Auteur/autrice : Ange Mokoko
Un demi-siècle de dialogue diplomatique Il se dégage, dans les salons lambrissés du ministère congolais des Affaires étrangères, un parfum de constance : depuis l’aube des indépendances, Le Caire et Brazzaville ont choisi de converser plutôt que de s’ignorer. Le 18 juillet, l’ambassadrice d’Égypte, Imane Yakout, a rappelé que cette amitié institutionnelle avait pris racine « dans l’enthousiasme des années 60 et la quête d’affirmation souveraine ». En présence de Jean Claude Gakosso, elle a salué « la capacité des deux capitales à harmoniser leurs agendas, au gré des mutations régionales ». L’évocation de la révolution du 23 juillet 1952…
Une commémoration chargée de symboles diplomatiques Au soir du 18 juillet, les colonnes de marbre du siège de la chancellerie égyptienne à Brazzaville se sont illuminées aux couleurs du Nil pour célébrer le 73ᵉ anniversaire de la Révolution du 23 juillet 1952. Face à un parterre de décideurs congolais, dont le ministre des Affaires étrangères Jean-Claude Gakosso, l’ambassadrice Imane Yakout a rappelé « l’arc historique » qui relie Le Caire et Brazzaville depuis les premières heures de l’indépendance congolaise. L’atmosphère, ponctuée de références à la souveraineté et à la justice sociale, a résonné comme une mise en abyme des aspirations…
Aux sources d’un malentendu nominal Le simple énoncé « les deux Congo » suffit à intriguer quiconque observe la carte d’Afrique centrale. Brazzaville et Kinshasa, capitales les plus rapprochées au monde, ne sont séparées que par la largeur majestueuse du fleuve Congo. Pourtant, chacune dirige un État souverain qui revendique le même hydronyme millénaire. « Nous devons au XIXᵉ siècle européen cette gémellité toponymique », rappelle le professeur d’histoire coloniale Auguste Mouyabi, soulignant que la Conférence de Berlin de 1884-1885 entérina un partage du bassin fluvial entre puissances rivales. La France obtint la rive droite, la Belgique s’arrogea la rive…
Le MAEP, instrument africain de redevabilité Conçu au début des années 2000 sous l’égide de l’Union africaine, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs – plus connu sous l’acronyme MAEP – s’est imposé comme un laboratoire continental de bonnes pratiques en matière de gouvernance. Sa particularité réside dans l’auto-évaluation volontaire que s’imposent les États membres, soucieux de consolider la transparence, la stabilité institutionnelle et la croissance inclusive. Le Congo-Brazzaville, signataire du mécanisme dès mars 2003, réaffirme aujourd’hui cette volonté en renforçant sa Commission nationale chargée de piloter les futures revues internes et externes. Des fondements rappelés pour une mission clarifiée…
Un regard continental sur la diplomatie électorale Au détour de la 1 288e réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, les projecteurs se sont braqués sur une ville qui, depuis deux ans, façonne discrètement l’avenir démocratique du continent : Rabat. Dans son rapport semestriel, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a en effet salué la contribution du Royaume chérifien à la professionnalisation de l’observation électorale. L’initiative, démarrée en juin 2022, a déjà permis la certification de plus de trois cents agents issus de cinquante-deux États, dont nombre de jeunes cadres congolais. Elle…
La décentralisation congolaise en action à Madibou Dans l’effervescence douce d’un matin de juillet, la cour de la mairie de Madibou s’est muée en amphithéâtre civique. Devant les conseillers municipaux, les notables et une assistance attentive, l’administrateur-maire Alain Milandou a installé cinq nouveaux chefs de quartier. L’événement, sobre mais lourd de symboles, illustre la volonté des autorités congolaises d’ancrer la décentralisation dans le quotidien des Brazzavillois. Depuis la loi portant organisation territoriale, le chef de quartier demeure la charnière entre l’État et la rue, garant de la cohésion sociale et premier interlocuteur des pouvoirs publics. À Madibou, cette fonction prend…
La société civile brazzavilloise, entre vigilance et patriotisme Réunis dans l’enceinte feutrée de la Maison de la société civile, les responsables de six organisations membres de la Coordination nationale des réseaux et associations sur la gouvernance électorale et démocratique ont, deux jours durant, confronté leurs analyses et harmonisé leurs positions. Sous la houlette de Céphas Germain Ewangui, secrétaire permanent du Conseil consultatif de la société civile, les délégués ont insisté sur la nécessité d’une concertation nationale préalable à l’élection présidentielle de mars 2026. Selon eux, aucun véritable saut qualitatif ne saurait être accompli sans espacer le calendrier électoral d’un espace…
Un rite républicain salué par la hiérarchie Sous le ciel limpide de juillet, le stade d’Ornano a offert son enceinte expansive à un cérémonial où solennité et ferveur patriotique se sont entremêlées. Le commandant de la zone militaire de défense n°9, par ailleurs chef de la 40e Brigade d’infanterie, le général de brigade Fermeté Blanchard Nguinou, a remis les nouveaux galons à une centaine de militaires. L’aura du moment tenait autant à l’éclat des insignes qu’au message sous-tendu : l’ascension au mérité reste la pierre angulaire de la trajectoire militaire congolaise. Mérite individuel et dynamique collective Dans son adresse, le…
Une symbolique forte pour l’émancipation féminine à Ouenzé Lorsque les tambours coutumiers ont résonné dans la cour de la mairie, le 14 juillet, on aurait pu croire à une cérémonie parmi d’autres. Pourtant, la prise de fonctions officielle de Grâce Steph Antonétie Ivosso, première femme à occuper le fauteuil de maire de l’arrondissement 5, marque un jalon inattendu dans la longue histoire institutionnelle de Brazzaville. Au-delà du rituel protocolaire, c’est tout l’imaginaire de la citoyenneté qui s’est trouvé galvanisé, tant le plafond de verre semblait jusque-là persistant dans les sphères décisionnelles locales. Attachée économique puis haute fonctionnaire aguerrie, Mme Ivosso…
Validation consensuelle à Brazzaville Brazzaville a vibré trois journées durant au rythme feutré des ateliers gouvernementaux. Du 8 au 10 juillet 2025, la salle de conférence du ministère des Affaires sociales s’est muée en laboratoire d’idées, tant l’enjeu de la validation de la Stratégie nationale de relèvement post-catastrophes et de préparation aux crises futures 2025-2030 concentrait l’attention. Entourée de fonctionnaires chevronnés, de spécialistes du Programme des Nations unies pour le développement et de cadres de la Croix-Rouge, Mme Carine Ibatta a ouvert les travaux en rappelant que « le relèvement n’est pas un luxe mais un droit fondamental des communautés…