Auteur/autrice : Yves Mabiala
La ferveur pentecostale à Sangolo Le 8 juin 2025, la paroisse Notre-Dame des Apôtres de Sangolo a revêtu ses habits de fête. Sous les voûtes claires de l’édifice, 123 fidèles issus du doyenné Saint-Pie X avançaient, mains jointes, vers l’archevêque métropolitain de Brazzaville, Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou. La date n’était pas fortuite : la solennité de la Pentecôte rappelle, cinquante jours après Pâques, l’effusion de l’Esprit sur les premiers apôtres, souvent décrite comme la « naissance de l’Église universelle ». Dans un quartier où l’urbanisation rapide redessine les habitudes, la cérémonie offrait un moment de respiration collective, porteur d’un sentiment…
Un terme court, une profondeur historique inépuisable À l’heure où l’algorithme d’un moteur de recherche propose des centaines de déclinaisons au simple mot « Congo », il est utile de rappeler que ce vocable dépasse de loin la dimension d’un repère géographique. Dès le XVe siècle, les navigateurs portugais consignaient dans leurs récits l’existence du royaume de Kongo, entité politique articulée autour d’une cour centrale rayonnant sur une mosaïque de chefferies. Le terme, dérivé du peuple Bakongo, s’est ensuite incrusté dans les cartes européennes, puis dans la mémoire coloniale, avant de muter en patronyme national pour deux États voisins. Cette…
Cap sur un jubilé aux enjeux symboliques Le compte à rebours est enclenché : le 15 août 2025 marquera le 65e anniversaire de l’accession du Congo à la souveraineté internationale. À Brazzaville, les préparatifs se déploient avec une minutie qui rappelle l’importance de cette borne historique. « Nous abordons cette étape comme une respiration collective, un moment pour mesurer le chemin parcouru et celui qui reste à tracer », confie un haut fonctionnaire du comité national d’organisation. Dans une période où la stabilité sous-régionale demeure un enjeu, l’événement se veut à la fois rétrospectif et prospectif. Un slogan résolument tourné…
Brazzaville au cœur de la diplomatie culturelle africaine À l’ombre élégante des Tours Jumelles, l’Hôtel Hilton s’est mué en laboratoire d’idées où élus locaux, spécialistes du patrimoine et partenaires techniques débattent des ressorts pluriels de la création africaine. L’ouverture officielle, présidée par le préfet Gilbert Mouanda-Mouanda au nom du ministre de l’Intérieur, a souligné l’ancrage historique de Brazzaville comme carrefour artistique majeur. Citant tour à tour les brass bands de Poto-Poto et la littérature de Sony Labou Tansi, le préfet a rappelé que « la culture est ce qui relie notre passé, éclaire notre présent et inspire notre avenir »,…
Brazzaville, carrefour urbain et mémoire historique Assise sur la rive droite du fleuve Congo, la capitale éponyme concentre les paradoxes d’une ville à la fois patrimoniale et futuriste. Fondée en 1880 par Pierre Savorgnan de Brazza, elle fut longtemps une vitrine de l’Afrique équatoriale française avant d’endosser, en 1960, le rôle de cœur battant d’un État souverain. Les avenues bordées de palmiers côtoient encore les bâtiments coloniaux aux allures art déco, témoins d’une histoire diplomatique qui a fait de Brazzaville la « capitale de la France libre » durant la Seconde Guerre mondiale. Au-delà de la carte postale historique, la…
Brazzaville, foyer d’une effervescence littéraire en pleine expansion Sur le boulevard Alfred Raoul, les librairies de quartier confirment, jour après jour, l’appétit renouvelé des jeunes urbains pour les lettres congolaises. L’événement de dédicace du recueil « Des mots, de l’amour et des larmes » au Centre culturel de l’Harmattan Congo a ainsi attiré un public aussi hétéroclite qu’enthousiaste : lycéens, universitaires, fonctionnaires et artistes s’y sont retrouvés dans une atmosphère presque militante en faveur du livre. Cette affluence n’est pas le fruit du hasard. Depuis trois ans, les autorités culturelles multiplient les partenariats avec les maisons d’édition locales afin de…
Un scrutin révélateur de l’effervescence citoyenne Au siège social de l’Association Ouenzé Intendance, niché dans la commune francilienne de Colombes, l’effervescence de ce samedi 5 juillet a rappelé la ferveur des grands rendez-vous démocratiques. Dans une atmosphère où se mêlaient accents de la Cuvette et souvenirs des avenues brazzavilloises, les membres mutualistes ont choisi à 53 % des voix Roch Le Prince Okouele pour présider le Bureau exécutif. Derrière la sobre formalité du vote, se lisait l’aspiration d’une génération de Congolais de France à conjuguer solidarité traditionnelle et gouvernance moderne. « Je suis prêt à écouter, à travailler, à fédérer…
Ouenzé Intendance mise sur la relève : Roch Okouele sacré chef d’orchestre diasporique
Au cœur de Ouenzé, le souffle d’une transition maîtrisée Le scrutin interne, organisé le week-end dernier sous le regard attentif d’observateurs associatifs, a consacré la victoire de Roch Le Prince Okouele avec 53 % des suffrages. Au-delà d’un simple renouvellement de bureau, l’élection porte la promesse d’une AOI « nouvelle génération », ouverte sur les aspirations d’une jeunesse urbaine en quête de repères et d’opportunités. Dans son premier message, le nouveau président a martelé sa volonté « d’écouter, de travailler et de fédérer », invitant les mutualistes à « construire ensemble » une page inédite de l’histoire de l’association. Cette…
Un trésor musical classé à l’UNESCO En décembre 2021, la rumba congolaise a fait son entrée sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, consacrant ainsi l’influence planétaire d’une esthétique musicale née sur les rives du fleuve Congo. La décision de l’UNESCO a salué l’ingéniosité de compositeurs tels que Franco Luambo ou Tabu Ley Rochereau et, plus largement, la capacité de ce genre à fédérer les sociétés civiles des deux Congos. Pourtant, derrière cette reconnaissance mondiale, une partie de la mémoire collective demeurait en retrait : les femmes qui ont, par leur voix et leur gestuelle, contribué à…
Un lancement stratégiquement arrimé à la Journée de la réconciliation nationale Le 10 juin 2025, date consacrée depuis 2011 à la Journée de la réconciliation nationale, le hall de la Faculté des lettres, des arts et des sciences humaines de l’Université Marien-Ngouabi a troqué son effervescence coutumière pour l’atmosphère feutrée d’une séance de dédicace. Sous les néons discrets et les regards attentifs d’étudiants assoiffés de nouveauté littéraire, Ghislain Thierry Maguessa Ebome a présenté « Le Repentir », publié chez Papyrus à Bouaké en co-édition avec Okiera. Le choix de cette date n’a rien d’anodin : il inscrit d’emblée le récit…