Une présence congolaise remarquée
Sur les allées de la Porte de Versailles, banderole verte et rouge au vent, l’École Africaine de Développement a porté haut les couleurs du Congo. Seule institution du pays à avoir fait le déplacement, l’établissement privé a attiré un flux continu de visiteurs curieux durant les trois jours.
Le Salon européen de l’Éducation sert chaque année de boussole aux lycéens français engagés dans Parcoursup, mais aussi aux campus internationaux venus présenter leurs diplômes. Pour l’EAD, l’objectif était double : accroître sa visibilité et initier de nouvelles coopérations académiques avec des universités partenaires d’Europe et d’Afrique possibles.
Des partenariats en discussion
In interview, le directeur général Olivier Mabiala Mikanou rappelle qu’il dirige l’école depuis quatre ans, avec pour mission « de concilier standards nationaux et attentes internationales ». Il assure que l’agrément définitif obtenu en 2025 sécurise la délivrance des licences et masters aux étudiants sur tout le territoire.
Au salon, le responsable a échangé avec des doyens, des chargés de coopération et des organismes de mobilité. « Nous avons exploré des accords de double diplôme et des séminaires communs », confie-t-il, soulignant que plusieurs universités parisiennes se sont dites intéressées par des immersions à Brazzaville.
Une offre académique en expansion
Si l’EAD était la seule représentante congolaise cette année, d’autres écoles africaines, venues du Sénégal, du Nigeria ou de l’Afrique du Sud, complétaient la délégation continentale. Elles ont partagé expériences pédagogiques et défis communs, notamment l’adaptation des cursus aux mutations rapides de l’économie numérique et de la robotique.
Dans les couloirs du Parc des Expositions, l’obtention récente de l’agrément master a suscité de nombreuses questions des visiteurs. Le directeur souligne que cinq spécialités sont déjà prêtes : finance, logistique, management des projets, communication digitale et développement durable, chacune élaborée avec des professionnels du secteur reconnus localement.
Pour les nouveaux bacheliers, la rentrée s’est ouverte le 13 octobre 2025. Les troisièmes années ont suivi le 8 décembre. Le cycle des travailleurs démarrera le 13 janvier 2026, tandis que le master fera sa première rentrée le 26 janvier, calendrier qui rassure les familles en leur permettant d’anticiper les frais et l’organisation logistique.
Souplesse pour les professionnels
L’école mise aussi sur la formation continue. Les modules sont adaptés aux plannings serrés des cadres des secteurs publics ou privés. « Nous élaborons des séquences courtes, orientées solution, que les entreprises peuvent immédiatement appliquer », explique la responsable de la scolarité, évoquant un taux de satisfaction élevé actuellement.
Pour les salariés sans baccalauréat, une commission interne peut étudier les acquis professionnels et valider une inscription exceptionnelle. Cette flexibilité, validée par le ministère de tutelle, permet à des techniciens expérimentés d’accéder à un diplôme et de prétendre ensuite à une promotion interne bien méritée.
Des enseignants triés sur le volet
Derrière la vitrine, le recrutement des enseignants suit un processus strict. Dossier académique, entretien et simulation de cours sont passés au crible par les départements. « Nous privilégions des intervenants issus des universités publiques et du monde professionnel, pour croiser théorie et expérience », précise Olivier Mabiala Mikanou sans compromis qualitatifs.
Cette exigence porte ses fruits : les étudiants saluent la pédagogie interactive et la proximité des encadrants. Dans les amphithéâtres du quartier Plateau des Quinze-Ans, cours magistraux et ateliers pratiques alternent, tandis que les projets tuteurés font intervenir des entreprises partenaires en quête de talents locaux et internationaux.
Accompagnement social et financier
L’EAD a aussi ouvert une cellule d’écoute sociale. Les familles financièrement fragiles peuvent y déposer un dossier. Après étude, l’école propose étalement des frais ou bourses internes. « Nous collaborons avec des paroisses pour repérer des bacheliers méritants », souligne la chargée des relations communautaires dans tout le pays concerné.
Le contexte économique reste tendu, reconnaît la direction, qui mise sur des paiements échelonnés en trois ou six tranches. Parents et étudiants peuvent rencontrer la cellule de communication afin d’établir un échéancier personnalisé, évitant ainsi que la contrainte budgétaire n’interrompe une ambition académique promise par la formation.
Formation tournée vers l’emploi
Au-delà des salles de cours, le service de vie étudiante multiplie les partenariats pour les stages. En 2024, 87 % des inscrits ont effectué une immersion de trois mois, souvent prolongée par un contrat. Ces statistiques confortent la stratégie « formation plus insertion » défendue par l’école depuis sa création récente.
Parmi les entreprises hôtes, on retrouve des banques, des sociétés pétrolières, des start-ups technologiques et des ONG. Satisfaits des profils, plusieurs DRH envisagent des accords cadres. « Notre filière logistique correspond à nos besoins dans le corridor Pointe-Noire-Brazzaville », témoigne un recruteur du secteur transport et logistique portuaire.
Pour Olivier Mabiala Mikanou, la participation au salon parisien confirme que « l’avenir de l’enseignement supérieur africain passe par l’ouverture ». Il assure que les discussions entamées à Paris déboucheront sur des visites croisées d’enseignants, élargissant l’horizon des étudiants congolais sans quitter leur pays ni leurs repères culturels locaux.
À court terme, l’EAD prépare déjà sa prochaine présence aux Journées portes ouvertes nationales, véritable vitrine de l’enseignement congolais supérieur.
