Mindouli, un appel à la retenue après des événements graves
Dans un communiqué officiel manuscrit daté du 13 janvier 2026, le Dr Gozardio, de son vrai nom Sylvain Richard Bintsamou, s’adresse à l’opinion nationale depuis Mihété, un village du district de Kindamba, dans le département du Pool.
Présenté comme second-chef de la hiérarchie des ex-combattants du Pool, et frère cadet du pasteur Ntumi (Frédéric Bintsamou), il appelle à la retenue après des faits qualifiés de « graves » survenus à Mindouli le 11 janvier.
Le texte insiste sur un message central: éviter l’escalade. Le Dr Gozardio « condamne fermement toute incitation à la violence, toute indiscipline et toute dérive verbale d’où qu’elles proviennent », en demandant que chacun mesure ses paroles et ses actes.
Ce que dit la hiérarchie sur l’affrontement du 11 janvier
Dans son document, la hiérarchie des ex-combattants indique que l’incident du 11 janvier à Mindouli a impliqué des éléments de la D.G.S.P. et des ex-combattants. Elle affirme que ces événements ont « malheureusement entraîné des pertes de vies humaines ».
La hiérarchie exprime sa « profonde consternation » et évoque, parmi les faits à l’origine de l’incident, la destruction d’une moto appartenant à la communauté des ex-combattants, devant la résidence du « partenaire de paix ».
Mais le communiqué marque une ligne nette: « ces actes ne sauraient en aucun cas justifier le recours à la violence ». La perte de vies humaines est qualifiée d’« inacceptable », avec l’idée qu’aucun incident matériel ne doit conduire à des drames.
Le texte prend aussi en compte la dimension émotionnelle qui suit ce type de situation. Il estime que la multiplication de « propos incendiaires », de menaces et la diffusion d’images susceptibles d’attiser les tensions aggravent le climat sur le terrain.
Discours en ligne, images, menaces: la crainte d’une escalade
Le Dr Gozardio met l’accent sur le rôle des paroles et des contenus diffusés. Il avertit que des images et des messages peuvent nourrir une dynamique dangereuse, surtout dans un contexte déjà sensible pour la paix locale.
Selon lui, ces « comportements » représentent « un danger réel pour la paix et la stabilité de Mindouli, du Pool et, au-delà, pour la sécurité nationale ». Cette formulation élargit l’enjeu: au-delà d’un incident local, l’objectif est de préserver une stabilité plus large.
Dans son message, l’idée de retenue va de pair avec un rappel d’autorité. Il demande le respect strict des orientations de la hiérarchie, afin d’éviter des initiatives isolées qui pourraient provoquer des réactions en chaîne.
À travers cette prise de position, le second-chef cherche aussi à réduire les risques de surenchère. Le communiqué vise à couper court à l’emballement verbal, en prônant la responsabilité individuelle et collective dans la manière de s’exprimer.
Discipline annoncée et soutien au dialogue avec les autorités
En sa qualité de second-chef, le Dr Gozardio annonce une réponse interne en cas de manquements. Il rappelle que des « sanctions disciplinaires sévères seront appliquées à tout contrevenant, sans exception », pour décourager toute indiscipline.
Le communiqué salue également « les initiatives de dialogue et d’apurement engagées par les autorités politiques des deux parties ». La formulation renvoie à un processus de recherche de solutions, dans un cadre institutionnel et concerté.
Le texte réaffirme le soutien de la hiérarchie à la CAMP, la Commission ad hoc, mixte, paritaire. Cette structure est présentée comme un outil de travail pour poursuivre « sereinement » sa mission et appliquer les recommandations issues de ses travaux.
En filigrane, le message est clair: la sortie de crise passe par des canaux de discussion, plutôt que par des réactions à chaud. La hiérarchie se positionne en appui d’un règlement par le dialogue, au nom des engagements pris.
Un message en lari dans une vidéo, pour parler directement aux ex-combattants
Après la diffusion du communiqué, une vidéo a circulé dans laquelle le Dr Gozardio s’adresse aux ex-combattants en lari. Il y met en garde contre tout comportement d’indiscipline, dans un ton de rappel à l’ordre.
Le choix du lari vise un public précis et une compréhension immédiate, au-delà du texte écrit. Dans ce type de contexte, la parole directe permet souvent d’appuyer la consigne de calme et de limiter les interprétations.
La hiérarchie réaffirme son « attachement à la paix, à la discipline et au respect des engagements pris ». Elle appelle « l’ensemble des acteurs à la retenue, à la responsabilité » et au respect des orientations internes.
Le communiqué se termine sur une formule lourde de sens dans ce contexte: « Aucun prétexte ne doit être donné aux ennemis de la paix ». Une manière de rappeler que l’intérêt collectif, à Mindouli et dans le Pool, reste la stabilité.
