Auteur/autrice : Ange Mokoko

Un revenant politique sur les quais de Brazzaville Dans les salons feutrés de la corniche qui longe majestueusement le fleuve Congo, le nom de Bertin Béa circule à voix basse depuis quelques semaines. L’ex-vice-président du Kwa na Kwa, formation jadis portée par François Bozizé, a quitté la discrétion parisienne pour établir un pied-à-terre dans la capitale congolaise. « Je viens me ressourcer et prendre la température de la région », confie-t-il, le regard rivé sur les lumières de Kinshasa, visibles de l’autre rive. Après neuf années d’exil en Île-de-France, l’intéressé tente de remodeler son destin politique sans brusquer les équilibres…

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Brazzaville sonne l’alarme depuis les quais du fleuve Le 24 juin, la salle des conférences du ministère des Transports vibrait d’une solennité rare. Entourée des directeurs des ports autonomes, d’armateurs et de syndicalistes, la ministre Ingrid Olga Ghislaine Ebouka Babackas a lancé un appel sans détour : « Tolérance zéro contre toutes les formes de harcèlement à bord ». La Journée internationale des gens de mer, placée cette année sous le slogan « Mon navire sans harcèlement », fournit à l’exécutif congolais une tribune mondiale pour afficher ses ambitions. Derrière les discours, la tonalité est grave : la sécurité du…

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Conflits de terres et flou juridique, toile de fond d’une réforme attendue Dans la périphérie de Brazzaville comme dans les départements forestiers, les litiges fonciers se sont imposés ces dernières années comme un révélateur des tensions entre modernité juridique et pratiques ancestrales. L’absence de cadastre exhaustif, la superposition de titres administratifs et de droits d’usage hérités des clans et chefferies alimentent une zone grise qui profite parfois aux spéculateurs. Selon la Commission nationale de réforme foncière, plus d’un dossier sur deux examiné en 2023 concernait une contestation opposant une collectivité autochtone à un investisseur privé. Cette insécurité latente handicape l’aménagement…

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Brazzaville, nouvelle agora des droits coutumiers Sous les lambris discrets d’un hôtel du centre-ville, les discussions s’animent dès l’aube. Pendant deux jours, l’Observatoire congolais des droits de l’homme, Forest Peoples Programme et une constellation d’associations nationales s’emploient à revisiter chaque article du projet de décret sur la sécurisation des droits fonciers coutumiers. Ce texte, promis depuis l’adoption de la loi portant promotion et protection des peuples autochtones de 2011, entend transformer des usages ancestraux longtemps tolérés en droits pleinement opposables. « La participation directe des principaux concernés n’est plus un slogan mais une exigence juridique », rappelle, d’une voix calme,…

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Une pratique persistante malgré les traités internationaux Au fil des années, le Congo-Brazzaville a paraphé presque tous les grands instruments onusiens relatifs aux droits humains, à commencer par la Convention contre la torture, ratifiée en 2003. Pourtant, sur le terrain, les témoignages convergent : la brutalité des forces de l’ordre n’a pas décru. « La torture ne faiblit pas », oppose sèchement Guershom Gobouang, responsable de campagne au sein de l’ONG Congolais Agir pour les Droits (CAD). Son organisation, créée en 2021, consigne chaque année des cas d’actes assimilables à la torture dans des postes de police, des brigades de…

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Brazzaville et Kinshasa, un fleuve pour miroir Depuis le quai de la Corniche, le promeneur brazzavillois aperçoit, à moins de deux kilomètres, les tours éparses de Kinshasa qui scintillent au crépuscule. Cette proximité presque intime étonne toujours les visiteurs qui découvrent deux capitales nationales séparées par un simple ruban d’eau. Pourtant, la rive gauche appartient à la République du Congo, tandis que la rive droite relève de la République démocratique du Congo. Il suffit d’un visa et d’une vedette pour changer de pays, de fuseau politique, parfois même d’horizon socio-économique. « Il n’y a pas deux Congos, il n’y a…

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Brazzaville, théâtre d’un atelier sous tension citoyenne Sous le plafond d’un hôtel discret du centre-ville, une cinquantaine de responsables d’associations congolaises se sont réunis, fin juin, pour dresser un constat sans fard de leurs difficultés. L’initiative, portée par l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) et l’ONG internationale Acted avec l’appui de l’Union européenne, visait à consolider les compétences de ces organisations tout en imaginant des mécanismes de survie dans un environnement perçu comme de plus en plus hostile. L’atmosphère studieuse n’a pas masqué l’inquiétude diffuse : restrictions administratives, suspicion politique et tarissement des financements dominent désormais leur quotidien. Récépissés…

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Un anniversaire sous le signe de la vigilance électorale Ce dimanche 22 juin 2025, l’esplanade du stade Président-Alphonse-Massamba-Débat vibrait au pas cadencé des troupes. Si les cérémonies marquant la naissance de la Force publique congolaise sont chaque année très codifiées, le soixante-quatrième millésime a revêtu une tonalité particulière. Les deux ministres régaliens, Charles Richard Mondjo pour la Défense et Raymond Zéphirin Mboulou pour l’Intérieur, ont martelé le même message : la présidentielle de 2026 doit se tenir « dans la paix et la sérénité ». Au-delà de la liturgie militaire, c’est bien l’ombre portée du prochain scrutin qui a plané…

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Du royaume Kongo au partage de Berlin : genèse d’une scission Depuis les berges sablonneuses de la Pointe-Noire médiévale jusqu’aux contreforts boisés du Bas-Congo, le royaume Kongo construisit dès le XIVᵉ siècle un espace politique cohérent, fondé sur la maîtrise commerciale du fleuve et une diplomatie rodée avec les puissances atlantiques naissantes. Le mot « Congo » devient alors synonyme d’autorité régionale, bien avant que les cartes européennes n’en fixent les contours. La bascule survient au XIXᵉ siècle. Chancelant sous les razzias esclavagistes, le royaume n’a plus la force d’imposer ses règles lorsque, en 1884-1885, la Conférence de Berlin distribue…

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Un bureau resserré pour une année charnière Samedi 21 juin 2025, dans une salle comble d’un hôtel du centre-ville de Brazzaville, Félix Guy Charles Paul Manckoundia a annoncé la nouvelle composition du Comité exécutif national de l’Union pour la nation. L’instance, qui comptait quinze membres depuis la fondation du parti en 2024, n’en aligne plus que treize. À ses côtés demeurent des figures de la première heure, telles qu’Esther Blandine Claudia Bouanga, confirmée au secrétariat général, ou encore Alain Matala-Demazza, promu porte-parole avec portefeuille communication et nouvelles technologies. Mais cinq visages inédits surgissent, parmi lesquels l’agro-économiste Rock Stanislas Ngakoly ou…

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