Mpila se prépare au 6ᵉ congrès du PCT
Le quartier Mpila, dans le cinquième arrondissement de Brazzaville, s’est transformé en vaste ruche depuis plusieurs jours. Camions de matériel, bus bondés de militants et équipes techniques convergent vers les Jardins de Ben’tsi, vaste esplanade verdoyante choisie pour abriter le 6ᵉ congrès ordinaire du Parti congolais du travail.
Samedi 27 décembre, à l’aube, un tapis de drapeaux rouges et verts sera déroulé face à la tribune centrale, tandis que les responsables du protocole finaliseront l’accréditation des délégués, invités et délégations étrangères, attendus à partir de huit heures pour la cérémonie d’ouverture.
Une assemblée de 3 000 congressistes
Selon le porte-parole du parti, Parfait Romuald Iloki, trois mille congressistes composeront l’assemblée, soit à peine 0,3 pour cent du million d’adhérents revendiqué. Le chiffre, explique-t-il, répond à un équilibre entre représentativité territoriale, contraintes logistiques et exigence d’efficacité dans le déroulement des travaux.
Le contingent inclut mille trois cent quarante délégués des fédérations départementales et de la structure France-Europe, mille cent cinquante-huit membres de droit issus des organes centraux, ainsi que cinq cent deux personnalités invitées, parmi lesquelles des partenaires syndicaux, des chefs d’entreprises et des représentants de la société civile.
Une trentaine de délégations étrangères, principalement issues de partis membres de l’Internationale socialiste ou de formations africaines proches idéologiquement, ont confirmé leur présence. Le service de protocole prévoit pour elles des séances de travail bilatérales en marge des plénières afin de renforcer la coopération politique et technique.
Trois priorités clairement affichées
Les congressistes devront d’abord respecter la périodicité quinquennale prévue par les statuts et dresser un bilan sans concession de l’organisation interne. « Chaque structure fédérale exposera ses avancées et ses difficultés, afin de partager les meilleures pratiques », précise M. Iloki.
Deuxième dossier, et non des moindres : la désignation du candidat du PCT à l’élection présidentielle de mars 2026. Si les statuts autorisent tout membre répondant aux critères à se déclarer, la quasi-totalité des fédérations se dit favorable à une candidature unique afin d’éviter la dispersion des voix.
Enfin, le congrès doit réchauffer, selon le mot employé par le porte-parole, les instances dirigeantes. Le Comité central, le Secretariat permanent et les commissions spécialisées seront partiellement renouvelés pour tenir compte du rajeunissement des militants et de la présence croissante des femmes dans les structures locales.
Cap sur les scrutins de 2026
Le calendrier électoral s’annonce serré : l’élection présidentielle est fixée à mars 2026, suivie des élections locales. Les responsables du parti veulent profiter du congrès pour harmoniser discours, argumentaires et méthodes de campagne, afin de consolider la majorité obtenue lors des législatives de 2022.
« Nous aborderons 2026 avec ambition et sérénité », assure Parfait Romuald Iloki. Il rappelle que le PCT détient 112 sièges sur 151 à l’Assemblée nationale, 59 sur 72 au Sénat et 652 postes dans les conseils locaux, un socle jugé solide pour poursuivre les réformes.
Un parti membre de l’Internationale socialiste
Admis au sein de l’Internationale socialiste au cours du quinquennat écoulé, le PCT entend mettre en avant cette nouvelle appartenance. Des ateliers consacrés à la social-démocratie et aux partenariats africains figurent à l’ordre du jour, avec la participation d’experts venus du Sénégal, du Portugal et de la France.
Pour le chercheur en sciences politiques Arsène Obambi, cette adhésion renforce la visibilité internationale du parti et peut faciliter des échanges en matière de gouvernance inclusive. « Les formations d’inspiration socialiste partagent un socle de valeurs ; cela crée des ponts pour des projets concrets », analyse-t-il.
Logistique, sécurité et discipline
Trois postes de contrôle filtreront l’accès aux Jardins de Ben’tsi ; sacs et véhicules seront inspectés par la gendarmerie. À l’intérieur, deux tentes médicalisées permettront de gérer les urgences mineures, tandis que la Croix-Rouge supervisera la distribution d’eau potable et le respect des gestes barrières.
Le comité d’organisation a également prévu un dispositif numérique de suivi des débats. Chaque délégué disposera d’une tablette dotée d’une application interne pour consulter les rapports, déposer des amendements et voter. Le réseau Wi-Fi sécurisé a été mis en place par l’Agence nationale des infrastructures numériques.
La voix des militants de base
Pour Monique Mabiala, secrétaire de section à Dolisie, le congrès est l’occasion de faire entendre les préoccupations quotidiennes des militants. « Nous parlerons pouvoir d’achat, routes rurales et accès à l’eau. La vitalité du parti repose sur sa capacité à dialoguer avec chaque village », insiste-t-elle.
Des ateliers thématiques aborderont donc le suivi des engagements du Plan national de développement et les mécanismes de participation citoyenne. Les conclusions seront synthétisées dans une résolution finale qui orientera l’action du secrétariat permanent jusqu’au prochain congrès attendu en 2030.
Une feuille de route bouclée en quatre jours
Le programme prévoit trois séances plénières, des réunions de commissions en soirée et un vote solennel mardi 30 décembre en fin d’après-midi. À l’issue, la nouvelle équipe dirigeante saluera les participants avant de lancer un appel à l’unité et à la discipline pour la campagne de 2026.
