Une célébration de Noël sous le signe du partage
Le palais des congrès de Brazzaville a résonné d’éclats d’enfants le 25 décembre, lors de la traditionnelle opération de distribution de jouets orchestrée par l’épouse du chef de l’État, Antoinette Sassou N’Guesso, présidente de la Fondation Congo Assistance.
Près de quatre cents garçons et filles issus de diverses congrégations chrétiennes y ont reçu vélos, poupées, jeux de construction et kits alimentaires, sous le regard attendri d’autorités gouvernementales, administratives et religieuses venues partager ces moments de générosité.
Conçue comme un prolongement du culte œcuménique inspiré de Matthieu 19:14, la cérémonie a souligné la place centrale de l’enfance dans l’esprit de Noël et dans la politique sociale menée depuis plus de quarante ans par la première dame.
La mobilisation des institutions congolaises
Dès les premières heures de la matinée, chorales catholiques, protestantes et salutistes ont uni leurs voix pour appeler à la fraternité, rappelant que, selon le verset proclamé, « le royaume des cieux est pour ceux qui ressemblent aux enfants ».
Dans l’assistance, plusieurs membres du gouvernement ont salué l’initiative, appréciant « une mobilisation exemplaire qui montre que l’institution reste proche des préoccupations quotidiennes des familles », glisse un conseiller du ministère des Affaires sociales, ravi de voir la salle remplie d’écoliers enthousiastes.
Au premier rang, la conseillère du chef de l’État, Blandine Malila, a pris la parole pour rappeler que l’engagement humanitaire d’Antoinette Sassou N’Guesso « n’est pas un slogan, mais une responsabilité assumée », invitant chacun à soutenir « celles et ceux qui protègent nos enfants ».
L’action durable de la Fondation Congo Assistance
Créée en 1984, la Fondation Congo Assistance consacre chaque année une partie de ses ressources à l’enfance vulnérable, via la prise en charge médicale, la scolarisation et, en période de fêtes, la distribution de colis solidaires dans les villes et les départements.
Selon le service communication de l’organisation, plus de dix mille jouets auraient été offerts dans tout le pays depuis 2019, avec un accent particulier sur les quartiers périphériques où le pouvoir d’achat rend souvent l’achat de cadeaux difficile pour les parents.
Pour l’économiste social Guy-Serge Mabiala, « ces gestes complètent utilement les mécanismes publics de protection, notamment la gratuité de la scolarité primaire et les subventions accordées aux orphelinats », créant « un continuum d’attention » autour du jeune citoyen.
Des sourires d’enfants, baromètre social
Des rires fusent lorsque les premières bicyclettes sont dévoilées ; certains enfants tentent déjà d’en ajuster la selle, sous l’œil amusé des bénévoles. « Je pourrai aller à l’école plus vite », confie Grâce, onze ans, dont les obligations domestiques rallongent le trajet quotidien.
À côté, le petit Ariel serre fort une poupée parlante qu’il destine à sa sœur cadette restée au foyer familial. « Ce cadeau, c’est pour qu’elle arrête de pleurer quand je pars au catéchisme », explique-t-il, illustrant la chaîne de partage encouragée par l’évènement.
Les bénévoles, pour la plupart des étudiants des facultés de médecine et de droit, soulignent l’importance de ces instants. « Voir les sourires, c’est mesurer concrètement l’impact d’une politique sociale », remarque Clarisse, vingt-trois ans, qui multiplie les selfies avec les familles.
Cap sur de nouvelles solidarités en 2024
Au-delà de la magie de Noël, le rendez-vous brazzavillois annonce les priorités 2024 de la Fondation Congo Assistance, axées sur la lutte contre la malnutrition infantile, la réhabilitation des structures d’accueil et l’inclusion numérique au bénéfice des adolescents.
« Nous allons renforcer les partenariats avec les mairies et le secteur privé pour doter les écoles publiques de laboratoires informatiques simples », précise un coordinateur, convaincu que l’accès au numérique complète l’action solidaire amorcée par la distribution de jouets.
Le ministère de la Jeunesse, représenté à la cérémonie, envisage par ailleurs d’inscrire la journée du 25 décembre au calendrier officiel des volontaires, afin d’inciter les associations étudiantes à multiplier les collectes de jouets et d’ouvrages jeunesse auprès des entreprises locales.
En attendant, les tout-petits repartent du palais des congrès les bras chargés et le cœur léger, convaincus que Noël est aussi une histoire de solidarité. « J’apporterai des gâteaux à mes voisins », promet Joachim, six ans, inspiré par l’exemple de la première dame.
Entre convivialité, foi et sens du service public, la distribution de fin d’année rappelle qu’une nation se mesure à la manière dont elle traite ses plus jeunes membres, confirmant Brazzaville dans son rôle de capitale d’un Noël résolument tourné vers l’autre.
