sous les applaudissements de plusieurs centaines de partisans venus célébrer le deuxième anniversaire de l’élection de Joseph Badiabio à la tête de l’Union des démocrates humanistes-Yuki, l’U.d.h-Yuki.
Accueilli debout dans un véhicule, au son d’un orchestre improvisé, le député de la deuxième circonscription de Makélékélé a pris la parole face à une foule bigarrée, composée de fédérations venues de plusieurs départements, de jeunes en tee-shirt au logo vert du parti et de curieux voisins.
Une candidature sous conditions
Porté par des slogans réclamant sa présence dans la course présidentielle de mars 2026, Joseph Badiabio a préféré temporiser. Il a martelé qu’il ne franchira le pas « que si les conditions permissives d’une élection libre, transparente et équitable sont réunies », rappelant son attachement au droit.
Les coordinations spécialisées, notamment les ailes jeunes et féminines, ont pourtant insisté sur la « nécessité historique » de voir leur leader porter leurs préoccupations à l’échelle nationale. Sur les banderoles, un message revenait en boucle : « Chef, tout est prêt, il ne manque que toi ».
Un diagnostic sévère mais mesuré
Devant ses sympathisants, le président de l’U.d.h-Yuki a dressé un tableau qu’il sait « préoccupant » : pénuries d’eau et d’électricité, difficultés du système de santé, retard salarial, cherté de la vie, chômage des jeunes. Un énumération destinée, selon lui, à « regarder la réalité en face ».
Il a également évoqué les fermetures d’entreprises publiques, la corruption et la récurrence des mouvements sociaux. « La dernière poche de résistance interne est tombée, a-t-il affirmé, nous pouvons désormais parler d’une seule voix et porter ce constat sans état d’âme mais sans excès ».
Tout en soulignant la gravité des difficultés, Joseph Badiabio a évité les attaques personnelles, préférant insister sur l’importance des institutions. Il a rappelé que l’U.d.h-Yuki reste membre de l’Opposition républicaine regroupée au sein de l’O.P.C., plateforme conduite par Pascal Tsaty-Mabiala à l’Assemblée nationale.
Le PPRC, feuille de route détaillée
Pour dessiner une sortie de crise, le député de Makélékélé s’appuie sur son Plan parfait pour la renaissance du Congo, PPRC. L’axe central tient à la sélection d’« hommes nouveaux », à une gouvernance par indicateurs de résultats et à une stricte valorisation des ressources naturelles nationales.
Le programme mentionne aussi transfert de technologies, diversification économique, numérisation du service public et relance par la consommation. Dans le domaine social, le texte promet la restauration du pouvoir d’achat, la réforme de l’éducation et la garantie des pensions, « parce qu’un peuple rassuré travaille mieux ».
Sur la question électorale, le PPRC insiste sur la bonne gouvernance des scrutins. Pour Joseph Badiabio, des institutions crédibles permettent d’attirer investissements et savoir-faire. « Notre ambition n’est pas de diviser, mais de rassembler autour d’exigences simples : la discipline et la rigueur », a-t-il résumé.
Présence de figures de l’opposition
Aux premiers rangs, plusieurs leaders reconnus de l’opposition étaient visibles : Chris Antoine Walembaud, Bonaventure Boudzika, Bonaventure Mizidy ou encore Clotaire Mboussa-Ellah. Leur présence a été saluée par des applaudissements nourris, traduisant une volonté apparente de resserrer les rangs à l’orée de 2026.
Pour autant, Joseph Badiabio n’a laissé percer aucune annonce définitive. Selon un proche conseiller, « le temps du choix appartient au président du parti et à lui seul ». La formule, relancée sur les réseaux sociaux, a contribué à entretenir le suspense et à prolonger la mobilisation.
Dialogue et esprit critique
S’adressant à ceux qui dénoncent déjà les insuffisances du système, le président de l’U.d.h-Yuki a déclaré : « Nous apprécions tous ceux qui élèvent la voix contre la gabegie et les détournements ». Une manière, pour lui, de s’aligner sur un appel plus général à la responsabilité.
Il a cependant relativisé la virulence de certains discours, estimant que l’esprit critique doit rester constructif. « L’opposition républicaine n’est forte que si elle propose », a-t-il glissé, invitant les cadres, dans les semaines à venir, à affiner collectivement le contenu du PPRC.
Cap sur la présidentielle de 2026
Le calendrier politique s’accélérera dès janvier, avec la convocation éventuelle du corps électoral. Pour nombre d’analystes, chaque parti cherche encore ses marques. En suspendant sa décision, Joseph Badiabio se donne le temps de jauger l’évolution du terrain et, peut-être, les dynamiques d’alliances possibles.
D’ores et déjà, ses partisans promettent de nouvelles réunions dans Brazzaville et Pointe-Noire. Toutes affirmeront le même mot d’ordre : vigilance. Jusqu’à la date limite de dépôt des candidatures, le suspense demeure, tandis que la scène politique congolaise affine ses stratégies dans un climat attentif.
Prochaines étapes internes à l’U.d.h-Yuki
La direction nationale du parti a annoncé la convocation d’un conseil politique avant fin février. L’ordre du jour doit porter sur la validation des investitures législatives, la finalisation du programme économique et la constitution d’un comité d’éthique chargé de veiller à la transparence des contributions financières.
Dans l’entourage de Joseph Badiabio, certains évoquent déjà une tournée dans les départements pour présenter le PPRC à la base. Rien n’est toutefois arrêté. « Nous ne voulons pas brûler les étapes », confie un coordinateur, soucieux de maintenir l’unité retrouvée après la période de dissidence.
