Brazzaville: un appui italien structurant pour la santé
Dans le cadre du plan Mattei, mis en place par l’Italie pour soutenir certains pays africains, Rome et Brazzaville ont conclu un accord pour appuyer le secteur de la santé. Le montant annoncé atteint 236 millions d’euros, sur une période de cinq ans.
Dans ce contexte, l’hôpital de Makélékélé, présenté comme le plus grand de la zone sud de Brazzaville, vient d’être doté d’un centre de réanimation. Des autorités italiennes sont venues le visiter vendredi 9 janvier 2026, en présence du ministre congolais de la Coopération internationale, Denis Christel Sassou-Nguesso.
Pour les équipes de l’établissement, cette arrivée d’équipements spécialisés marque un tournant attendu. Elle vient aussi illustrer, sur le terrain, une coopération bilatérale qui se traduit par des investissements concrets dans les infrastructures de soins.
Visite officielle: de Blanche Gomes à Makélékélé
Aussitôt arrivée dans la capitale congolaise, la délégation italienne, conduite par le ministre de la Santé Orazio Schillaci, a effectué une première étape à l’hôpital Blanche Gomes. Cet établissement a lui aussi bénéficié de l’aide italienne, selon les informations communiquées.
Après cette première visite, la délégation s’est rendue à l’hôpital de Makélékélé. Sur place, les visiteurs ont pris le temps de parcourir les installations et d’échanger avec les responsables hospitaliers, dans une séquence marquée par l’accent mis sur les équipements et l’organisation des soins.
La présence des autorités congolaises, notamment du ministre Denis Christel Sassou-Nguesso, a donné à la visite une dimension institutionnelle. Les échanges ont souligné la volonté d’accompagner la modernisation du plateau technique, en particulier dans les services les plus sensibles.
Centre de réanimation à Makélékélé: matériels et capacités
L’hôpital de Makélékélé est désormais doté d’un centre de réanimation. Son directeur, Regis Karym Ntsila, en a décrit les composantes et l’objectif lors de la visite officielle, en insistant sur l’apport de la coopération italienne.
« Donc, aujourd’hui, grâce à la coopération italienne, cette unité a été mis en place, notamment par l’équipement du matériel que vous avez vu : il y a des lits, des respirateurs, des moniteurs. Donc, tout ce qu’il faut pour faire de la réanimation. Mais, à un certain niveau, parce que nous sommes un hôpital de référence », a-t-il expliqué.
Pour un hôpital de référence, la réanimation est souvent considérée comme un maillon essentiel de la chaîne de soins. L’existence de cette unité permet d’envisager une prise en charge plus complète des situations critiques, en mobilisant sur place les équipements indispensables.
Un projet attendu depuis des années par l’hôpital
Selon le directeur, l’installation d’une unité de réanimation répond à une attente ancienne. Les responsables de l’établissement décrivent un projet longtemps espéré, dont la mise en œuvre marque une étape importante pour les soignants et pour les patients de la zone sud.
« C’est l’aboutissement d’un projet qui a trainé depuis des années, rappelle Regis Karym Ntsila. Aujourd’hui, on a mis en œuvre ce projet. Nous sommes très contents et nous remercions l’ensemble du gouvernement [congolais] et les partenaires italiens, pour avoir permis que Makélékélé ait aujourd’hui une unité de réanimation », a-t-il ajouté.
Dans les couloirs, la satisfaction est liée autant à l’équipement qu’au symbole: celui d’un service qui manquait dans un hôpital présenté comme un point d’appui majeur pour une partie importante de la population de Brazzaville. Cette perception renforce l’idée d’un progrès attendu.
Sud de Brazzaville: des transferts vers le CHU moins systématiques
Jusque-là, les malades nécessitant une réanimation dans tout le sud de la capitale congolaise étaient orientés vers le CHU, principalement, situé à quelques kilomètres. La création de cette unité à Makélékélé vient donc répondre à une contrainte d’organisation des soins.
Dans la pratique, cela pourrait permettre d’éviter certains transferts et de gagner du temps dans les cas les plus urgents, en offrant une capacité de prise en charge plus proche. Sur le plan hospitalier, l’enjeu est aussi de mieux répartir la pression entre établissements.
La visite du 9 janvier 2026 a, en tout cas, mis en lumière une réalisation tangible issue d’un partenariat annoncé comme important. Pour les familles, la perspective d’une réanimation dans le sud de Brazzaville est perçue comme un service de proximité, attendu de longue date.
