Le Conseil des ministres entérine les statuts
Réunis au Palais du Peuple, les membres du Conseil des ministres ont donné, cette semaine, leur feu vert aux statuts des hôpitaux généraux de Ouesso et de Sibiti, deux établissements inaugurés en novembre 2025 pour rapprocher les soins spécialisés des populations du Nord et du Sud.
Le ministre de la Santé et de la Population, Jean Rosaire Ibara, a détaillé devant ses pairs les missions, l’organisation interne et les modalités de gestion prévues par les décrets, soulignant que « la clarté réglementaire conditionne l’efficacité médicale et la transparence budgétaire ».
Après un échange jugé constructif, le Conseil a adopté les textes sans amendement majeur, saluant une étape supplémentaire dans la mise en œuvre du Plan national de développement sanitaire 2022-2026, axé sur l’équité géographique de l’offre de soins.
Des structures de référence pour l’intérieur du pays
Ouesso, capitale de la Sangha, et Sibiti, cœur du département de la Lékoumou, disposent désormais chacun d’un hôpital général de 150 lits, équipé d’unités de chirurgie, de réanimation et d’imagerie moderne, conçues pour traiter les urgences complexes autrefois transférées à Brazzaville.
Selon un rapport présenté en séance, les deux plateaux techniques ont déjà assuré plus de 2 000 consultations spécialisées depuis leur ouverture, réduisant de 35 % les évacuations sanitaires vers la capitale et allégeant la charge du Centre hospitalier universitaire de Brazzaville.
Organisation et missions détaillées
Les statuts précisent que chaque hôpital est dirigé par un Conseil d’administration présidé par un représentant du ministère, assisté d’un directeur général, d’un directeur médical et d’un agent comptable, afin d’assurer le pilotage clinique, logistique et financier de façon concertée.
Parmi les missions prioritaires figurent la prise en charge des pathologies infectieuses, la chirurgie traumatologique liée aux accidents routiers, l’oncologie et la télémédecine, outil appelé à « briser l’isolement de l’arrière-pays », selon le Dr Mouyabi, chef de service à Sibiti.
Autonomie financière sous tutelle
Dotés de la personnalité morale et d’une autonomie financière, les hôpitaux pourront contractualiser directement avec la Caisse nationale d’assurance maladie et les partenaires techniques, tout en rendant compte trimestriellement au ministère des dépenses engagées et des recettes issues des prestations et subventions.
Pour garantir l’accès des ménages modestes, un fonds d’indigence alimenté par l’État et les collectivités locales couvrira une partie des frais pour les patients vulnérables, mécanisme qui sera évalué chaque année par l’Inspection générale de la santé, indique la note de présentation.
Réactions du terrain
À Ouesso, Maman Joséphine, vendeuse de manioc rencontrée à la sortie de la maternité flambant neuve, confie que les femmes n’ont « plus à parcourir 600 kilomètres pour une césarienne », et que cela représente « un soulagement immense ».
Du côté du personnel soignant, l’infirmier principal Blaise Nganga apprécie l’arrivée d’un scanner de dernière génération, mais appelle à « renforcer la dotation en consommables » pour que l’équipement, flamboyant, « ne devienne pas seulement décoratif après quelques mois ».
L’ONG locale Santé-Plus estime, dans une note transmise au journal, que la formalisation des statuts « sécurise les carrières » et pourrait attirer de nouveaux spécialistes congolais formés à l’étranger, à condition que les grilles salariales prévues soient effectivement appliquées.
Une nomination stratégique à Djiri
Le Conseil a également nommé le professeur de neurochirurgie Ekouele Mbaki Hugues Brueux directeur général de l’hôpital général de Djiri, nouvelle structure de la périphérie nord de Brazzaville, destinée à décongestionner les services d’urgences du CHU central.
Réputé pour ses travaux sur les traumatismes crâniens, le praticien a promis de « bâtir des passerelles entre recherche académique et soin quotidien », rappelant que Djiri servira aussi de site pilote pour l’informatisation complète du dossier médical voulu par le ministère.
Formation et retombées économiques
Les statuts créent également un Institut de formation attaché à chaque hôpital pour accueillir des internes de médecine, des sages-femmes et des kinésithérapeutes. D’après la Direction des ressources humaines, près de 400 emplois directs devraient être consolidés ou créés sur les deux sites.
Le maire de Sibiti, Germain Ndalla, se félicite de l’impact attendu sur l’économie locale : « Les maraîchers livreront la cantine, les artisans réaliseront la maintenance ; l’hôpital sera un poumon pour nos petites entreprises », a-t-il déclaré après la séance gouvernementale.
Perspectives pour le réseau hospitalier national
Avec ces décisions, le réseau hospitalier public compte désormais cinq hôpitaux généraux aux statuts harmonisés, étape jugée indispensable avant la mise en place, prévue en 2027, d’un système de référencement national rétroéclairé par la télésurveillance des lits disponibles.
Le ministre Jean Rosaire Ibara a conclu, devant la presse, que « la santé n’est pas seulement un coût, c’est un investissement social », ajoutant que de nouveaux partenariats public-privé sont en discussion pour doter Impfondo et Madingou d’infrastructures similaires d’ici trois ans.
À court terme, un comité de suivi associera élus, usagers et société civile pour apprécier l’application des nouveaux statuts. Ses conclusions, attendues dans six mois, nourriront le projet de loi d’orientation hospitalière que prépare déjà la Commission santé de l’Assemblée.
