Auteur/autrice : Dieudonné Massamba
La crise des déchets s’invite à Pointe-Noire Depuis l’arrêt des prestations de la société Averda, puis la mise en sommeil du concessionnaire turc Albayrak, les bennes se sont figées et les ordures ont envahi les carrefours de Pointe-Noire, jusqu’à former de véritables collines visibles depuis les grandes artères. La situation, qualifiée d’« urgence environnementale » par plusieurs associations locales, a créé des décharges sauvages dans chaque arrondissement et favorisé la prolifération de moustiques, rats et cafards, avec un impact direct sur la circulation et l’image d’une capitale économique en plein essor. Face aux plaintes répétées des riverains et aux risques sanitaires grandissants,…
Financement historique de la Banque mondiale La Banque mondiale vient d’approuver un financement de 60 millions de dollars pour le Projet de renforcement de la résilience urbaine, connu sous le sigle PRRU. L’annonce, saluée par les autorités congolaises, marque une avancée concrète pour la lutte contre les effets du changement climatique dans les grandes villes. D’un bout à l’autre du projet, la Banque mondiale souligne la complémentarité entre investissements physiques et renforcement institutionnel. Selon l’équipe du PRRU, les décaissements seront échelonnés jusqu’en 2029 afin de garantir l’achèvement des ouvrages de drainage et la formation des services municipaux concernés. Brazzaville et…
Arrestation éclair à Nkayi Ce 28 octobre 2025, la chaleur matinale n’a pas découragé les gendarmes postés près de la gare de Nkayi, dans la Bouenza. Alertés par un renseignement anonyme, ils surveillent un homme portant une étrange caisse en bois aérée. Quelques minutes plus tard, l’individu, la quarantaine passée, lève le couvercle pour montrer son contenu à un potentiel acheteur. Les forces de l’ordre interviennent immédiatement et découvrent un bébé chimpanzé hagard, agrippé aux planches, les yeux rougis par le stress. Un bébé chimpanzé au cœur du trafic Selon le procès-verbal, l’animal a environ six mois. Le suspect admet…
Un chantier propreté inédit à Pointe-Noire Depuis plusieurs jours, camions militaires et pelleteuses vert olive manœuvrent entre les étals de la capitale économique. Les équipes de la Direction générale des finances et de l’équipement (DGFE) viennent d’ouvrir une vaste opération d’assainissement destinée à effacer les décharges sauvages qui encombrent rues et marchés. L’intervention répond à une instruction réitérée du président Denis Sassou Nguesso : rapprocher la force publique des préoccupations quotidiennes des citoyens. « Notre mission de protection s’étend au cadre de vie », insiste un chef de détachement rencontré avenue Charles-de-Gaulle. La menace sanitaire s’était aggravée depuis l’arrêt brutal…
Défi croissant des déchets à Brazzaville À Brazzaville, les poubelles qui s’entassent au pied des immeubles rappellent chaque jour l’ampleur du défi posé par les déchets ménagers. La croissance démographique et l’urbanisation rapide font bondir la production quotidienne, estimée à près de 1 000 tonnes. Une partie de ces résidus finit dans les bacs de quartiers, mais une proportion non négligeable échoue encore sur les trottoirs, obstruant parfois caniveaux et chaussées. Cette accumulation crée de multiples nuisances et met à rude épreuve la logistique municipale. De nombreux habitants interrogés au marché Total confient qu’ils se sentent « démunis » lorsqu’aucun camion ne passe…
La ruée vers l’or face à la vision verte présidentielle Du plateau des Cataractes aux confins de la Cuvette, les veines aurifères du Congo attirent une myriade de fouilleurs armés de pioches, de dragues ou de concasseurs. Dans l’ombre, la « vision verte » défendue par le président Denis Sassou Nguesso se heurte à cette ruée. L’écrivain et chercheur Michel Innocent Peya rappelle dans ses ouvrages qu’aucun développement durable n’est possible sans forêt intacte. Pourtant l’or illégal, couplé aux coupes clandestines, aspire chaque jour des hectares, mettant en péril des années d’efforts diplomatiques et financiers consentis par l’État pour cette…
L’alerte se précise à Djiri Sur les berges verdoyantes du fleuve Djiri, les tuyaux bleu acier de La Congolaise des eaux serpentent dans un silence feutré. Ce décor paisible cache pourtant une course contre la montre : protéger la principale usine d’eau potable de Brazzaville d’occupations illégales. Le 17 octobre, une délégation mixte de la LCDE, de journalistes et de gendarmes s’est rendue sur le site pour constater des travaux de terrassement et la pose de fondations à quelques mètres des filtres et réservoirs. «La menace est réelle», résume un technicien casque sur la tête. Un site vital pour 1,5…
Balais ministériels dans les écoles de Brazzaville Balais, râteaux et gants de protection ont remplacé dossiers et parapheurs, le premier samedi d’octobre 2025, pour trois membres du gouvernement. À Brazzaville, leurs pas les ont conduits successivement dans quatre établissements publics afin de lancer l’année scolaire sous le signe de la propreté. Au complexe scolaire Révolution-Gambo Olilou, au lycée technique 5 Février 1979, à l’école primaire 5 Février et au CEG Angola Libre, ministres et volontaires ont ramassé déchets, arraché herbes folles et repeint des murs ternis, rappelant que l’assainissement commence par des gestes simples et réguliers. Une opération conduite par…
Deux audiences attendues à Owando et Impfondo Le mois d’octobre sera marqué par deux audiences très observées dans le pays. Les 15 et 16 octobre, les tribunaux d’Owando, dans la Cuvette, puis d’Impfondo, en Likouala, examineront des dossiers de trafic d’ivoire, de peaux de panthère et d’écailles de pangolin. Ces audiences symbolisent la détermination des autorités judiciaires à enrayer une criminalité qui menace la faune emblématique du Congo-Brazzaville et l’image du pays sur la scène écotouristique mondiale. Chaque prévenu risque jusqu’à cinq ans de prison et cinq millions de francs CFA d’amende, comme le prévoit la loi n°37-2008 relative à…
Une école primaire au bord du vide Au bout de la rue sablonneuse de Sadelmi, l’école primaire publique d’Itsali semble suspendue entre ciel et terre. À moins de deux mètres des salles de classe, un ravin profond, formé par les pluies diluviennes de la dernière saison, grignote chaque jour le terrain. Les murs extérieurs portent déjà des fissures. « On entend le sol craquer pendant les cours », confie Mme Bokali, institutrice depuis dix ans. Pourtant, 420 écoliers continuent d’occuper les bancs, car l’établissement constitue l’unique point d’accès au savoir pour tout le quartier. Le directeur, M. Mabiala, multiplie les…