Une marche symbolique au cœur de Pointe-Noire
Sous un ciel nuageux, plus d’un millier de Pointe-Noiriens ont répondu, le 23 novembre, à l’appel de la ministre de la Promotion de la Femme, Inès Nefer Bertille Voumbo Yalo Ingani, pour marcher contre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles.
La marche, partie de l’arrondissement premier Lumumba, a traversé la place de la République avant de s’achever à la préfecture, où le préfet Cebert Iboko Onanga a accueilli le cortège officiel et les citoyens venus afficher leur détermination collective.
Autorités et citoyens main dans la main
Aux côtés de la ministre se trouvaient la ministre de l’Économie forestière, Rosalie Matondo, la maire de la ville, Evelyne Tchitchelle, ainsi que plusieurs responsables politiques, illustrant un front uni face à un problème qui traverse foyers, écoles et espaces numériques.
Le thème retenu, « Tous unis pour mettre fin à la violence numérique contre toutes les femmes et les filles », a mis l’accent sur la multiplication des agressions en ligne, rappelant qu’une atteinte virtuelle peut avoir, dans la vie réelle, les mêmes conséquences dévastatrices.
Des messages forts pour un combat urgent
Devant la préfecture, Inès Voumbo Yalo Ingani a rappelé que « la femme est le berceau de l’humanité », soulignant ainsi l’importance de protéger celles qui donnent la vie et soutiennent l’économie familiale, souvent au prix d’efforts invisibles.
La ministre a salué les progrès observés dans les milieux scolaire et professionnel, où les femmes occupent désormais davantage de responsabilités, tout en constatant qu’à domicile, dans la communauté ou au travail, des abus persistants continuent de briser des vies.
S’appuyant sur le soutien déclaré du président Denis Sassou Nguesso, la ministre a vanté l’idée d’une « masculinité positive », impliquant les hommes dans la prévention et la dénonciation, afin de transformer durablement les mentalités.
Un centre holistique bientôt à l’horizon
Elle a annoncé la création prochaine, avec l’appui financier de partenaires, d’un centre holistique chargé de l’accueil, de l’écoute et du suivi médical, juridique et psychologique des survivantes, afin d’offrir une prise en charge coordonnée, respectueuse et gratuite.
« Nous marchons pour dire au président que nous voulons éradiquer ce fléau », a lancé Inès Voumbo Yalo Ingani, posant un parallèle avec la lutte victorieuse menée contre les délinquants urbains surnommés « bébés noirs » ou « kuluna ».
Mobilisation inspirée par des victoires passées
La comparaison insiste sur l’efficacité d’une mobilisation concertée : si la sécurité publique a su repousser la délinquance, la société civile peut, avec l’appui des autorités, repousser la violence genrée et faire prévaloir la paix dans les foyers.
Pour la responsable gouvernementale, sécuriser les femmes travaillant sur les marchés de la ville, véritables chevilles ouvrières de l’économie familiale, demeure une priorité, car aucune croissance durable ne s’obtient sans la protection de celles qui nourrissent et éduquent les enfants.
Le défilé a également servi de tribune pour rendre hommage aux femmes brûlées, battues ou violées, et aux enfants victimes de violences sexuelles, d’abus ou d’exclusion, rappelant qu’à côté des coups, des formes économiques et institutionnelles de maltraitance persistent.
Voix féminines, paroles d’engagement
Devant les caméras locales, la maire Evelyne Tchitchelle a salué l’élan citoyen, estimant que « la lutte commence dans nos quartiers, par la vigilance des voisins, l’éducation des garçons et la confiance accordée aux victimes ».
Prenant brièvement la parole, la ministre Rosalie Matondo a insisté sur l’importance de la solidarité gouvernementale, arguant que « nos portefeuilles diffèrent, mais notre engagement est identique : garantir aux femmes un espace public et privé exempt de peur ».
Une prise de conscience collective
Après les discours, les participants ont observé une minute de silence, poing levé, pour les victimes connues ou restées dans l’ombre, geste simple mais puissant qui a résonné sur le parvis de la préfecture.
La mobilisation de Pointe-Noire s’inscrit dans une dynamique nationale, illustrant la voie qu’entend poursuivre le gouvernement : associer institutions, collectivités et citoyens afin de prévenir, prendre en charge et punir des actes que la loi congolaise réprime.
Avant de se disperser, les organisateurs ont rappelé que cette marche constituait « un message de confiance et de volonté collective d’avancer vers une stabilité positive », soulignant qu’au-delà de l’événement, la mobilisation doit se poursuivre chaque jour.
Le soutien institutionnel se renforce
Le préfet Cebert Iboko Onanga a, pour sa part, salué l’engagement féminin, indiquant que les services départementaux restent mobilisés pour relayer les alertes et orienter les victimes vers les cellules spécialisées déjà opérationnelles dans les structures sanitaires.
Il a rappelé que la dénonciation reste un droit protégé, encourageant les témoins à se manifester « sans crainte de représailles », car la sécurité des plaignantes fait désormais l’objet d’un suivi rapproché des forces de l’ordre.
Créativité populaire et adhésion spontanée
Tout au long du parcours, des chants et des pancartes aux slogans fermes, parfois humoristiques, ont rythmé la procession, offrant un panorama de la créativité populaire mise au service d’une cause commune.
Nombre de passants se sont joints spontanément à la marche, preuve, selon les organisateurs, que la question des violences sexistes ne concerne pas seulement les autorités mais chaque citoyen, appelé à se sentir responsable de la sécurité de ses voisines.
Le slogan officiel, scandé à plusieurs reprises, a rappelé qu’un téléphone, un réseau social ou un simple message peuvent devenir des armes lorsqu’ils servent à intimider, exploser la confiance ou répandre des images humiliantes.
