Un réveillon d’armes placé sous le signe de la vigilance
Dans la cour d’honneur du camp Clairon à Brazzaville, le chef de l’État a présidé samedi soir le traditionnel réveillon d’armes. Lampions allumés, clairons vibrants : le moment solennel a servi de tribune à Denis Sassou Nguesso pour tracer la route sécuritaire de l’année 2025 devant plusieurs membres du gouvernement réunis.
Son adresse, ferme mais rassemblante, a d’abord salué « l’engagement constant » des forces de défense et de sécurité. Le président a insisté sur la nécessité d’une vigilance permanente : selon lui, la paix chèrement acquise doit être défendue « quartier par quartier, village par village », sans jamais baisser la garde collective.
Lutte contre le grand banditisme : bilan et perspectives
Le chef suprême des armées a rappelé les opérations menées depuis un an contre le grand banditisme urbain. Brazzaville, Pointe-Noire et plusieurs chefs-lieux départementaux ont vu reculer braquages nocturnes et vols à main armée, grâce à des patrouilles mixtes police-gendarmerie déployées de façon plus mobile et efficace encore.
« Nous ne permettrons plus jamais que des éléments hors-la-loi ressurgissent », a martelé Denis Sassou Nguesso, estimant que la rue appartient désormais aux familles, commerçants et étudiants. Les témoignages reçus, a-t-il indiqué, prouvent que les habitants peuvent de nouveau circuler de jour comme de nuit en toute sécurité et confiance retrouvée.
Des vendeuses de marché à Tié-Tié jusqu’aux animateurs de radios locales, beaucoup disent avoir gagné des heures d’activité, donc de revenus. « Nous fermons désormais après le dernier client, pas à cause des balles », confie Mireille, maraîchère, soulignant l’impact social direct de la stratégie sécuritaire mise en œuvre publique.
Renforcer les unités de combat en 2025-2026
Pour maintenir cette courbe positive, le président a annoncé le renforcement de plusieurs unités de combat. Les recrutements validés en 2024 seront affectés dès janvier, tandis qu’une unité de génie-travaux, déjà expérimentée lors des récentes inondations, recevra des moyens mécaniques supplémentaires pour intervenir plus vite et efficacement partout.
Le général Guy Blanchard Okoï, chef d’état-major, a souligné la résilience de ses troupes dans un contexte budgétaire serré. « Nous avons tenu la ligne grâce à la discipline et à l’engagement communautaire », a-t-il affirmé, assurant que chaque franc investi sera orienté vers l’efficience opérationnelle pour le bien du peuple congolais.
Les nouvelles orientations incluent aussi la modernisation des transmissions et la création d’équipes dronisées de surveillance. Objectif : détecter plus tôt les déplacements suspects dans les zones forestières et fluviales, puis guider sur le terrain des forces capables d’intervenir en une trentaine de minutes, y compris de nuit partout.
Présidentielle 2026 : garantir la quiétude nationale
À l’horizon, la présidentielle de 2026 concentre déjà l’attention. Denis Sassou Nguesso a enjoint la force publique de garantir un climat pacifique, propice à « un scrutin transparent, serein et unitaire ». Le gouvernement apportera le soutien logistique nécessaire pour sécuriser bureaux de vote, axes routiers et centres de dépouillement sur place.
Dans la foulée, des simulations d’incidents électoraux seront menées au premier semestre pour tester la réactivité des forces mixtes. Ces exercices, inspirés des standards régionaux, viseront à prévenir les désordres avant qu’ils n’éclatent, mais aussi à rassurer les observateurs internationaux et les organisations de la société civile congolaise.
L’agriculture, baromètre de la confiance retrouvée
En marge des questions sécuritaires, le président a salué l’élan agricole observé dans les Plateaux, le Niari et la Cuvette. Des milliers de paysans se mobilisent pour accroître la production de manioc, maïs et riz, appuyés par des programmes d’irrigation et de formation aux bonnes pratiques culturales modernes.
Pour Denis Sassou Nguesso, cette vitalité rurale est un signal encourageant : « La sécurité nourrit la production, la production nourrit la nation ». En garantissant routes praticables et marchés sûrs, la force publique contribuera à fluidifier les échanges, limitant également la spéculation sur les denrées de base dans tout le pays entier.
La relance agricole pourrait servir de baromètre pour 2025 et 2026. Les prévisions du ministère en charge du secteur tablent sur une hausse de 15 % des rendements, si la pluviométrie reste clémente et si les intrants arrivent à temps grâce à l’escorte routière des convois stratégiques très attendue.
Coopération sécuritaire : des alliances actives
Le président a par ailleurs remercié les partenaires étrangers disposant d’attachés défense à Brazzaville. Il a souhaité prolonger les sessions conjointes de formation, notamment en lutte anti-drones et en démantèlement d’engins explosifs improvisés, domaines où l’expertise alliée accélère la montée en compétence nationale de façon durable et solidaire.
Des officiers congolais seront ainsi envoyés dès mars dans des académies régionales pour perfectionner commandement, médecine tactique et cyberdéfense. En retour, le pays accueillera un exercice multinational de coopération fluviale sur le fleuve Congo, afin de mutualiser la surveillance des frontières et des couloirs commerciaux vitaux au commerce.
En clôture du réveillon, la fanfare a entonné l’hymne national tandis que des salves d’honneur fusaient. Le chef de l’État a serré des mains, rappelant que « la paix n’est jamais un acquis définitif ». Une nouvelle année s’ouvre, placée sous le signe d’un engagement partagé par tous les Congolais.
